Chantiers

Rénovation énergétique pour les tours d’habitation de Paris 13e

Mots clés : Efficacité énergétique

Deux des tours du quartier Italie 13, construites dans les années 1970, ont fait l’objet d’une isolation par l’extérieur qui a permis de réduire leur consommation d’énergie de plus de 60 %.

Les unes après les autres, les tours d’habitation du 13e arrondissement de Paris entament leur rénovation énergétique. Tout le quartier construit autour de l’avenue d’Italie, depuis les années 1960 jusqu’au milieu des années 1970, baptisé Italie 13, fait l’objet d’une opération programmée d’amélioration thermique des bâtiments (OPATB). L’objectif du Plan Climat Energie de Paris est de réduire de 25 % la consommation énergétique de l’ensemble du parc résidentiel de la Capitale entre 2004 et 2020.

C’est dans ce contexte qu’a été entreprise la rénovation des deux tours voisines Rimini et Ferrare. La première, bâtie en 1973, compte 31 étages et 302 logements. La seconde, construite en 1975, abrite 224 logements sur 33 étages. Un diagnostic énergétique financé en 2011 par la Ville de Paris dans le cadre de l’OPATB du 13e arrondissement a mis en évidence des consommations énergétiques de respectivement 218 kWhep/m².an et 214 kWhep/m².an. Outre une mauvaise isolation, les deux tours conçues par l’architecte Jean Sebag présentaient d’importantes dégradations de façades : la corrosion des armatures a fait éclater le béton des panneaux préfabriqués et a décollé les carreaux de grès cérame qui recouvraient la façade.

Encouragés par la Ville de Paris, les syndicats de copropriétaires des deux immeubles ont décidé de mener un projet commun de rénovation en missionnant le même maître d’œuvre, l’architecte Rémi Rabu, et le bureau d’études thermiques A3 Sereba pour lancer fin 2014 deux appels d’offres séparés d’isolation thermique par l’extérieur. Une vingtaine d’entreprises ont été consultées. L’objectif était de confier les deux chantiers à une seule entreprise pour mutualiser les dépenses.

 

Colle à carrelage amiantée

 

C’est la société Marteau qui a été sélectionnée pour réaliser les travaux de rénovation de façade de mai 2015 à novembre 2016. « Réaliser l’isolation par l’extérieur de deux tours de 100 m de haut n’est pas un chantier courant », remarque Daniel Thibault, directeur opérationnel de Marteau SAS. L’entreprise est ici confrontée à plusieurs contraintes techniques. Il faut adopter des méthodes d’intervention évitant les poussières d’amiante car le matériau est présent dans la colle du carrelage recouvrant les deux immeubles. Les classiques plateformes suspendues temporaires n’étant pas envisageables pour accéder à de telles hauteurs, l’entreprise a mis en place des plateformes à crémaillères métalliques fabriquées sur mesure. Ces échafaudages bi-mâts ne pouvant reposer sur le toit du centre commercial du rez-de-chaussée, ils ont été posés sur des consoles métalliques ancrées dans la façade, puis fixés tous les deux étages sur des appuis de fenêtres, les traces de ces ancrages étant cachées en fin de travaux par les bavettes métalliques habillant les appuis.

 

Tests d’arrachement

 

L’entreprise Marteau, qui a mobilisé 11 collaborateurs sur la tour Rimini et 8 sur la tour Ferrare, a d’abord procédé au repérage des parties dégradées par la corrosion des armatures du béton, puis a purgé ces zones et passivé les aciers avant de réaliser des reprises de béton là où le carrelage était décollé. Des panneaux de laine de roche de 160 mm d’épaisseur ont ensuite été collés sur le support et fixées à celui-ci par pisto-scellement, « une technique peu bruyante et surtout sans percement, qui évite la production de poussière amiantée », précise Daniel Thibault. Ces fixations ont fait l’objet de nombreux essais d’arrachement pour garantir la bonne tenue des ouvrages. L’isolant a été revêtu d’une trame de fibre de verre enduite de colle avant le passage d’une couche de colle supplémentaire et le talochage de l’enduit final, un revêtement épais aux résines acryliques en phase aqueuse fourni par la société Jefco. Deux teintes ont été combinées, blanc et gris, selon un calepinage différent pour les deux tours.

Les travaux s’achèvent à présent. Les occupants des deux tours perçoivent déjà le confort gagné grâce à cette intervention qui aura permis de réduire les consommations d’énergie de plus de 60 %.

 

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  • - Le
    60% de réduction de consommation d’énergie avec 160 mm de laine de verre sur la moitié de la surface des façades ( les fenêtres semblent plus hautes que les allèges sur les photos) me parait utopique. Il y a certainement d’autres travaux embarqués? Retour réel sur investissement d’une telle opération?
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