Entreprises de BTP

Réunis en « lab » les artisans disent leur mal-être et leurs attentes

Mots clés : Apprentissages - Artisanat - Création d'entreprise - Droit du travail - Gouvernement

L’Union professionnelle artisanale (UPA) tenait jeudi 24 octobre au Palais Brongniart à Paris son premier « Lab UPA », une journée de tables rondes sur l’avenir proche du secteur au cours de laquelle sont intervenus Michel Sapin, ministre du travail et Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat, très attendus sur les questions de la formation, de la lutte contre le travail illégal et l’auto-entrepreneur.

Il y a la fiscalité : « de plus en plus de chefs d’entreprise de l’artisanat et du commerce de proximité ont le sentiment qu’ils sont sacrifiés. Sacrifiés pour contribuer au redressement des comptes publics ».

Il y a la concurrence: « Que ce soit sur le régime de l’auto-entrepreneur, les « drive » (…) on a du mal à comprendre quelles sont les véritables orientations du gouvernement ».

Il y a l’apprentissage : « les circuits de financement doivent véritablement être orientés vers les secteurs qui forment le plus d’apprentis. »

En un mot il y a la crise et un sentiment d’urgence : « le gouvernement doit, dans les meilleurs délais, agir pour redonner de l’oxygène à nos entreprises et rétablir la confiance ».

Jean-Pierre Crouzet, président de l’Union professionnelle artisanale n’a pas mâché ses mots à l’adresse du ministre du Travail Michel Sapin, présent à l’ouverture du premier « UPA Lab » au Palais Brongniart, l’ancienne bourse de Paris, jeudi 24 octobre.

 

« Sapin mouille la chemise »

 

Les artisans ne vont pas bien et Michel Sapin, s’il en convient, n’a rien renié de la politique gouvernementale.

Sur l’auto-entrepreneur : « Nous avons réformé et davantage encadré le statut de l’auto-entrepreneur pour vous protéger d’une concurrence déloyale. »
Sur les travailleurs détachés :  » Je me bats actuellement au niveau européen pour que l’on aboutisse à un texte ambitieux sur le détachement des travailleurs, donnant les moyens de la lutte contre le dumping social, renforçant les contrôles et instituant un régime de responsabilité solidaire du donneur d’ordre et du sous-traitant. (…) Je suis fermement déterminé à m’attaquer aux fraudes complexes et organisées, en abordant plus particulièrement les questions de l’intervention d’entreprises étrangères en France qui ne respectent pas nos règles. Ces orientations s’inscrivent dans le plan national de lutte contre le travail illégal adopté lors du comité national de lutte contre le travail illégal du 27 novembre dernier. Et la réforme en cours de l’inspection du travail va donner des moyens d’action plus efficaces sur ce sujet du travail illégal. »

Patrick Liébus, vice-président de l’UPA et président de la Capeb ne remet pas en cause l’attitude combative du ministre : « Sapin mouille la chemise et il s’est démené à Bruxelles. L’idée de payer les sous-traitants hors-taxe et de faire s’acquiter les donneurs d’ordres de la TVA pour éviter les fraudes (ce que l’on appelle l’autoliquidation ndla), nous la soutenons. Mais sur la question de l’auto-entrepreneur, on avance trop lentement. A chaque fois qu’un point se débloque, on recrée une commission ou un groupe de travail. Je pense qu’on nous fait discuter et discuter encore pour ne rien provoquer avant certaines échéances électorales », a-t-il confié au Moniteur.fr.

 

Formation

 

Autre point crucial : la formation. Jean-Pierre Crouzet l’a encore déploré : « Nous ne pouvons pas continuer à entendre qu’il y a 3,5 millions de chômeurs et que dans le même temps 750.000 emplois sont non pourvus dans nos métiers.
Le ministre du Travail  a apporté quelques réponses :
« – Nous développerons l’apprentissage à tous les niveaux de formation, en particulier pour les premiers niveaux.
– Nous flècherons une part plus importante de la taxe d’apprentissage vers l’apprentissage lui-même, conformément au souhait du Président de la République, qui est aussi le vôtre.
– Nous associerons mieux les partenaires sociaux à l’établissement de la carte des formations initiales ainsi qu’au service public de l’orientation.
– Nous instaurerons une vraie concertation organismes collecteurs / Régions / partenaires sociaux pour la répartition des fonds libres de la taxe d’apprentissage.
– Nous rationaliserons le réseau de collecte au niveau national et au niveau régional.
– Et nous accompagnerons les jeunes et les entreprises, notamment pour prévenir les ruptures de contrats. »

 

Manifestation

 

Réforme des retraites, compte pénibilité, travailleurs indépendants, santé, bien d’autres sujets inquiètent les artisans. Le feu couve et explose par moments comme l’ont montré les manifestations des artisans du bâtiment en septembre dernier. L’UPA prépare déjà une forte mobilisation. Que Michel Sapin a tenté de déminer : « Travaillons dans le même sens, celui de la promotion de l’artisanat, de sa protection contre la concurrence déloyale, de la transmission des compétences et des entreprises, d’un meilleur accès à la formation professionnelle, de règles renforcées d’une démocratie sociale qui reconnaît votre juste place, et du développement de l’apprentissage. Bien sûr, c’est moins spectaculaire que des actions de protestation mais c’est redoutablement plus efficace. » Pas sûr que le ministre soit entendu.

 

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    Incompréhension

    J’entends bien toutes les questions qui se posent et certaines sont légitimes. Je suis invalide à cause de gros problème de santé. J’ai été directeur technique dans une société internationale.Je suis électromécanicien de formation, je sais travailler tous corps d’état, j’ai réalisé des prototypes, fait de l’automatisation. Grâce à la formation professionnelle, je suis devenu ingénieur. J’ai créé le plan d’extension de mon RDC, pour y trouver plus de confort, par rapport à mes handicaps. X entreprises se sont déplacé à mon domicile, dont certaines avec lesquelles j’avais travaillé quand j’étais en fonction. Au bout de quatre ans, j’ai reçu 3 devis et rien sur le gros œuvre. Ma maison est en ossature bois, donc modifications et extension sont plus faciles à faire par rapport à une maison en maçonnerie. J’ai le regret de constater que les artisans ne veulent pas travailler, mais se plaignent beaucoup. Faute de locaux adaptés, je galère. Expliquez-moi pourquoi ?
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