Transport et infrastructures

Relance de l’autoroute ferroviaire Atlantique vers l’Espagne

Mots clés : Gouvernement - Réseau routier

C’est à Bordeaux, qu’Alain Vidalies a annoncé le 28 octobre, la relance du projet d’autoroute ferroviaire Atlantique avec l’Espagne.

Présent au Forum du corridor Atlantique, le secrétaire d’Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, Alain Vidalies, a confirmé à son homologue Julio Gomez-Pomar, la relance du projet d’autoroute ferroviaire Atlantique. Il s’était auparavant entretenu avec Carlo Secchi, coordonnateur européen pour le corridor Atlantique, qui est porteur du projet.

Il s’agit d’un revirement puisque, le 30 avril dernier, le secrétaire d’Etat avait indiqué qu’il ne signerait pas le contrat pour un projet français de liaison entre le Pas-de-Calais (Dourges) et les Landes (Tarnos), compte tenu de risques juridiques, évoquant notamment «le constat qu’il y avait des conséquences pour les populations, que le projet n’était pas financièrement équilibré, qu’il y avait un gros risque pour l’Etat. Et de rappeler que l’Etat et RFF devraient financer à hauteur de 375 millions d’euros un projet jugé peu rentable par le Conseil général à l’investissement.

Ce revirement est explicable par le délai supplémentaire que se donnent les Etats et permet, du côté français, de mieux boucler juridiquement le projet, dont l’Autorité environnementale désignait, en décembre 2012, les impacts acoustiques et les risques industriels liés au transport de produits dangereux.

Alain Vidalies a rappelé que «la création d’une autoroute ferroviaire Atlantique a toujours constitué un objectif prioritaire du Gouvernement, une telle liaison est essentielle pour le développement durable des échanges de marchandises et le report modal. Le Gouvernement est également convaincu qu’un tel projet prend tout son sens s’il est construit avec les autorités espagnoles qui, elles-mêmes, envisagent la création d’un terminal multimodal à Vitoria».

Dans la phase de négociation, Alain Vidalies s’était rendu à Madrid durant l’été pour se caler avec la ministre espagnole de l’Equipement, Ana Pastor Julian. «Nous avons décidé du lancement d’un groupe de travail franco-espagnol chargé de coordonner les positions et travaux sur les autoroutes ferroviaires entre nos deux pays. Une première réunion de ce groupe s’est ainsi tenue le 9 octobre, qui a permis d’avancer sur un programme de travail en 2016 pour la création de nouveaux services d’autoroute ferroviaire» a précisé le secrétaire d’Etat.

 

Appel à manifestation d’intérêt en 2016

 

Et d’annoncer, le 28 octobre, le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt des acteurs ferroviaires pour une autoroute ferroviaire sur l’axe Atlantique. Un appel conjoint des deux pays, qui sera lancé en 2016. Objectif: identifier concrètement la mobilisation des opérateurs publics et privés pour un tel service et les conditions dans lesquelles il pourrait s’opérer.

Ce projet est au long terme, puisqu’un précontrat de concession a été signé avec VIIA Atlantique, filiale de la SNCF en mars 2014 pour une ligne comprenant quatre allers-retours quotidiens, avec des trains de 750 mètres de long. Le trajet initialement prévu relie Tarnos dans les Landes (près de la frontière espagnole) à Bordeaux, Saintes, Niort, Poitiers, Tours, Orléans, Bobigny et, via deux trajets possibles par Amiens ou Compiègne et Saint-Quentin, se raccorde au terminal de Dourges (Pas-de-Calais). Rappelons que deux autoroutes de ce type existent déjà: Perpignan-Luxembourg (entre Le Boulou, près de Perpignan et Bettembourg, près de Luxembourg depuis 2007) et Savoie-Italie (entre Bourgneuf Aiton, près de Chambéry, et Orbassano, à proximité de Turin en Italie, depuis 2003).

Sans doute, l’abandon de l’écotaxe a également joué dans le blocage momentané de ce projet. De plus, contrairement à ces deux premières lignes, le code de l’Environnement (décret du 29 décembre 2011) prévoit désormais que le projet nécessite une étude d’impact et donc enquête publique: il utilise en effet les voies normales de SNCF Réseau et deux terminaux de transbordement sont prévus à Dourges et à Tarnos. Pour lesquels, il faut mettre à chaque fois en compatibilité le plan local d’urbanisme, procéder à des expropriations, puisque tous les terrains n’appartiennent pas à l’ex-RFF. La commission d’enquête pour l’Autoroute ferroviaire Atlantique a donné en septembre 2014 des indications précises sur les problèmes qu’il faudra résoudre: écartement des rails côté espagnol, travaux de mise au gabarit des ouvrages d’art (Bayonne, Saintes, Poitiers, etc.), électrification entre Niort et Saintes, choix du site de la plate-forme intermédiaire en Ile-de-France. Elle avait alors émis un avis favorable au projet, mais assorti de réserves, notamment sur la correction de tous les points noirs, notamment sonores, en zone urbaine dense (Drancy, Fors, Châtellerault, etc.) et la pose de systèmes antivibratoires sur certains tronçons de voies. Outre le terminal, le site de Tarnos (Landes) devrait également accueillir un atelier de réparation et de maintenance des wagons et locomotives.

La mise en service de quatre allers-retours en trains de 1050 m de long constitués de wagons Modalhor était évoquée pour octobre 2021.

Gageons que les opérateurs manifesteront leur intérêt dès 2016.

 

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