Transport et infrastructures

Rudy Ricciotti va poser un spectaculaire bâtiment-pont de 160 mètres de long sur la gare de Nantes

Mots clés : Architecte - Gares, aéroports - Ouvrage d'art - Réglementation - Urbanisme - aménagement urbain

Le nom de Rudy Ricciotti, architecte star du groupement de conception-réalisation lauréat du projet de transformation de la nouvelle gare de Nantes, avait fuité et il ne restait qu’à découvrir les images du projet. La surprise est bonne avec un élégant bâtiment-pont traité comme une rue qui reliera le nouveau quartier d’affaires EuroNantes au centre historique.

Mercredi 7 octobre, Patrick Ropert, directeur général de SNCF Gare & Connexions a officialisé le projet de la nouvelle gare de Nantes. Ce projet de 36 millions d’euros HT de travaux (avec honoraires) a été attribué en conception-réalisation à un groupement composé de Demathieu Bard (mandataire), l’architecte Rudy Ricciotti associé aux Nantais Forma6 et les bureaux d’études Lamoureux et Ricciotti (structure), Berim (fluides), Agi2d (HQE), Acouphen (acoustique) et ADP-i (flux). Excepté un PPP pour la nouvelle gare de Montpellier, c’est la première fois que l’entreprise publique délègue à ce point la réalisation d’une gare. Un choix qui pourrait s’inscrire dans une tendance de fond mais justifié par l’importance et la complexité de ce projet d’aménagement et d’agrandissement de la sixième gare de France, hors Paris, qui devrait voir son trafic passer de 11,6 à 25 millions de voyageurs en 2030.

Le projet consiste en la réalisation d’un franchissement aérien – une mezzanine entièrement vitrée de 160 m de long, 25 m de large et 18 m de haut – permettant de relier les gares nord et sud, elles-mêmes réhabilitées, et de desservir les quais. Quelque 4000 m2 supplémentaires, dont 1500 m2 de commerces seront ainsi créés. «Nous nous sommes battus pour avoir un excès de surface. Cette mezzanine est surdimensionnée par rapport aux besoins mais elle fonctionnera comme une salle des pas perdus entre le Nord et le Sud» raconte l’architecte Rudy Ricciotti qui revendique un attachement aux gares du XIXe siècle et un mépris pour le mouvement moderne.

«Nous sommes dans un dialogue architecte-ingénieur et ce sera sportif au niveau des calculs» prévient l’architecte. Ce bâtiment-pont reposera sur 18 « poteaux-troncs » (deux par quai) «qui seront tous différents» promet-il. Ces piles seront prolongées sur la mezzanine par des poteaux en forme d’arbres dont les branches se confondront dans une sorte d’ombrière en bois peint en blanc (à l’intérieur) et en BFUP (béton fibré à ultra-haute performance) en encorbellement. «C’est un véritable ouvrage d’art avec des poutres de 25 mètres de portée qui nécessiteront l’implantation d’une grue de 700 tonnes et de 90 mètres de flèche coté nord» explique Michel Bonfils, directeur commercial et technique de l’agence nantaise de Demathieu Bard.

La mezzanine, réalisée en charpente métallique sur un sol en béton, sera entièrement vitrée sur 5,5 m de haut (vitrage autonettoyant) et protégée de la pluie par des coussins ETFE translucides de 4m x 15m.

 

Au-delà du programme

 

L’originalité de ce projet est d’aller au-delà du programme en proposant des surfaces supplémentaires pour rééquilibrer les entrées nord et sud. Aussi, les architectes ont fait le pari de démolir les bâtiments de la gare sud pour pouvoir proposer l’exacte symétrie avec la façade nord. Un choix apprécié par Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, qui va lancer prochainement un concours pour la requalification des espaces publics des parvis nord, puis sud.

Les études préalables ont permis d’estimer l’ensemble de l’opération à 123 millions d’euros, dont 59 millions pour la rénovation de la gare proprement dite. L’année 2016 sera consacrée aux études, à l’enquête publique et à obtention des autorisations administratives. «De janvier à septembre 2017 nous travaillerons sur l’adaptation de l’infrastructure avant de lancer les travaux des piles, puis ceux de la mezzanine et des bâtiments voyageurs pour une livraison à l’été 2019» détaille Yann Sauret, chef de projet à la SNCF.

 

Visite virtuelle du projet

 

Phasage des travaux

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