Culture

Rétrospective Bernard Zehrfuss, en l’un de ses édifices essentiels

Mots clés : Architecte - Manifestations culturelles - Musées - galerie

Heureuse initiative d’avoir organisé une rétrospective Bernard Zehrfuss, architecte majeur du XXe siècle (1911-1996), dans l’un des derniers chefs-d’œuvre qu’il ait bâtis, le musée gallo-romain de Lyon !

Désirant dignement fêter ses quarante ans d’existence, avec une exposition sur l’écrin que Zehrfuss donna à ses collections, et la place de ce bâtiment dans l’œuvre du maître, l’institution lyonnaise s’est associée à la Cité de l’architecture et du patrimoine, organisatrice à Paris l’an passé de l’exposition « Bernard Zehrfuss, la poétique de la structure ». Il était dès lors logique que l’instigatrice de cette précédente manifestation et spécialiste de l’architecte, Christine Desmoulins, en soit la commissaire.

L’exposition (*), intelligemment, se développe au long du parcours plastique et scénographique que Zehrfuss imagina, sous la forme d’une longue rampe se retournant sur elle-même, pour accueillir les témoignages de l’Antiquité gallo-romaine de la cité. La déambulation ainsi offerte permet d’admirer l’expressivité et l’ingéniosité à l’œuvre en cet édifice, tout en progressant parmi la profusion de pièces rassemblées pour l’exposition, croquis originaux, maquettes et plans, films et photos d’époque, accompagnées de clichés inédits de Michel Denancé. La Cité de l’architecture, dépositaire des archives de l’agence, en a prêté l’essentiel.

 

 

 

Rationalisme à la française

Premier Grand Prix de Rome en 1939, notre homme perpétue le rationalisme à la française en l’inscrivant dans le modernisme international, ce dès les années 1943-1947 où il dirige l’atelier d’urbanisme et d’architecture devant, en Tunisie, dresser les plans des grandes villes, suivre leur réalisation et contrôler les constructions sur tout le territoire. Le jeune praticien et son équipe feront de la Tunisie un laboratoire de la Reconstruction, en intégrant techniques et sobriété formelle des traditions vernaculaires. En métropole, la même urgence de reconstruire le fait participer aux chantiers expérimentaux d’habitat à grande échelle, et rebâtir l’imprimerie Mame à Tours, révolution dans l’architecture industrielle avec ses sheds en tôle d’acier et d’aluminium. De 1951 à 1957, il contribue grandement à faire de l’usine Renault de Flins l’instrument de production automobile le plus novateur d’Europe.

 

 

Cathédrale souterraine

L’exposition se devait de présenter aussi les icônes de l’après-guerre que sont le CNIT et le siège de l’Unesco : ou l’élégance déployée à échelle monumentale ! Dans les décennies 60-70, c’est le tertiaire en plein essor que Zehrfuss va marquer de plusieurs sièges sociaux, dont celui de Sandoz à Rueil-Malmaison (détruit en 2013…), remarquable notamment par sa communion avec le parc classé.

Quant au musée gallo-romain (1967-1975), il se taille une place de choix dans le parcours, comme son auteur avait taillé dans la colline pour le dissimuler en grande partie, face aux théâtres antiques. On a là un ouvrage d’art autant qu’une cathédrale souterraine, dont les portiques s’élèvent sur toute la hauteur des trois niveaux, leurs piles centrales portant aussi la rampe continue de visite, où en prime se déroule cette rétrospective à ne pas manquer.

 

 

(*) « Bernard Zehrfuss, architecte de la spirale du temps », exposition du 13 novembre 2015 au 14 février 2016 au musée gallo-romain de Lyon (www.musees-gallo-romains.com).

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