Transport et infrastructures

Routes : la maintenance moins impactée que les grands travaux par la baisse des dépenses publiques

Créé en janvier 2016 pour évaluer de façon objective l’état des infrastructures routières et les moyens consacrés à leur entretien, l’Observatoire national des routes vient de rendre public son premier bilan. Axé sur les dépenses de l’Etat et des départements en la matière, il montre notamment que la gestion du patrimoine existant est moins impactée par la baisse des investissements que les grands travaux.

 

C’est un chiffre que beaucoup connaissent déjà : les dépenses de voirie des administrations publiques ont chuté de 25% entre 2013 et 2016. L’investissement a été le plus impacté, passant de 10,9 milliards d’euros à moins de 7,3 milliards. C’est ce que rappelle l’Observatoire national de la route (ONR) dans son premier rapport.

Cet observatoire, piloté par l’Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité (Idrrim), a été créé en janvier 2016 avec l’Etat, l’Association des départements de France (ADF), l’Association des communautés de France (ADCF), l’Union des syndicats de l’industrie routière française (Usirf), et le Syndicat national des entrepreneurs spécialistes des travaux de réparation et de renforcement des structures (Strres). L’objectif : voir comment évoluent l’état des infrastructures et les moyens consacrés, essayer d’établir une corrélation entre les deux pour aider les décideurs à optimiser leurs dépenses. Et ainsi fournir une plus grande visibilité tant aux acteurs publics qu’aux entreprises.

 

1,65 milliard d’euros en quatre ans investi par l’Etat

 

Premier constat de l’Idrrim, le « resserrement des finances publiques » – avec la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités locales et le poids de plus en plus conséquent des charges sociales dans les budgets des départements – explique en grande partie la chute de l’investissement global dans la voirie. Mais cette baisse concerne surtout les grands travaux et travaux neufs estime David Zambon, directeur général de l’Idrrim.

Car si on regarde uniquement la maintenance du réseau, objet principal de l’ONR, l’horizon est moins sombre. En effet, hors grands travaux, l’Etat a investi 1,65 milliard d’euros en quatre ans dans le réseau national routier non concédé. Et l’évolution montre même qu’un effort significatif a été réalisé en termes de régénération du réseau. L’Etat a ainsi augmenté ses dépenses d’environ 10 000 euros par km sur le réseau national en quatre ans (à environ 42 000 euros). Ce qui laisse à penser que l’Etat a pris conscience de la forte dégradation potentielle de son réseau. Mais ce qui permet à peine d’atteindre le niveau d’investissement de 2010, de rattraper le retard et de combler les besoins évalués par les services de l’Etat eux-mêmes, selon l’Idrrim.

 

Les départements « ne baissent pas leur garde »

 

Les investissements des départements, eux, remontent en 2016, après plusieurs années de baisse. S’ils sont un peu inférieurs au niveau de 2013, les départements ne semblent cependant pas avoir « baissé leur garde sur la gestion de leur patrimoine. Si nous parlions en volume, la différence serait sans doute atténuée». L’Idrrim constate ainsi que certains conseils départementaux ont mis en place des plans de relance afin de bénéficier non seulement de la baisse du prix du pétrole mais aussi de taux d’intérêt bas.

Côté fonctionnement hors personnel, les départements et l’Etat sont plutôt dans un mouvement baissier, plus contenu cependant pour le second. « Une tendance qui se poursuit dans un contexte de maîtrise des dépenses de fonctionnement, remarque David Zambon. Cela ne remet pas en cause la capacité à agir des gestionnaires, c’est une optimisation naturelle, à laquelle tout le monde travaille, et qui est plutôt saine. » Et de conclure en assurant que le tout est de trouver le bon équilibre et le juste niveau de dépenses, sans impacter la qualité du service rendu.

 

Focus

Méthodologie

L’ONR se penche plus particulièrement sur le réseau existant, et non sur les grands travaux ou travaux neufs. Il prend ainsi en compte les dépenses d’investissement incluant l’entretien préventif, la régénération et l’amélioration des infrastructures, et celles de fonctionnement (hors personnel) comprenant les dépenses d’entretien courant et d’exploitation.

Ce premier rapport s’intéresse plus particulièrement au patrimoine routier de l’Etat et des départements. Ainsi, dans son analyse, il intègre quelque 12 ooo km de linéaire et 18 254 ouvrages d’art du réseau routier national non concédé, 219 614 km (soit 58%) du réseau départemental avec 142 268 ouvrages d’art concernés par l’échantillon.

– Pour l’Etat, l’ONR a travaillé à partir des données publiques disponibles (consistance du réseau, état du patrimoine, moyens financiers consacrés à l’entretien et à l’exploitation…).

– Pour les départements, une enquête a été menée autour de deux volets, financiers et techniques (afin d’identifier dans un premier temps les données et outils disponibles pour décrire et gérer le patrimoine). L’ONR a pu obtenir des éléments d’analyse sur un échantillon de 57 départements.

– Si l’ONR n’intègre pas encore de résultats pour le bloc communal, il travaille déjà avec 7 métropoles volontaires et devrait entrer rapidement en test avec une quinzaine d’intercommunalités, afin d’élargir le panel et le patrimoine analysé dès 2o18.

L’ONR prévoit de publier ses résultats chaque année. Un rapport général sera rendu public, et une analyse particulière sera fournie aux collectivités qui auront répondu à l’enquête, afin de leur fournir des éléments de comparaison et de les aider à trouver des solutions adaptées à chaque cas.

 

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