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« Saint Gobain + Lafarge, et pourquoi pas ? » par Thierry Devige-Stewart

De prime abord, les rumeurs boursières de rapprochement entre Saint-Gobain et Lafarge relayées par l’Express de cette semaine peuvent sembler farfelues, sinon grotesques. La méconnaissance des investisseurs financiers pour la logique des métiers du BTP a en effet habitué les professionnels de ce secteur à se méfier des prétendues informations émanant des milieux boursiers.
Mais cette fois-ci, au lieu de balayer l’hypothèse d’un revers de main dédaigneux, prenons le temps de l’envisager.

D’un côté, Lafarge trône aux principales places mondiales dans ses quatre activités que sont le ciment, les bétons & granulats, le plâtre et la toiture.
De l’autre, Saint-Gobain revendique un leadership planétaire ou européen dans la distribution des produits bâtiment, l’isolation, la plaque de plâtre, les canalisations ou encore le vitrage.
Sur le papier l’association des deux groupes peut donc paraître séduisante puisque couvrant le gros-œuvre, le second-œuvre et une partie des finitions. De plus, la taille de l’entité qui en résulterait la rendrait difficilement « opéable ».

Toutefois, le rapprochement des deux branches « plâtre » en l’état n’obtiendrait jamais l’autorisation des autorités de protection de la concurrence européenne voire américaine. En outre, alors que Saint-Gobain s’est séparé il y a presque 3 ans de Terreal, son activité toiture, on voit mal le groupe de Jean-Louis Beffa replonger dans un métier par ailleurs en sursis chez Lafarge. Enfin, on imagine aisément que Saint Gobain se doit de « digérer » l’acquisition de BPB avant de se lancer à l’assaut d’un groupe dont le chiffre d’affaires est plus de 10 fois supérieur à celui de sa dernière emplette.

Thierry Devige-Stewart est chef de la rubrique Industrie, Négoce, Environnement du Moniteur

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