Etat et collectivités

Rennes s’offre un centre culturel signé Portzamparc

Après treize années de gestation, le bâtiment des « Champs-Libres » de Rennes est inauguré vendredi 17 mars. Signé Christian de Portzamparc, il regroupera le Musée de Bretagne, un espace des sciences et la bibliothèque de Rennes. Présenté comme un concept unique en France, l’équipement a coûté 100 millions d’euros.

L’ouverture du site de 24.000 m2, 13 ans après le lancement du projet, était très attendu dans la capitale bretonne. « Cette réalisation culturelle majeure en France doit être un lieu d’échange entre les disciplines et de diffusion au public », résume Edmond Hervé, le maire socialiste de Rennes depuis 1977. Contre « la tendance aux cloisonnements des savoirs, pour susciter le métissage, il faut une volonté politique ».
« Mêler mémoire et modernité, regrouper une bibliothèque, un espace des sciences, et un musée d’histoire et de société comme le Musée de Bretagne, les trois ensemble, ça n’existe nulle part ailleurs », affirme le directeur des Champs Libres, Jacques Terrière, à Rennes après 18 ans de responsabilités à la Cité des Sciences de La Villette.

La recette architecturale inventée par Christian de Portzamparc peut, de l’extérieur, déconcerter: une pyramide de verre renversée (la bibliothèque) et un cône surmonté d’un dôme de zinc (l’Espace des sciences), plantés dans un « dolmen » de pierre rose (le Musée).
« Pour que les différentes tribus cohabitent, il faut que chacune garde son identité. Ca a été un vrai casse-tête », explique l’architecte de la Cité de la Musique.
Dans le volumineux hall d’entrée, les passerelles qui se croisent et les parois inclinées invitent à « grimper » dans les étages de ce bâtiment « des savoirs » dans une atmosphère futuriste et lumineuse réchauffée par les pierres roses de la région rennaise.
« Avec une architecture signée Portzamparc et un Musée de Bretagne dont la surface a été multipliée par quatre », un planétarium, « c’est un nouveau pôle touristique » qui s’ouvre, espère M. Terrière.

A Rennes, la nécessité d’un nouveau centre culturel ne faisait pas débat mais le coût du projet, bien plus élevé qu’annoncé en 1992 (66 M EUR selon la mairie), fait grincer des dents.
Ce surcoût s’explique, selon M. Hervé, par une révision à la hausse de la taille du bâtiment et le recours aux « techniques les plus récentes ».
« Avec la différence, on aurait pu financer un bâtiment sportif, une piscine ludique, des crèches, une maison de quartier », regrette le leader de l’opposition municipale, Loïk Le Brun (UMP). « C’est une dérive sur les grands travaux d’un autre temps. Edmond Hervé a été ministre de François Mitterrand. Il a peut-être voulu copier le maître », avance l’élu.
Les 100 millions d’euros sont financés à 80% par l’agglomération Rennes Métropole, 17% par l’Etat et 3% par d’autres collectivités locales.
Chloé Coupeau (AFP)

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