Réalisations

Quel avenir pour les sites des JO de Pékin ?

Le Pékin post-olympique ne devrait pas avoir de difficultés à « digérer » les installations des JO, même si des questions se posent pour les deux sites les plus connus, le « Nid d’oiseau » et le « Cube d’eau ».

26,6 milliards d’euros dépensés, dont 26 milliards pour les infrastructures. Les jeux Olympiques de Pékin, les plus chers de l’Histoire, disposaient de 31 sites. Parmi eux, 12 étaient nouveaux, huit temporaires et six placés au sein d’universités. Pour l’instant, peu d’inquiétude concernant leur futur. Si Athènes et Sydney s’étaient retrouvées avec des lieux coûteux à entretenir sans leur trouver de raison d’être, Pékin pourrait échapper à cette fatalité, notamment en raison de sa population (plus de 15 millions d’habitants). « Pékin souffrait d’un manque d’installations avant les jeux, le ratio entre la population et les installations sportives deviendra sûrement l’un des meilleurs au monde », juge Stéphane Vernay, avocat associé au sein du cabinet d’avocats Gide Loyrette Nouel.

Le naufrage athénien
Pékin semble en tout cas mieux armé qu’Athènes, incapable depuis 2004 de donner une nouvelle vie à ses sites olympiques. A l’époque, la Grèce avait organisé Jeux les plus coûteux dans l’histoire olympique – 13 milliards d’euros -, ayant contribué à la hausse du déficit public (6,6% du PIB en 2004). Aujourd’hui, le pays peine toujours à rentabiliser les installations sportives. En quatre ans, Immobilier olympique S.A. (OA), la société chargée par le gouvernement grec de gérer les sites après les J.O, n’a réussi a trouver un débouché que pour quatre sites sur les quinze construits. Le gouvernement grec a loué en 2006 pour 40 ans à une société privée la majeure partie du centre international de transmission (IBC). Le centre de voile à Agios Kosmas, a également trouvé preneur. Le centre de canoë-kayak slalom d’Hellinikon lui a été cédé en 2007 pour 129,799 millions d’euros et sera exploité pendant 30 ans comme parc de loisirs aquatiques. Un appel d’offres doit prochainement être lancé pour le centre hippique de Markopoulo, où seront construits un hôtel et un parcours de golf. Des concessions qui ont rapporté à l’Etat 661 millions d’euros, selon OA.
Quant au village olympique, « ville nouvelle » sans équivalent en Grèce – 366 bâtiments, 2.292 appartements alloués à 850 euros du mètre carré à deux mille familles à revenus modestes désignées par tirage au sort par l’Organisme grec de l’habitat social (OEK)- il reste une ville morte.
A Pékin aussi les villages des athlètes et des médias seront convertis en zones résidentielles. Dans le village des médias, la plupart des appartements ont déjà été vendus au prix d’au moins 12.000 yuans le mètre carré (environ 1.200 euros), indique Liang Qindong, directeur en Chine d’EDAW, une entreprise de design qui a travaillé sur certains sites olympiques.

Quid des stades?
En réalité à Pékin, la question de la gestion des sites se posera surtout pour le stade olympique, le « Nid d’oiseau », et la piscine, le « Cube d’eau ». Après avoir connu les exploits de Phelps, le « Cube d’eau » sera transformé en parc aquatique, avec des compétitions de temps à autre, selon Sun Weide, porte-parole du comité d’organisation des JO de Pékin.
Le budget de maintenance annuel pour le « Nid d’oiseau » devrait être de 7 millions de dollars (4,7 millions d’euros), selon Gide Loyrette Nouel, qui a été impliqué dans le projet du stade. Pour Stéphane Vernay, le seul moyen d’obtenir un retour sur investissement est d’en faire le siège d’un club. Le club de football de Pékin, Guo’an, a indiqué être intéressé mais son équipe peine à remplir la moitié de son stade actuel, beaucoup plus petit. Selon Sun Weide, le lieu sera transformé en un site multifonctionnel, avec des compétitions de sport, des expositions, des concerts et des conférences.

London calling
L’avenir de ce stade magnifique sera scruté avec intérêt par les Londoniens. Le coût du stade olympique qui accueillera les épreuves des Jeux 2012 à Londres a en effet de nouveau été révisé à la hausse, et devrait désormais atteindre 525 millions de livres sterling (plus de 660 millions d’euros, plus d’un milliard de dollars), presque le double de la facture de 280 millions de livres (355 millions d’euros au cours actuel) promise dans le document officiel de candidature soumis par Londres au Comité olympique international en 2005. Et le coût d’ensemble des infrastructures olympiques a été pour sa part révisé en hausse de 106 millions de livres par rapport au devis de novembre. Au total, le coût pour le secteur public est passé de 3,4 milliards de livres (4,2 milliards d’euros) à 9,3 milliards de livres (11,7 milliards d’euros) ! Des dépassements surprenants, mais il est vrai que le budget initial ne prévoyait pas le coût de la sécurité ni… la TVA !
Autant dire que Londres ne pourra pas se permettre d’abandonner ses sites après les Jeux de 2012, si la ville ne veut pas finir sur la paille.

Adrien Pouthier

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