L'Actu

« Réétudier nos modes de consommation de l’espace en ville », par Jean Richer (Ville de Fontenay-le-Comte)

Le débat sur les tours n’en finit pas. Manuelle Gautrand et Françoise-Hélène Jourda le démontrent aisément. Il est vrai que les objets architecturaux excitent toujours les concepteurs et attisent l’appétit des investisseurs par leur simplicité conceptuelle. Pour tout dire, le débat sur les tours possède un relent de modernisme mal digéré.

Le débat semble vouloir se concentrer sur l’économie spatiale comme réponse à l’étalement urbain et à la nécessité de rééquilibrer l’aménagement de notre territoire. On y parle aussi de concentration d’activité et de mixité sociale. L’ensemble de ces termes appartient au vocabulaire de la géographie et plus précisément à celui de la gestion du capital spatial : avec nos préoccupations environnementales, l’espace nous est devenu cher (dans les deux sens du terme).

A la place d’un débat restreint sur une forme spécifique d’occupation de l’espace urbain, qui au passage éclipse les autres, il serait plus intéressant de réfléchir collectivement à notre gestion du capital spatial que représente la ville. Il ne faut pas oublier que l’hyper-ville mondialisée actuelle est le lieu par excellence de la ségrégation socio-spatiale. Les tours n’y changeront rien, où plutôt aggraveront le phénomène comme le montre le remplissage des tours asiatiques.

Il me semblerait plus intéressant de réétudier nos modes de consommation de l’espace en ville et d’imaginer des formes qui démultiplient les usages. La ville pliée, où entrent en relation le dessus, le sol et le dessous optimise l’usage du capital spatial. Les projets de topographies stratifiées tel que celui proposé par Rem Koohlaas pour les Halles, sont un bon début. Revenons à un travail sur l’îlot, avec ou sans tour, qui interpénétrerait les usages et les réseaux. Nous aurions là un véritable propos environnemental sur l’habitat au sens élargi, celui de nos milieux de vie.

Il faut repenser avant tout nos managements de projet pour intégrer dès la faisabilité le montage des opérations entre partenaires publics et privés en tenant compte des usages multiples et des possibilités immenses que nous donnent la combinaison des programmes et des formes.

Jean Richer, directeur général des services techniques et de l’urbanisme de la Ville de Fontenay-le-Comte

A lire ou relire : Débat : les tours, une réponse aux exigences du développement durable ?
Les autres points de vue


Une réaction, une suggestion, une information… Ecrivez-nous !

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X