Environnement

République Tchèque : un premier bilan

Les autorités tchèques commencent à dresser un bilan détaillé des inondations qui ont ravagé la semaine dernière ce pays d’Europe centrale et dont le coût total pourrait approcher 3 milliards d’euros.
Blessé par une crue sans précédent de mémoire d’homme, le pays a perdu maisons, voies ferrées, routes, ponts ou encore moissons prêtes à la récolte. Après avoir longtemps refusé de citer des chiffres, le Premier ministre Vladimir Spidla a avancé lundi de « premières estimations d’orientation » qui chiffrent les coûts entre 60 et 90 milliards de couronnes (quelque 2 à 3 milliards d’euros).
Aux dégâts matériels s’ajoutent la mort de treize personnes.

La reconstruction de la République tchèque – touchée dans 40 de ses 77 districts – sera rendue difficile en raison des importants dégâts qu’a subi l’infrastructure de son vaste réseau ferroviaire et routier.
Quelque 282 kilomètres des voies ferrées ont été inondées, dont une centaine de kilomètres restaient couverts d’eau en début de la semaine, selon le ministère des Transports. S’y ajoutent 19 ponts ferroviaires complètement ou partiellement détruits.
Les dégâts du réseau ferroviaire sont évalués à 2,4 milliards de couronnes (77 millions d’euros), un montant à peu près équivalent à ceux du réseau routier. A Prague, dans le seul métro qui compte trois lignes, le coût de remise en état est évalué à 2 milliards de couronnes (66 millions d’euros). Les responsables du métro estiment qu’il ne fonctionnera de nouveau normalement qu’à Noël au plus tôt.

Dans le bâtiment, un bilan provisoire fait état jusqu’à présent d’un millier de maisons détruites.

Dans l’agriculture, les inondations ont jusqu’à ce jour provoqué des dégâts d’environ 4 milliards de couronnes (130 millions d’euros). Sur les 4,2 millions d’hectares de terres agricoles, environ 800000 hectares ont été endommagés par les eaux. En Bohême du sud, 5O% des moissons sont détruites. Les Tchèques redoutent aussi un lourd impact sur l’environnement. La police a même annoncé mardi l’ouverture d’une enquête sur une fuite de chlore la semaine dernière dans l’usine chimique de Spolana de Neratovice, à 15 km au nord de Prague. Cette usine, objet de toutes les critiques des écologistes en raison de ses stocks de mercure et de dioxine, devait être visitée mardi par le ministre allemand de l’environnement Juergen Trittin, inquiet des risques de pollution qui gagneraient son pays.

Dans le parc zoologique de Prague, les dégâts s’élèvent à quelque 300 millions de couronnes (9,7 millions d’euros), selon une estimation de son directeur, Petr Fejk. De l’ensemble des 220000 Tchèques évacués, quelque 70000 attendaient toujours mardi le moment où ils pourraient regagner leur domicile, se rongeant souvent d’inquiétude pour l’état de leur logement.

Parmi eux, environ 20000 habitants du quartier praguois de Karlin, particulièrement frappé. Trois immeubles datant de la charnière des 19e et 20e siècles se sont déjà écroulés dans ce vieux quartier ouvrier de Prague et un grand nombre d’édifices risquaient de connaître le même sort. En même temps, des risques d’épidémie se multipliaient dans ce quartier où des unités de pompiers et de militaires continuaient à nettoyer et désinfecter les maisons, où beaucoup de produits alimentaires abandonnés ont pourri à la suite de la coupure d’électricité et de la chaleur qui règne actuellement à Prague.

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