Performance énergétique

Réhabilitée, une résidence toulousaine des années 60 atteint les performances du neuf

Mots clés : Conservation du patrimoine - Maîtrise d'ouvrage

L’entreprise sociale pour l’habitat Patrimoine SA Languedocienne a inauguré le 26 avril à Toulouse la requalification de la résidence Les Fontanelles à Toulouse. Le maître d’ouvrage a suivi les critères du programme Reha porté par le Puca.

Invitée à l’inauguration des sept bâtiments remis à neuf de la résidence des Fontanelles, ce 26 avril à Toulouse, Virginie Thomas, responsable du programme Requalification à haute performance énergétique (REHA) au Plan urbanisme construction architecture (Puca), ne tarit pas d’éloges sur l’opération de réhabilitation réalisée par Patrimoine SA Languedocienne dans le cadre de ce programme.

 

18 mois de chantier

 

« Réalisée dans un délai record de 18 mois de chantier, l’opération montre que l’on peut faire mieux que du neuf en termes de performances environnementale et énergétique. Retenons un seul chiffre : l’opération se manifeste par zéro émission de gaz à effet de serre. Une première pour des bâtiments existants », a déclaré Virgine Thomas.

D’autres chiffres sont frappants. A l’issue du chantier, les sept bâtiments de 180 logements ont atteint le niveau du neuf avec la certification BBC Effinergie (consommation énergétique de 38 kWhep/m2/an – classe A). Ce résultat est le fruit d’un travail au long cours pour redonner un avenir à des bâtiments construits dans les années 1960 mais bien desservis et situés dans un quartier privilégié de Toulouse.

 

Neuf fois moins de rejets de CO2

 

Le défi à relever est ardu. A l’origine, le bâti n’intègre aucune réglementation thermique, les logements sont exigus, l’accessibilité est inexistante, le diagnostic performance énergétique est de classe D…

En 2010, au tout début de sa réflexion, Patrimoine SA Languedocienne étudie l’option de la démolition-reconstruction. « Mais le bilan carbone du patrimoine a montré qu’il fallait plutôt faire une réhabilitation. De plus, les constructions encore saines pouvaient résister dans le temps. Et enfin, la réhabilitation offrait de nombreux avantages : neuf fois moins de rejets de CO2 qu’une opération de démolition-reconstruction, maintien des habitants dans les lieux, des loyers qui restent bas avec une baisse des charges de chauffage et d’eau, une réponse rapide aux préoccupations des habitants», raconte Didier Plouchart, directeur du patrimoine à l’entreprise sociale de l’habitat (ESH).

 

Approche globale

 

Soucieux de s’inscrire dans une approche globale, le maître d’ouvrage a lancé une consultation en conception-réalisation. Le groupement conduit par Bouygues Bâtiment centre sud-ouest retenu en avril 2013 a fait la différence avec son parti pris de greffer des planchers et des structures extérieures sur les façades existantes.

Fondées individuellement, les extensions sont chacune composées de poteaux en béton et d’éléments préfabriqués en bois assemblés sur site. Les loggias sont en structure métallique avec des garde-corps en verre et un plancher en bois.

 

+13% de surface habitable

 

Grâce à ce procédé constructif, chaque appartement gagne 8 m² de surface habitable (soit +13% de surface habitable) et donne sur une terrasse de 7 m². L’objectif était aussi de rendre les logements accessibles en équipant chaque bâtiment d’un ascenseur. Pour cela, le choix a été fait de récupérer des surfaces sur les gaines techniques qui ont été repositionnées ailleurs.

Les réponses apportées par l’architecte et les constructions constructives proposées par l’entreprise avaient pour but de répondre aux problématiques du maître d’ouvrage qui étaient celles de conserver le locataire à l’intérieur du logement, d’augmenter les surfaces, de créer une terrasse et de renouveler l’ensemble des énergies pour une meilleure performance. Une chaufferie biomasse centralisée pour les 180 logements, des panneaux solaires sur les toits pour l’eau chaude sanitaire et une isolation thermique ont permis d’atteindre ce dernier objectif et de contribuer à la baisse des charges.

 

Limiter les nuisances

 

« Préfabriquer au maximum et privilégier les solutions sèches ont permis en outre de limiter les nuisances d’un chantier conduit en site occupé», rappelle Christophe Touyères, chef de groupe travaux chez Bouygues Bâtiment centre sud-ouest et responsable de l’opération des Fontanelles. Du côté de l’entreprise comme du maître d’ouvrage, tout a été mis en œuvre pour mettre les locataires au cœur du projet et de leur faire comprendre les avantages de la réhabilitation. L’ESH a, par exemple, bâti un plan d’actions très en amont prévoyant des logements-tampon pour une journée, un responsable de site, une lettre d’information… Enfin, le traitement des espaces exterieurs a permis de finaliser l’insertion urbaine de la résidence dans ce quartier pavillonnaire à l’est de Toulouse

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