Chantiers

« Résurrection » d’un mur de soutènement centenaire au pied de la Basilique du Sacré-Coeur

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Béton - Établissements de culte, funéraire - Fondation - Soutènement

Spie Fondations réalise actuellement le renforcement d’un mur de soutènement centenaire au pied de la Basilique du Sacré-Cœur, à Paris. Soixante-trois clous de 12 à 13 m de long et 350 m² de béton projeté sont mis en œuvre pour conforter ce mur d’une hauteur de 14 m situé en zone touristique et à quelques mètres seulement d’immeubles de logements.

C’est un chantier atypique que réalise actuellement Spie Fondations au pied de la Basilique du Sacré-Cœur, sur la butte de Montmartre, à Paris. Après avoir relevé l’apparition, au cours du temps, d’un certain nombre de désordres (fissures, affaissements de terrain, etc.), la direction de la voirie et des déplacements (DVD) de la Ville de Paris a décidé de procéder au renforcement d’un mur de soutènement centenaire dont il a la servitude. Ce mur soutient des remblais dont l’assise est constituée d’argile verte, une roche sédimentaire dont la consistance évolue après plusieurs années…

Particularité du chantier : ce mur sub-vertical, situé en contrebas de la rue Saint-Eleuthère et dont la hauteur atteint 14 m, est attenant à deux immeubles de logements. De fait, les conditions d’exécution s’avèrent particulières. « En raison de l’environnement très urbanisé du chantier – la base de ce « mur poids » se trouve à 1,25 m de l’un des deux immeubles – et de la composition du mur et du terrain, constitués respectivement de moellons calcaires liés au mortier et de tout-venant, nous ne pouvions pas mettre en œuvre des techniques de confortement classiques, notamment avec des foreuses ordinaires. Par conséquent, nous avons préconisé la technique du clouage par auto-foration. Cette technique de soutènement hors d’eau consiste à intégrer des clous subhorizontaux à l’aide d’un mât de forage adapté, léger, peu encombrant et facile à manutentionner, ancré directement sur le mur », explique Antoine Oury, ingénieur d’affaires pour Spie Fondations.

 

Clouage par auto-foration

 

Pour procéder au clouage, sur six niveaux, de 63 clous de 12 à 13 m de long pour un diamètre de 76 mm – et après avoir mené de nombreuses études et reconnaissance du site –, les équipes de Spie Fondations se sont d’abord attelées à la régénération des pans du mur les moins résistants par l’injection de coulis (mélange de ciment et d’eau), avant de réaliser une nouvelle maçonnerie. Elles ont ensuite réalisé la reprise d’une partie de la maçonnerie existante par un coulage de dalles en béton à la place de perrets (parement en pavés) afin de s’assurer de la résistance de l’ancrage du mât de forage.

En outre, la configuration particulière du chantier a nécessité la mise en place d’un échafaudage bâché sur toute la surface du mur. C’est depuis cette installation, adaptée à l’exiguïté du chantier, que les perforations des clous sont effectuées. « Les clous sont réalisés à l’aide d’éléments métalliques creux de 1 m de long. Ces derniers, utilisés comme tiges de forage, viennent s’encastrer les uns à la suite des autres dans des carottages préalablement exécutés et resteront ainsi en place pour constituer les clous proprement dits », décrit Antoine Oury. Et l’ingénieur d’ajouter : « Après la mise en place d’un clou, un coulis de scellement est mis en œuvre en lieu et place du fluide de forage. Ce coulis sèche jusqu’à la réalisation du béton projeté, par voie sèche. » Les têtes de chaque clou sont équipées d’une plaque d’ancrage métallique et d’un boulon qui est noyé dans l’épaisseur (20 cm) du béton projeté. Pour certaines de ces opérations quasi-acrobatiques, les personnels de Spie Fondations et de son sous-traitant, Génie Civil de l’Est, ont été équipés de harnais…

 

Opérations acrobatiques

 

« Nous classons et hiérarchisons nos ouvrages selon leur état de vétusté. Celui-ci est défini selon une méthode de diagnostic arrêtée par les services de l’Etat en 2011 et basée sur des analyses visuelles annuelles ainsi que sur des contrôles techniques réguliers. L’ouvrage de la rue Saint-Eleuthère s’avérait être l’un des plus problématiques », fait savoir Nicolas Baguenard, chef de la section Seine et ouvrages d’art à la DVD. Après deux mois de tests et quatre mois de travaux – interrompus à chaque manifestation festive dans le quartier –, la paroi clouée, dont le coût de construction s’élève à 510 000 euros HT, sera achevée à la fin du mois d’avril.

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