Réalisations

Qui sont les maîtres d’oeuvre du bâtiment ? (épisode 2/3 : les architectes)

Dans sa nouvelle étude « Bâti-Prescription »qui dresse un état des lieux de la maîtrise d’œuvre, le cabinet d’études Développement Construction a scruté en profondeur les architectes. Détails.

Sur près de 17.000 cabinets, on dénombre aujourd’hui un peu plus de 28 000 architectes et agrées en architecture inscrits au Tableau de l’Ordre des Architectes, contre un peu plus de 26.000 au début des années 1990.
A ces 28.000 professionnels, s’ajoute un nombre important de diplômés d’écoles d’architecture (mais non inscrits au Conseil de l’Ordre) qui exercent en général leur activité en tant que salariés, chez un maître d’ouvrage privé, un autre architecte, dans un BET, dans le secteur public, chez un industriel…
Globalement, la France compte peu d’architectes : 45 architectes inscrits à l’Ordre pour 100.000 habitants, soit un chiffre bien inférieur à la moyenne européenne qui est de 82 architectes pour 100.000 habitants rappelle Développement Construction.

Les architectes restent très attachés à l’exercice libéral, puisque environ 57 % des inscrits à l’Ordre ont opté pour ce mode d’exercice. Néanmoins, au cours de ces dernières années, la proportion de « libéraux » a diminué au profit des « associés » qui ont vu leur part passer de 5 % en 1983 à environ 25 % aujourd’hui (17 % en 2002). Le nombre de sociétés d’architecture a de fait également progressé de manière spectaculaire, passant ainsi d’environ 700 en 1983 à pratiquement 6 000 aujourd’hui.
Au total, on dénombre aujourd’hui environ 16.900 cabinets d’architectes, qu’il s’agisse de professionnels exerçant leur métier à titre libéral ou de structures dirigées par un architecte ou plusieurs associés, et employant des salariés.
La profession reste constituée de petites structures. Ainsi, un peu plus de la moitié des cabinets d’architectes n’ont pas de salarié, près de 85 % emploient moins de 4 salariés et seuls 5 % des cabinets d’architectes emploient 7 salariés et plus.

Acteur pivot du processus de prescription technique

Après une phase de déclin il y a une vingtaine d’années, la profession des architectes s’est grandement professionnalisée pour s’imposer, dès le milieu des années 90, comme des acteurs majeurs dans l’acte de bâtir et la prescription des techniques et produits du bâtiment.
Cette évolution n’a fait que se confirmer ces dernières années, à la faveur de la bonne santé de l’activité du bâtiment. Dans ce climat favorable, les architectes ont confirmé leur leadership, établi toutefois sur de nouvelles bases de collaboration avec les autres acteurs de la maîtrise d’œuvre.
Deux éléments essentiels caractérisent en effet désormais la place qu’occupe aujourd’hui l’architecte dans la prescription :
– il reste, sans conteste, le prescripteur majeur, grâce à sa position d’acteur pivot de l’acte de construire,
– le champ de ses prérogatives s’est toutefois légèrement restreint, face à l’élargissement du champ de compétences d’autres acteurs de la maîtrise d’œuvre.
De fait, dès lors que les projets sont significatifs, l’architecte est de moins en moins le seul prescripteur. Il doit en effet, le plus souvent partager son pouvoir de prescription avec d’autres acteurs et s’impose alors comme le coordonnateur d’une « équipe d’ingénierie » note Développement Construction.

Portés par la croissance actuelle du marché de la construction, les architectes sont déterminés à insuffler une dynamique nouvelle à leur profession. Ils entendent ainsi clairement valoriser le rôle social, culturel et économique de leur métier, en fondant leur démonstration sur la nécessité d’améliorer la qualité globale du cadre de vie, et l’enjeu fondamental qu’elle représente dans une démarche de développement durable parfaitement assumée.

Deux types d’évolutions marquent l’activité des architectes :
– l’une, d’ordre structurelle, qui voit au fil des ans l’activité des architectes s’orienter davantage vers les travaux de réhabilitation, même si la construction neuve représente encore l’essentiel des débouchés de la profession (70 % de l’activité des architectes dans ce domaine contre 90 % il y a 20 ans),
– l’autre, davantage conjoncturelle, qui s’est traduite ces dernières années par une progression du poids de l’activité réalisée dans le logement, à la faveur d’un contexte très favorable dans ce domaine, au détriment du secteur non-résidentiel qui représente cependant encore de l’ordre de 55 % de l’activité des architectes.

On assiste par ailleurs depuis plusieurs années à un double phénomène :
– un recentrage de l’activité des architectes sur la conception des bâtiments, au détriment des missions de coordination et de direction des travaux, faisant pourtant partie des missions assurées traditionnellement par les architectes.
Cette situation trouve son origine dans la conjonction de plusieurs facteurs : complexité croissante du processus de construction, des techniques et des matériaux, multiplication des réglementations, mauvaise adaptation des formations, à la fois initiale et continue, à ces différentes évolutions, … Ces facteurs ont de fait rendu nécessaire l’intervention d’autres acteurs, notamment celle des bureaux d’études et des économistes de la construction disposant de connaissances beaucoup plus pointues dans ces domaines,
– le moindre niveau de spécialisation des cabinets qui privilégient, autant par choix que par obligation économique, un plus fort éclectisme. Aujourd’hui, les cabinets très spécialisés sur une seule famille de bâtiments sont ainsi de moins en moins nombreux.

Parmi les cabinets d’architectes qui conservent des axes de spécialisation marqués, il est possible d’en distinguer de 2 types :
– ceux qui disposent d’un degré de spécialisation élevé dans des domaines tels que la santé, l’industrie, ou les maisons de retraite, et qui dès lors, interviennent pour des maîtres d’ouvrage multiples,
– ceux qui développent une collaboration pratiquement exclusive avec un maître d’ouvrage (chaînes hôtelières, groupes de distribution…) sur l’ensemble du territoire national, voire à l’étranger, en intervenant alors sur chaque nouvelle implantation de ce dernier.

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