Entreprises de BTP

«Qui travaille sous nos grues ?»: entretien avec Marie-Ange Gay-Ramos, présidente de la FFB de la Gironde

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Entreprise du BTP - Etat et collectivités locales - Matériel - Equipement de chantier - Monde du Travail

Avec près de 16 000 logements commencés à fin mars 2017 (+10,7% sur douze mois) et 19 000 logements autorisés, la Gironde caracole en tête des départements de la Nouvelle-Aquitaine. Logiquement, c’est l’agglomération bordelaise, qui attire la grosse partie du marché: 40% de l’activité girondine du BTP y est concentrée. Mais, pour Marie-Ange Gay-Ramos, réélue présidente de la FFB de la Gironde en avril dernier, cette médaille a son revers: prix cassés, travail détaché, voire importé de très loin, qui grèvent le retour d’une trilogie vertueuse : marges, investissements, embauches.

L’activité repart, pensez-vous que la conjoncture a retrouvé le niveau d’avant la crise ?

Marie-Ange Gay-Ramos: Non je ne dirai pas cela, notamment parce que les effectifs ne sont pas remplis. Il y a une vraie frilosité des entreprises à réembaucher, parce que nous n’avons pas suffisamment de visibilité. L’activité du bâtiment repart, c’est certain, mais essentiellement dans le logement neuf et de manière concentrée sur Bordeaux métropole et l’agglomération limitrophe. Au-delà, et notamment en secteur rural, ce n’est pas le cas.

 

Il y a tout de même le bassin d’Arcachon ?

M.-A. G.-R.: Sur le bassin d’Arcachon, on est sur une activité de niche, saisonnière, totalement liée aux résidences secondaires. A l’entretien-rénovation plus que la construction. De plus, on y construit peu: le pourtour du bassin se densifie et le potentiel de construction diminue, alors que les réserves foncières sont encore importantes sur l’agglomération bordelaise, avec des milliers de mètres carrés à construire.

 

Vous menez néanmoins des actions sur le territoire non métropolitain ?

M.-A. G.-R.: Sur les territoires ruraux, il y a moins de visibilité, peu de grands projets ou de projets emblématiques qui peuvent donner une perspective dans la durée. Alors, avec les collectivités, nous multiplions les initiatives sur la rénovation énergétique et la résorption de l’habitat indigne. Un exemple: nous venons de signer une convention avec la communauté d’agglomération de Libourne (Cali) pour les aider à informer les entreprises et artisans sur la rénovation énergétique (qui fait partie d’une convention centre-ville signée avec la Caisse des dépôts, NDLR). De même, nous avons signé une convention de ce type avec la communauté de communes du bassin d’Arcachon nord Atlantique (Coban). Dans un autre registre, la chambre de métiers de Gironde nous a contactés pour parler de silver économie sur le territoire sud Gironde.

 

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X