Qualité/Sécurité

Quelles sont les performances réelles des bâtiments ?

Mots clés : Efficacité énergétique - Réglementation thermique et énergétique

Une étude du groupe de réflexion « Valeur verte en pratique » propose quelques pistes pour passer de l’évaluation de la performance énergétique  conventionnelle des bâtiments à une mesure de la performance réelle.

Le groupe de réflexion « Valeur verte en pratique » rassemblant plusieurs professionnels de l’immobilier et animé par Jean Carassus, professeur et directeur du mastère Immobilier, bâtiment, énergie à l’Ecole des Ponts ParisTech, a publié une synthèse de ses travaux sur le thème « performances environnementales de l’immobilier : du conventionnel au réel ».  C’est plus précisément aux performances énergétiques des bâtiments que s’intéresse l’étude. Les constructions doivent aujourd’hui répondre à des exigences accrues qui émanent à la fois des investisseurs et utilisateurs ainsi que du contexte législatif en évolution. « Toutefois, rappelle le groupe de réflexion, la performance énergétique n’est pas un objectif en soi. Un bâtiment est avant tout un bien ayant une valeur d’usage pour ses occupants. Les réductions de consommations énergétiques ne doivent donc pas se faire au détriment de la qualité d’usage du bâti. »

L’étude pointe également la nécessité de mesurer cette performance à tous les moments du cycle de vie d’un immeuble, c’est-à-dire lors de sa conception, de sa construction, sur toute la durée de son utilisation. Or il existe de très nombreuses méthodologies différentes, qui donnent ainsi des résultats très hétérogènes, et surtout très éloignés des performances réelles. L’étude propose une première étape vers une démarche transparente  et tente de comprendre comment ajuster les méthodes et les outils afin d’assurer le résultat attendu à la livraison et d’éviter une dérive dans le temps.

 

 

Simulation thermique dynamique

 

 

« Si le calcul réglementaire est la seule notion opposable à ce jour, la simulation thermique dynamique (STD) donne des résultats plus proches des consommations réelles, constate Jean Carassus. En effet, alors que le calcul réglementaire se base sur des hypothèses standardisées communes pour une même zone géographique et une même classe de bâtiment, la STD ou plutôt la simulation énergétique dynamique (qui intègre tous les usages de l’énergie dans le bâti) se base sur des hypothèses plus réalistes, pouvant également intégrer des schémas d’occupation adaptés à l’usage futur du bâtiment. » Ces calculs doivent par ailleurs impérativement faire apparaître la marge d’incertitude associée afin d’analyser l’écart avec les consommations réelles permettant d’identifier les écarts cohérents, les utilisations « anormales » ou les dysfonctionnements des installations.

Pendant la phase d’exploitation, la mesure de la consommation réelle du bâtiment est possible et l’enjeu est principalement d’interpréter les données brutes de consommations, au regard des conditions climatiques, de l’occupation, des équipements réels et bien sûr de l’utilisation des usagers.

 

 

De nouvelles pratiques

 

 

Sur la base de ce bilan, le groupe de réflexion prône plus de précision et plus d’homogénéité des données afin de pouvoir garantir à toutes les étapes du cycle de vie du bâtiment que celui-ci tient ses promesses au niveau des performances énergétiques. Pour cela, il paraît nécessaire, sur certains points, de mettre en place des nouvelles pratiques.

« Un point fondamental serait d’abord d’accroître la transmission et la transparence des données, propose l’étude. Concrètement, cela se traduit par un dialogue renforcé entre les concepteurs, les gestionnaires et les futurs occupants du bâtiment.

Il serait nécessaire d’aller plus loin vers une garantie de la performance énergétique déclinée sur l’ensemble de la vie d’un bâtiment :

– Améliorer les hypothèses et donc la précision des calculs de simulation énergétique dynamique à travers des retours d’expérience,

– Avoir une politique de zéro défaut dans la chaîne de conception/réalisation,

– Etablir une garantie de performance reliant conception et exploitation,

– Etablir une garantie de performance sur la durée lors de l’exploitation.

 

 

Label de performance réelle

 

 

Enfin, le groupe « Valeur verte en pratique » milite pour  la création d’un label de performance réelle, qui pourrait s’intégrer dans la certification de la phase d’exploitation de l’immeuble et compléter le principe de la certification HQE exploitation. Le principe sous-jacent consiste à garantir le maintien dans la durée de la performance énergétique et garantir que les économies d’énergie ne se fassent pas au détriment des autres cibles environnementales et notamment de la santé et du confort des usagers.

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