Collectivités territoriales

Robert-Paul Vigouroux, le maire bâtisseur de Marseille

Mots clés : Entreprise du BTP - Etat et collectivités locales - Manifestations culturelles - Ouvrage d'art - Rénovation d'ouvrage - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples - Transport collectif urbain

Au lendemain du décès de Robert-Paul Vigouroux, maire de Marseille entre 1986 et 1995, nombreux sont les hommages rendus au « bâtisseur » à l’origine de l’opération d’intérêt national Euroméditerranée, de l’extension de la ligne 1 du métro, du tunnel Prado-Carénage, de la salle de spectacles Le Dôme…

 Depuis l’annonce du décès, le 9 juillet, de Robert-Paul Vigouroux, l’ancien maire de Marseille à l’âge de 94 ans, les hommages pleuvent. Grand professeur de médecine spécialisé en neurochirurgie, l’ancien socialiste, né à Paris le 21 mars 1923, avait provoqué la surprise lors des municipales en 1989.

Après trois ans de mandat comme maire intérimaire en remplacement de Gaston Defferre, décédé en cours de mandat, il rafle tous les suffrages. Donné perdant face à Jean-Claude Gaudin, il arrive en tête dans les huit secteurs de la cité phocéenne.

En 1995, après avoir annoncé une nouvelle candidature, il refuse de se désister face au représentant choisi par le Parti socialiste, exigeant pour cela le poste d’ambassadeur de France à Washington, chose que le président de la République François Mitterrand refuse. Exclu du parti, Robert-Paul Vigouroux renonce finalement à se représenter, étant crédité de moins de 15 % des voix dans les sondages.

 

Tunnel Prado Carénage

 

« Maire de transition », élu entre deux « géants de la politique », comme le rappelle dans un communiqué, Benoît Payan, président du groupe socialiste de la Ville de Marseille, l’ancien édile est présenté comme un « constructeur ». Élu avec « 50 projets pour Marseille », il ne les mènera pas tous à bien. Mais son bilan reste marquant.

Les professionnels du BTP sont aujourd’hui unanimes pour affirmer que c’est lui qui a « réveillé Marseille » en lançant des projets qui ont façonné la ville. Ainsi, à la FRTP de Provence Alpes Côte d’Azur, on rappelle qu’il a imaginé avant l’heure le partenariat public-privé en confiant à un concessionnaire le creusement du tunnel Prado Carénage, entre l’entrée est et le centre de Marseille. Inauguré le 17 septembre 1993, il a été un acte important qui a enlevé une partie du trafic. Dans cette logique de sortir les voitures de l’espace public, Robert-Paul Vigouroux a décidé la construction de nombreux parkings souterrains, dont un qui a permis la transformation du cours d’Estienne D’Orves en une place à l’italienne. La reconquête de La Canebière, artère principale de la cité phocéenne, tombée en déshérence, avec l’implantation des facultés de droit et économie-gestion, ainsi que la piétonisation de la rue Saint-Ferréol ont aussi été initiées sous son mandat.

 

Euroméditerranée

 

On lui doit ensuite le prolongement de la ligne 1 du métro entre Castellane et La Timone, la construction de la salle de spectacles Le Dôme et l’ouverture de la Friche Belle de Mai.

Mais surtout, en 1994, il a convaincu le premier ministre de l’époque Edouard Balladur de lancer l’opération d’intérêt national (OIN) Euroméditerranée posant ainsi les fondations du renouvellement urbain de 310 hectares autour des anciens docks en bordure du port de Marseille. Dans les rangs du BTP, certains affirment même qu’il a fait autant en neuf ans que l’actuel maire Jean-Claude Gaudin, élu la première fois en 1995.

L’architecte Yves Bonnel qui a été son adjoint à l’économie entre 1989 et 1995, parle d’un « homme de culture qui aimait l’architecture » et de citer pêle-mêle le Musée des arts africains, océaniens, amérindiens (MAAOA) logé dans la Vieille Charité », la salle du Pharo installée sous le Palais du Pharo, bâtiment du second Empire rénové à cette occasion, ou bien encore « l’escale Borély, ensemble de restaurants et de commerces qui font vivre les plages du Prado ».

De son côté, Renaud Muselier, président LR de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a rappelé que Robert-Paul Vigouroux « a imaginé le grand Marseille ». En effet, ce dernier a posé les jalons de la future communauté urbaine Marseille Provence Métropole en créant un premier EPCI  regroupant une quinzaine de communes autour de la  capitale phocéenne. L’initiative ne sera pas couronnée de succès tout de suite. C’est sous Jean-Claude Gaudin qu’elle prendra forme en 2000 pour ensuite devenir la métropole Aix Marseille Provence le 1er janvier 2016.

Robert-Paul Vigouroux a aussi été sénateur des Bouches-du-Rhône entre 1989 et 1998.

 

 

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