Energie

Remplacement des vieux radiateurs électriques : les industriels rient, les associations pleurent

Mots clés : Gouvernement - Radiateur

L’annonce par Ségolène Royal le 25 août du remplacement gratuit de « plusieurs dizaines de milliers » de radiateurs très consommateurs d’énergie par des modèles plus modernes est à la fois saluée et critiquée.

Heureusement que Ségolène Royal est là pour mettre un peu de piment dans une fin d’été où la reprise se fait en douceur. Juste une petite phrase, une annonce comme la ministre peut en faire certaines fois, et c’est la polémique. Le 25 août la ministre invitée à l’émission « Les 4 vérités » sur France 2 indique qu’une opération d’échange de vieux radiateurs électriques énergivores qui pèsent très lourdement sur les budgets des ménages contre de nouveaux plus modernes sera prochainement lancée. Information confirmée le lendemain lors de sa présentation de la loi sur la transition énergétique en conseil des ministres. Peu de détails sont donnés sur le financement ; on sait d’ores et déjà que l’une des sources envisagées, les certificats d’économies d’énergie, ne couvrira pas la totalité du coût des radiateurs et que le dispositif devrait être finalisé d’ici septembre. Pour autant, une telle annonce ne pouvait passer inaperçue.

 

Les fabricants se frottent les mains

 

Bien sûr, du côté des fabricants de radiateurs électriques, on se réjouit de cette initiative.
Le Gifam, groupement des fabricants d’appareils d’équipement ménager se félicite de cette démarche en faveur du renouvellement du parc d’appareils de chauffage électriques obsolètes. Selon lui, sur les 60 millions de radiateurs répartis chez un tiers des foyers, environ 15 millions d’appareils de première génération, datant des années 1970 ou 1980, généreraient des économies s’ils étaient remplacés. L’annonce de la ministre est d’autant plus applaudie par les fabricants de radiateurs électriques que la RT 2012 pour les logements neufs pénalise l’électricité, du fait du taux de conversion de 2,58 entre l’énergie primaire et finale. Or, les nombreuses innovations ces dernières années ont permis de réduire la consommation énergétique des radiateurs électriques : « les radiateurs modernes sont devenus véritablement intelligents »,  souligne Camille Beurdeley, déléguée générale du Gifam. « Désormais ils ne fonctionnent que lorsque cela est nécessaire tout en assurant un confort optimal ». Selon le groupement, « les consommations unitaires moyennes de chauffage par superficie ont ainsi baissé de 58% en France depuis 1973 ».

 

Une opération nuisible pour la Fondation Abbé Pierre et le CLER

 

Du côté de la Fondation Abbé Pierre et du CLER, réseau pour la transition énergétique, ce serait plutôt la consternation. Dans un communiqué commun, les associations estiment qu’une « telle mesure, loin d’aider les ménages, serait nuisible pour le consommateur. Le chauffage électrique est une technologie chère et gourmande en énergie, surtout si les logements restent des passoires thermiques ». Ils rappellent au passage que les convecteurs électriques n’ont pas d’étiquette énergie permettant d’identifier les moins énergivores.

Plutôt que la mise en œuvre de cette mesure, les deux associations qui luttent pour le logement des défavorisés et pour l’efficacité énergétique demandent la mise en œuvre rapide d’actions permettant de sortir durablement les ménages modestes de la précarité énergétique : la rénovation chaque année, à des hauts niveaux de performance énergétique, 250 000 logements occupés par des ménages en situation de précarité énergétique et l’intégration dès à présent d’une performance énergétique minimale dans les critères de décence du logement. «Il est irresponsable aujourd’hui de louer des passoires énergétiques à des ménages modestes et cela le sera plus encore demain. Pour que les investissements dans ces logements soient réalisés dans les prochaines années, un signal règlementaire doit être envoyé dès aujourd’hui », affirment de concert dans un communiqué les deux associations. Et de conclure que « ces mesures sont prévues par la loi de transition énergétique, elles doivent être appliquées immédiatement ! ».

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