Culture

Renzo Piano, abécédaire d’un architecte bâtisseur

Mots clés : Architecture - Conservation du patrimoine - Entreprise du BTP

L’architecte italien, Pritzker 1998, célèbre 50 ans de carrière à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris, dans une exposition intitulée « La méthode Piano » (11 novembre 2015 – 29 février 2016). En préambule, le Génois a livré sa vision du métier, de l’art de construire à la ville, en passant par le génie des lieux.

Art de construire

« J’ai grandi sur les chantiers de construction de mon père, et j’ai suivi le même chemin que lui en devenant bâtisseur. C’est pour ça que l’agence s’appelle Renzo Piano Building Workshop. L’architecture, c’est l’art de construire. »

 

Beaubourg

« Le centre Georges-Pompidou, que j’appelle toujours centre Beaubourg, était un coup de folie de deux jeunes, deux mauvais garçons, Richard Rogers et moi. Nous n’avions rien construit qui avait duré plus de six mois et là nous devions construire un centre culturel pour 500 ans. Encore maintenant, je me demande comment on a pu nous laisser faire ça ! »

 

Critique

« Les seules critiques qui servent sont celles qui irritent. On y réfléchit. »

 

 

Délais

« Pour un architecte, respecter les délais et le budget, c’est comme pour un boulanger cuire le pain à l’heure et ne pas le brûler. »

 

Exposition

« L’exposition « La méthode Piano » met en ordre les archives de l’agence. Ça nous aide à ne pas oublier et à ne pas se répéter. Il faut être bête pour se répéter. »

 

Fondation

« Avec les petits sous de la Fondation Renzo Piano, on accueille et rémunère chaque année une vingtaine d’étudiants venus du monde entier. On leur apprend en faisant, pas comme à l’école. On ne peut pas dire de bêtises aux jeunes parce qu’ils s’en rendent compte tout de suite, il faut leur dire la vérité, sinon on a honte…. »

 

 

Génie des lieux

« Le génie du lieu ne s’apprend ni à l’école, ni à l’agence, mais sur le terrain. Avant de dessiner un projet, il faut se balader sur le site les mains dans les poches et écouter le silence. Pour l’aéroport du Kansai, au Japon, nous sommes restés quatre heures en pleine mer là où il devait prendre place sur une île artificielle à créer ! Un bon architecte doit apprendre la modestie, un mot qui disparaît au moment même où il est prononcé, comme silence. »

 

Hauteur

« Lorsqu’un bâtiment prend de la hauteur, il doit laisser de l’espace au sol. Une façon de redonner à la ville le terrain qu’il occupe, et plus encore. Exemple avec le futur tribunal de grande instance (TGI) de Paris, un immense chantier, qui amènera le public aux abords de la ville pour fertiliser ces lieux. »

 

Impossible

« Je connais le mot impossible en dix langues au moins ! Il faut se défendre et convaincre ses interlocuteurs que son projet est un assemblage de pièces qui ne sont pas seulement belles, mais aussi nécessaires. »

 

 

Kanak

« Un architecte ne peut pas réaliser un projet en touriste. Il doit devenir Parisien, Newyorkais, Kanak. C’est la vérité, pas une attitude romantique. »

 

Légèreté

« J’ai toujours préféré la légèreté à la pesanteur. A Gênes, en Italie, où je suis né en 1937, tout flotte : les navires sur l’eau, mais aussi les grues dans le ciel. Lutter contre la force de gravité est un défi fou ! »

 

Méthode

« La méthode Piano, c’est une équipe où personne ne fait la comptabilité des idées, elles sont partagées par tous. C’est aussi une façon d’être : patient, intègre, cohérent, même si parfois on nous sollicite pour être la petite cerise sur le gâteau. »

 

 

Nationalités

« Le chantier est un lieu de tolérance. La construction de la tour Shard à Londres, au Royaume-Uni, a engagé 70 nationalités différentes, des mineurs qui creusaient le sol aux alpinistes qui assemblaient les poutres d’acier dans le ciel. Moi, à 9h je suis architecte, à 10h je suis ingénieur, à 11h je suis artiste et à midi ça recommence. Et selon où je me trouve, je me sens Italien, Français, Anglais… »

 

Périphérie

« La ville du futur est la périphérie. Aujourd’hui dénigrée, triste et solitaire, elle sera demain une usine à rêves, un espace de nature, un lieu de mixité fonctionnelle et générationnelle. Dans les années 1970, on a bataillé pour sauver les centres historiques. Ils sont à présent trop historiques, car on ne fait que les prendre en photo et y acheter des chemises… »

 

Responsabilité

« L’architecture est un art dangereux. Un mauvais livre se referme, une mauvaise musique s’arrête, mais un mauvais bâtiment est visible pour toujours. Il faut assumer la responsabilité. »

 

 

Souvenirs

« A l’agence, on ne dit jamais la même chose mais on est toujours d’accord car on creuse dans une même carrière, une même mémoire. Mes souvenirs d’enfance m’appartiennent. Ils appartiennent aussi à toute l’agence. »

 

Ville

« L’architecte ne peut pas changer le monde, seulement matérialiser ses changements. Mais on préfère faire des projets publics car ils font la ville. Les lieux de connaissance rendent les gens plus curieux et la ville meilleure. « Città = civiltà » (ville = civilisation). »

 

 

 

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