Entreprises de BTP

« RSI, je ne serai plus ta pute » : le coup de colère contagieux d’un artisan normand

Mots clés : Artisanat - Défaillance d'entreprise

Contraint de fermer son entreprise de peinture, Eric Laurendeau a publié un message choc sur Facebook. En cinq jours, il a déjà attiré 120 000 likes.

Presque 120 000 partages en quelques jours sur Facebook : le cri d’alarme d’Eric Laurendeau, artisan peintre dans l’Orne, a porté. Cet artisan installé à Alençon dans l’Orne depuis 2001 vient tout juste de mettre la clé sous la porte. Un acte de courage, comme il l’explique, assorti d’un message choc sur le réseau social : « RSI, c’est fini, je ne serai plus ta pute. » « Je suis peintre et je ne veux plus être une prostituée, bien que je n’aie rien contre ce métier », nous explique Eric Laurendeau.

 

60 % de charges

 

Son message ? Les indépendants croulent sous les charges. En attestent les centaines de messages qu’il a reçus en quelques heures, depuis son post sur Facebook le 7 septembre. Autant de témoignages d’artisans, du bâtiment et d’ailleurs, qui se sentent pris au piège. « Avec 60 % de charges calculées sur les revenus de l’année n-1, dans une période où le chiffre d’affaires est en baisse, on devient totalement prisonniers !, précise l’ancien artisan. Je travaillais pour moins de 7 euros de l’heure. » Soit moins que le Smic.

S’il a pu fermer son entreprise, la liquidation judiciaire ayant été prononcée lundi 7 septembre, c’est qu’il avait eu le bon réflexe de procéder à une clause d’insaisissabilité, qui protège notamment son habitation principale. Il n’a plus de travail, mais garde un toit sur la tête. Une démarche que beaucoup d’indépendants n’ont pas engagée, ce qui les empêche aujourd’hui de fermer leur entreprise même lorsqu’elle n’est plus viable, car ils perdraient tout !

 

Détresse

 

« J’ai la chance de pratiquer un métier manuel, je retrouverai du travail, estime Eric Laurendeau. Mais je ne voulais pas m’en aller sans rien dire. Ce message, je l’ai posté pour tous les indépendants que personne n’écoute, qui n’entrent pas dans les statistiques du taux de pauvreté et à qui personne ne pense. » Au vu de son audience, Eric Laurendeau a réussi à délier les langues et à faire parler ces artisans dans la détresse. Reste à savoir si son message sur les charges, qu’il suffirait selon lui d’abaisser pour redonner de l’oxygène aux indépendants, sera entendu.

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