Recherche & développement

Retrait-gonflement des argiles : une station de mesure installée près d’Orléans

Le Bureau de recherches géologiques et minières a décidé de mesurer ce phénomène de variations de volume des sols argileux lors des passages de l’état humide à l’état de sécheresse, très dommageable pour les habitations, dans une zone similaire d’un point de vue climatique et géologique à la région parisienne, particulièrement touchée.

En contexte humide, un sol argileux se présente comme souple et malléable tandis que ce même sol desséché sera dur et cassant, avec une variation de volume qui induit de sérieux dégâts sur l’habitat. Ce phénomène, que l’on retrouve dans les zones situées dans les bassins sédimentaires (bassin parisien, aquitain ou rhodanien essentiellement) est nommé « retrait-gonflement des argiles ». Et il coûte cher. Entre 1990 et 2013, ce sont 6 milliards d’euros qui ont été distribués par le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles en France, le « Cat Nat », ce qui fait du « retrait-gonflement », le deuxième phénomène le plus indemnisé derrière les inondations.

 

 

Pour suivre le phénomène et nourrir ses travaux de simulation numérique et de cartographie, le Bureau de recherches géologiques et minières, organisme public placé sous la tutelle des ministères de la Recherche, l’Environnement, et de l’Économie, a déplacé son site expérimental de Mormoiron (Vaucluse) où il résidait depuis 2005, pour la commune de Chagny) à 12 km d’Orléans. Après les sols soumis à un climat méditerranéen dans le cadre du projet Argic (Analyse du retrait-gonflement et de ses incidences sur les constructions), c’est donc une zone très similaire d’un point de vue climatique et géologique à la région parisienne, particulièrement touchée par le phénomène, qui va être étudiée.

La station, dont les premières mesures sont en cours, est équipée d’un pluviomètre, d’un capteur d’ensoleillement et d’un capteur d’humidité de l’air pour la mesure des paramètres météorologiques. Outillage complété par dix sondes d’humidité plongées à 1,20 m de profondeur, au milieu de la couche argileuse étudiée. Cette couche se situe en effet entre 0,80 m et 1,60 m, sur une couche de craie. Deux extensomètres, permettant de mesurer les mouvements verticaux dans ce sol argileux, viendront compléter le dispositif.

Les résultats nourriront les travaux de recherche sur les méthodes de cartographie des argiles gonflantes, et sur l’évolution de l’aléa notamment en lien avec le changement climatique. L’année 2003, dont la canicule pourrait devenir la norme d’ici 2100, a été l’année la plus coûteuse en termes d’indemnisation du risque.

 

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