Paysage

Rennes élue capitale française de la biodiversité 2016

Mots clés : Démarche environnementale - Etat et collectivités locales

La ville a été choisie parmi 72 collectivités candidates dans le cadre du concours ouvert aux villes et intercommunalités françaises, dont le thème central était cette année «Sols & biodiversité». La Métropole Rouen Normandie, Albi et Saint-Prix, dans le Val-d’Oise ont également été récompensées.

Dans la catégorie «grandes villes», la plus disputée avec 72 candidatures, Rennes était en finale contre Besançon, Caen, Le Havre, Lille et Lyon. Rennes est la sixième ville à décrocher le titre de «Capitale française de la biodiversité» après Strasbourg (2014), Niort (2013), Lille (2012), Montpellier (2011) et Grande-Synthe (2010).

Une belle récompense donc pour la capitale bretonne qui voit ainsi reconnue son action au long cours en faveur de la gestion écologique de ses espaces verts et de ses espaces publics. La gestion différenciée, initiée dans les années 80, a permis de commencer à recréer des écosystèmes; elle s’est poursuivie par l’abandon progressif des produits phytosanitaires dès les années 90, abandon désormais total puisque les cimetières ne font dorénavant l’objet d’aucun traitement. Ont également été remarqués le travail de protection des espaces naturels et de prise en compte de la trame verte (les liaisons entre espaces naturels du territoire avec des corridors écologiques plus fonctionnels du point de vue de la biodiversité), la trame bleue (la redécouverte et la mise en valeur du fleuve et de ses affluents) et la trame noire (le schéma d’aménagement lumière et son corollaire: les espaces non illuminés, favorables à la biodiversité).

Au regard du thème 2016 «Sols & biodiversité», la réalisation du quartier de la Courrouze, sur une friche militaire, a également retenu l’attention du jury. Le choix d’un aménagement préservant au maximum les sols, la végétation en place et le fonctionnement hydrologique du site a été salué comme un exemple de reconstruction de la ville sur elle-même utilisant et optimisant les fonctions écosystémiques. Par exemple les terres polluées ont été prélevées et confinées sur place. La gestion des eaux de pluie s’appuie sur un réseau de noues à ciel ouvert et plantées d’espèce filtrante plutôt que via des collecteurs enterrés. Une grande partie des boisements spontanés existants a été conservée.

Enfin, le jury a également souligné son programme ambitieux visant à recréer une zone naturelle d’expansion des crues en cœur de ville dense, sur les prairies Saint-Martin, qui est aussi un exemple pionnier de prise en compte de la pollution des sols urbains. «Ce problème complexe en matière de santé humaine et d’impacts sur la biodiversité locale est géré avec courage et responsabilité par la Ville qui a développé avec ses partenaires scientifiques un programme de recherche inédit» a indiqué le jury qui a salué la création récente d’un Conseil local de la biodiversité associant collectivités, institutions, associations naturalistes et de protection de la nature, ainsi que les acteurs de la connaissance et de la recherche scientifique.

 

Focus

Repères

Rennes (211 373 habitants, 5O4O ha) est au cœur d’une métropole de 42O OOO habitants et d’un bassin de vie de 672 OOO habitants. La ville a maintenu sa population en développant une politique d’habitat volontariste par la production moyenne de 1000 à 1500 logements/an tout en mixant différentes typologies de logements (dont 29% de logements sociaux).

Les espaces verts de la ville de Rennes représentent 17,3% du territoire communal, soit 871 ha et près de 12O ha supplémentaires d’ici 2O2O. La municipalité souhaite atteindre l’objectif de 4O ha par habitant.

Les aménagements se composent d’un patrimoine arboré de 13O OOO arbres et quelque 355 aires de jeux. Le budget alloué aux espaces verts constitue 3,4% du budget global de la ville. Spécificité rennaise, le service des parcs et jardins mobilise une régie de 4OO personnes qui participent aussi à l’entretien des aménagements privés collectifs (bailleurs sociaux) et ZAC.

Trois autres collectivités distinguées d’un titre national

– Saint-Prix (Val-d’Oise) est désignée «Meilleure petite ville pour la biodiversité 2O16» avec une reconnaissance de son travail de longue date de préservation et de valorisation de son espace naturel sensible d’initiative locale, son action pour le «zéro phyto» ou encore ses actions pédagogiques de proximité).

– Albi (Tarn) est «Meilleure ville moyenne pour la biodiversité 2O16», ce qui salue son engagement en faveur de l’agriculture urbaine et périurbaine ainsi qu’un travail fin avec des associations naturalistes comme l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie) ou la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux).

– La Métropole Rouen Normandie (Seine-Maritime) est désignée la «Meilleure intercommunalité pour la biodiversité 2O16», pour son engagement dans le cadre d’un plan pluriannuel d’actions en faveur de la biodiversité organisée en fonction des grands enjeux de sa trame verte et bleue locale, qui couvre tout autant ses forêts, son réseau de mares et ses nombreuses zones humides, que ses pelouses calcaires ou silicicoles, milieux naturels exceptionnellement riches en biodiversité mais aussi très fragiles.

Pour en savoir plus: www.capitale-biodiversite.fr

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X