Performance énergétique

Rapport 2013 REX Bâtiments performants : les désordres persistent

Mots clés :

Démarche environnementale

-

Efficacité énergétique

-

Réglementation technique

Dans le cadre du Programme Règles de l’Art Grenelle Environnement (RAGE), l’Agence Qualité Construction a publié jeudi 4 décembre les nouveaux résultats du Dispositif Retour d’expériences Bâtiments performants qui a pour but d’identifier les « non-qualités » qui pourraient impacter la performance énergétique ou environnementale des bâtiments.

La performance globale d’un bâtiment n’est pas égale à la somme des performances de chacun de ses composants pris individuellement même si ceux-ci sont intrinsèquement très performants. Tel est le principal enseignement du rapport 2013 du Dispositif REX (pour Retour d’EXpériences) Bâtiments performants publié jeudi 4 décembre par l’Agence Qualité Construction.

Avec cette quatrième campagne d’enquête ce sont 400 opérations qui ont été visitées sur l’ensemble du territoire français ; elles sont représentatives de toutes les typologies de bâtiments (tertiaire, collectif, maison individuelle), et sont implantées aussi bien en zones rurales qu’urbaines.

 

 

Focus

Le Dispositif REX Bâtiments performants

Créé en 2010 par l’Agence Qualité Construction, ce dispositif se base, d’une part, sur la « visite experte » d’opérations performantes et, d’autre part, sur la rencontre d’acteurs ayant participé à leur conception, à leur construction, ou à leur utilisation, afin d’identifier et de capitaliser les non qualités et les bonnes pratiques. Pour réaliser ces audits, l’AQC s’est associée à des partenaires divers (membres du réseau BEEP [Bati Environnement Espace Pro], Union Sociale pour l’Habitat, programme « jerenoveBBC.info », etc.) dont les enquêteurs alimentent la base de données du Dispositif REX Bâtiments performants.
La moitié des opérations n’est pas labellisée mais présente un niveau basse consommation d’un point de vue réglementaire (étude thermique). La performance thermique est le critère central de choix des opérations mais tout projet novateur (paille, terre crue, etc.) ou faisant appel à des procédés innovants (récupérateur de chaleur sur les eaux grises, EnR, etc.) ou possédant une qualité environnementale élevée (recherche sur la qualité de l’air intérieur [QAI], amélioration du confort, etc.) peut faire l’objet de cette étude.

 

 

Quand l’isolation thermique laisse à désirer

 

La réalisation de l’isolation thermique reste très disparate d’une opération à l’autre, note l’AQC. Et certains constats laissent songeurs…

L’AQC a par exemple pu constater sur certains chantiers, la mise en œuvre d’isolants thermiques humidifiés. Or, les isolants gorgés d’eau perdent une part de leurs performances thermiques ce qui impacte la résistance thermique prévue à la conception. Cette humidité peut être soit le résultat d’un mauvais stockage chez les négociants et/ou sur le chantier ou s’être accumulée lors de la mise en œuvre (produits exposés à la pluie).

Autre exemple : les « variantes sauvages », c’est-à-dire la mise en œuvre de produits et de matériaux non conformes à ceux prévus ou souhaités lors de la conception. L’isolant ou les vitrages installés ne sont pas ceux modélisés dans l’étude thermique. D’où une différence de performance de l’enveloppe et donc un impact potentiel sur les consommations.

 

Trop de chauffage tue le chauffage

 

Pourtant signalé depuis 2010, le surdimensionnement des équipements de chauffage continue à être observé de façon récurrente dans les projets. Il s’explique par l’inadéquation entre les besoins de chauffage très faibles (enveloppe très isolée) et la mise en place de générateurs plusieurs fois trop puissants. Les conséquences sur le rendement et la durabilité de ces systèmes sont lourdes. Par ailleurs, le calorifugeage des réseaux est encore trop souvent négligé alors que les déperditions de ces derniers représentent une part croissante des consommations d’énergie.

A l’inverse, à cause d’une conception un peu aléatoire et d’une mauvaise gestion des apports solaires (protections mal dimensionnées notamment), nombre de projets sont soumis à des surchauffes en été et en intersaison. Pour l’AQC, seule une modélisation peut permettre de définir les protections solaires qui seront adaptées à chaque projet. Les concepteurs devront également tenir compte des apports internes, de l’occupation, de l’inertie, de la ventilation naturelle, etc. afin de réaliser des bâtiments confortables toute l’année.

 

Un mauvais pilotage

 

Les retours d’expériences montrent que certains bâtiments performants sont très bien conçus et très bien réalisés mais qu’ils ne sont pas « pilotés » correctement. Le fonctionnement du bâtiment n’étant pas optimisé, les performances sont donc moindres.

Les installations munies de GTB/ GTC nécessitent de gros moyens humains et un niveau de compétence élevé pour effectuer les réglages et les faire fonctionner correctement. Des moyens qui ne sont pas toujours mis en œuvre en phase d’exploitation… Par ailleurs, peu de contrats de maintenance sont passés par les propriétaires alors que les systèmes se complexifient de plus en plus et nécessitent des interventions plus régulières.

Enfin, les systèmes d’éclairage et la domotique mal adaptés et surtout mal gérés se révèlent également être des sources d’inconfort ou de surconsommations.

 

De l’air !

 

Les progrès liés à l’étanchéité à l’air exacerbent la nécessité de bien concevoir et de bien réaliser les systèmes de ventilation. Pour maintenir une bonne qualité de l’air intérieur, le renouvellement d’air dépend aujourd’hui exclusivement du bon fonctionnement des installations de ventilation. Une montée en compétence de l’ensemble des acteurs est indispensable dans ce domaine, juge l’AQC.

L’amélioration de l’étanchéité à l’air s’accompagne d’autres difficultés comme le problème du séchage des bâtiments en phase chantier qui doit être anticipé en amont lors de l’élaboration du planning des travaux en particulier.

Autre grand défi qui se profile et qui va nécessiter plus de travail en conception : la prise en compte de la diffusion de la vapeur d’eau au travers des parois, phénomène trop souvent négligé voire ignoré lors des études de conception. Une attention particulière doit être portée à ce point de vigilance et notamment en rénovation où s’ajoutent parfois d’autres problèmes liés à l’humidité.

 

L’enjeu de la rénovation

 

La rénovation cumule souvent toutes les difficultés et nécessite un travail de conception poussé, à commencer par la réalisation de diagnostics de l’existant (thermique, étanchéité à l’air, humidité, etc.). Seule une vision globale, et la compréhension des interactions qui existent entre les différents systèmes (enveloppe, équipements, etc.) peuvent garantir le succès des travaux engagés.

Le Dispositif REX Bâtiments performants montre que trop de contre-performances sont encore observées du fait d’une vision partielle du fonctionnement des bâtiments et que les actions isolées, sans tenir compte de l’ensemble, génèrent des pathologies.

 

Télécharger le rapport

 

 

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    Et on fait quoi?

    les acteurs véritablement engagés dans la performance thermique connaissent tous ces points mais le fonctionnement en appel d’offres ne permet pas de sélectionner les entreprises véritablement efficaces si le seul critère est le prix. Pa ailleurs les aides de l’état ne tiennent aucun compte de la compatibilité des matériaux entre eux de la migration de la vapeur d’eau mais seulement du R du produit, et ce n’est pas RGE qui va améliorer les choses!
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