Energie

Rénovation énergétique : les ménages de Midi-Pyrénées misent sur l’isolation des combles et des toitures

Mots clés : Efficacité énergétique - Toiture

L’isolation des combles ou de la toiture fait partie des travaux récurrents soit 72% des dossiers analysés par l’observatoire des coûts de la rénovation énergétique en Midi-Pyrénées (OCRE). Animé par le CeRCAD, le travail a démarré par l’observation des travaux réalisés en 2012 dans deux des huit départements de la région : le Lot et la Haute-Garonne.

L’observatoire des coûts de la rénovation énergétique (OCRE), le premier du genre en France, est une des traductions en Midi-Pyrénées du Plan de rénovation énergétique de l’habitat (PREH). Piloté par la Dreal et le conseil régional de Midi-Pyrénées, ce plan a pour objectif d’accompagner les acteurs de la rénovation vers l’objectif de 23 000 rénovations complètes de logements par an d’ici à 2017. A ce jour, la région a atteint la moitié de l’objectif.

Animé par le CeRCAD conformément à sa mission d’observation et de mise à jour du tableau de bord du PREH en Midi-Pyrénées, l’observatoire vient de publier ses premiers résultats dans une synthèse. Jocelyne Blaser, chef de la division économie et qualité de la construction (DEQC) de la Dreal, directrice de la cellule économique et du CeRCAD Midi-Pyrénées tient à ce titre à rappeler « le rôle essentiel des directions départementales du territoire et la coordination assurée par la Dreal ».

 

172 dossiers analysés

 

Pour cette première étude, le CeRCAD a travaillé à partir de données collectées dans les départements du Lot et de la Haute-Garonne concernant des travaux réalisés en 2012 à 99% dans des maisons individuelles d’une surface moyenne de 110 m2. La publication compile les analyses de 172 dossiers de financement « Habiter Mieux » et « éco-chèque logement Midi-Pyrénées », avec une approche « macro-économique » permettant, par exemple, de mieux appréhender les gains énergétiques théoriques et les coûts associés des principaux lots et bouquets de travaux.
 A terme, des fiches techniques portant sur des travaux spécifiques viendront enrichir de manière plus ciblée l’analyse entre coût et technique de rénovation.

«Pour observer les coûts, il a fallu bien comprendre à quoi correspondent les travaux, les matériaux, les équipements retenus et la nature des travaux induits ou associés. Les coûts doivent donc être exprimés en fourchettes. Ils reflètent la réalité de la diversité des solutions qui existent pour un même gain énergétique », précise Jonathan Kuhry, chargé de mission au CeRCAD. « Les coûts embarquent une « quote-part thermique » certes, mais peuvent également comporter des composantes liées à la prise en compte d’autres enjeux comme le confort au sens large, la qualité de l’air intérieur, la qualité environnementale des solutions retenues, l’esthétique et la qualité de finition, etc. », poursuit-il

 

Isolation des combles en priorité

 

L’étude a montré que l’isolation des combles ou de la toiture fait partie des travaux récurrents soit 72 % des dossiers analysés contre moins de 10 % pour l’isolation thermique des parois verticales. Arrivent ensuite le remplacement du système de chauffage (55 % des dossiers analysés) et celui des menuiseries (41 % des dossiers analysés).

Par ailleurs, seulement 10 % des dossiers analysés concerne l’installation d’un système de renouvellement de l’air. « Or, dès qu’on pense isolation, il faut systématiquement penser étanchéité et renouvellement de l’air . Notre travail va consister à alerter les professionnels sur la complémentarité entre leurs compétences respectives. Nous allons aussi diffuser ces retours d’expérience aux PRIS (renovation-info-service.gouv.fr) et aux quatre plateformes territoriales de la rénovation énergétique (PTRE) de la région. Il faudrait si possible, sauf dans les situations d’urgence, d’abord traiter l’enveloppe avant de s’intéresser aux systèmes», déclare Jonathan Kuhry.

 

Renouvellement de l’air et isolation des parois verticales : des travaux encore marginaux

 

Un des enseignements tirés de ce premier travail d’observation montre d’ailleurs que l’isolation des parois verticales est traitée de manière marginale. Les ménages, attirés par une rentabilité financière à court terme, préfèrent parfois faire l’impasse sur l’isolation des parois verticales pour privilégier la pose d’une nouvelle chaudière : « Inverser l’ordre logique des travaux peut sembler intéressant en premier abord si l’on considère uniquement le temps en retour sur investissement. Mais, attention aux équipements qui seraient surdimensionnés suite à un traitement ultérieur des parois dans l’optique d’une rénovation complète », rappelle le chargé d’opérations du CeRCAD.

L’autre enseignement tiré de l’étude est le développement significatif des matériaux biosourcés grâce à l’utilisation de plus en plus fréquente de la ouate de cellulose dans le cadre de l’isolation du plancher des combles.

 

Fourchettes de coûts observés par familles de travaux

 

Sur les 116 installations de systèmes de chauffage, le coût minimum observé de 1 305 HT correspond au remplacement de convecteurs électriques par cinq panneaux rayonnants pilotés par un programmateur. Le coût maximum observé de 29 740 euros HT correspond, lui, à l’installation d’une pompe à chaleur géothermique couplée à un chauffe-eau thermodynamique. Il inclut aussi le coût des études et du forage géothermique.

Pour les cas d’installation d’une chaudière au gaz, système le plus fréquemment installé sur cet échantillon, le CeRCAD a observé la variation des coûts suivante : entre 2 100 euros HT pour une chaudière gaz basse température d’une puissance de 25kW, sans travaux sur le réseau de distribution déjà existant, et 10 286 euros HT pour une chaudière gaz à condensation d’une puissance de 35 kW avec travaux sur le réseau de distribution et remplacement de sept émetteurs.

Dans le cadre d’une isolation de la toiture ou des combles, les fourchettes de coûts observés varient sensiblement en fonction de la technique utilisée (isolation sur plancher, sous rampants, sous-face du plancher des combles, …) : entre 7 et 122 euros/m² isolé.

Le prix d’une rénovation BBC varie sensiblement en fonction de la prise en compte d’enjeux autres qu’énergétiques. En fonction des matériaux utilisés, du type d’équipement installé, de l’état initial du logement et des sensibilités des ménages, le coût des travaux peut varier de 220 euros HT/m2 à plus de 400 euros/m² ». « Tout dépend des priorités, des motivations et bien entendu du budget des ménages », estime Jonathan Kuhry.

Le CeRCAD ne va pas en rester là. Les résultats de l’analyse de 100 dossiers d’éco-prêt à taux zéro, puis de plus de 350 dossiers Habiter Mieux soldés en 2014, dans plusieurs départements de la région, feront ainsi l’objet des prochaines synthèses.

Focus

Le CeRCAD

Le Centre de Ressources Construction et Aménagement Durables (CeRCAD), membre du réseau BEEP initié et animé par l’Ademe, contribue depuis 2013 à la déclinaison de la feuille de route nationale du Plan de Rénovation Énergétique de l’Habitat (PREH) en Midi-Pyrénées. Dans ce contexte, le centre de ressources est fortement mobilisé sur deux chantiers de la feuille de route du PREH : « Favoriser le développement d’une offre qualifiée de la rénovation énergétique » et « Mettre en place un observatoire des coûts de la rénovation énergétique ».

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