Transport et infrastructures

Quel devenir pour les infrastructures de l’Aérotrain?

Mots clés : Béton

Du projet malheureux de l’Aérotrain de Jean Bertin (1917-1975), définitivement abandonné en 1977, ne subsiste qu’une utopie vintage et dix-huit kilomètres d’un monorail en béton au milieu des champs, dans le Loiret…

Un monorail en viaduc de 18 kilomètres de long et trois plates-formes techniques. C’est tout ce qui reste du projet un peu fou d’Aérotrain de l’ingénieur Jean Bertin, abandonné en rase campagne par Valery Giscard d’Estaing… Ces infrastructures sont solides et peuvent résister encore plusieurs décennies, estiment Jean-Luc Cabrit et Jacques Touchefeu, auteurs d’un rapport de 90 pages sur leur devenir édité à la Documentation française… Le coût de leur démolition – 13 millions d’euros a minima – serait une dépense inutile, jugent-ils. Leur pérennisation nécessite toutefois une remise en état pour compenser le défaut d’entretien depuis la fin des essais il y a 40 ans et pour garantir la sécurité des tiers empruntant les espaces agricoles, forestiers ou routiers situés sous le monorail.

Son implantation, établie grâce à une servitude, sans acquisition foncière, conduit en effet à laisser ces espaces entièrement ouverts et accessibles et comme l’ouvrage appartient à l’Etat, il en va donc de sa responsabilité. Une fois les infrastructures sécurisées, un nouveau regard pourrait être porté sur cette œuvre, témoin de la prouesse technologique de l’Aérotrain. La création d’un Groupement d’intérêt public (GIP) permettrait d’assembler acteurs privés et entités publiques pour constituer une force locale d’action et d’initiative. Afin de sécuriser le GIP dans l’usage de l’ouvrage, une «convention d’occupation temporaire» sur 20 ans devrait être formalisée avec l’Etat. Des actions de mise en valeur de l’ouvrage pourront être imaginées.

Le rapport propose par exemple de s’appuyer sur les activités agricoles et cynégétiques afin de développer une biodiversité raisonnée à «l’ombre» de l’ouvrage. Il propose surtout, grâce aux dispositifs préconisés, de rendre possible des actions locales ludiques, pédagogiques, artistiques ou sportives de mise en valeur. Ces actions permettront de traduire ainsi concrètement la récente inscription par le ministère de la culture de la voie de l’Aérotrain au label «Patrimoine du XXe siècle».

Le rapport (PDF).

 

 

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  • - Le

    Inutile et laid

    A quoi bon conserver ce faux viaduc ,il ne témoigne que d’un béton inutile et totalement étranger au paysage traversé .Qu’on en garde quelques longueurs pour le souvenir d’une technique ratée – à la différence des aqueducs romains ,qui eux ont servi pendant des siècles _ mais on peut abandonner le reste à la ruine .
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  • - Le

    Pas que dans le loiret

    Cet aerotrain commence dans l’Essonne, près d’Orsay à Gometz le chatel, ou il y avait encore il y a quelques années la gare de départ abandonnée avec un vieil aérotrain dedans, la ligne existe toujours, reprenant pour partie une ancienne ligne de chemin de fer de l’état, de vieux viaducs abandonnés, et le monorail en béton existe encore dans la foret. Un rond point a été récemment créé avec une réplique du monorail, devant la tranchée couverte de Gometz, à voir… Mais la ligne existe bien depuis presque Paris (RER B) et presque jusqu’à Orleans…
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