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Quel avenir pour l’e-commerce dans le BTP?

Depuis les débuts de l’an 2000, le paysage des places de marché BTP a été remodelé. Certaines ont disparu (B2build, Mercadium), d’autres se sont allégées et ont fusionné (Bricsnet/Constructeo). Toutes, quoi qu’il en soit, ont vu leurs espoirs douchés par le retournement de conjoncture et « l’immaturité chronique du marché ». Alors, quel avenir pour l’e-commerce dans la construction? C’est précisément la question que posait le 9 janvier 2002, le Club Mediaconstruct à quelques acteurs majeurs du domaine, y compris à ceux qui « résistent » aux places de marché en développant leurs propres outils, tel Spie Batignolles.

Point de rentabilité éloigné…
Si tous admettent que leurs business plans ont été revus à la baisse, certains affichent un bel optimisme : « Notre groupe sera rentable au cours du premier semestre 2002 » affirme – sans toutefois évoquer la situation en France – Patrice Colomb (Eu-supply) tandis que Jean-Yves Le Texier (Bravobuild), ravi de n’être entré dans la danse « qu’après » la crise, ambitionne « d’atteindre l’équilibre début 2003 ». Plus circonspect, Bernard Blondeel (Answork) concède que : « le point de rentabilité est encore éloigné »… Pour y parvenir, Eu-supply « maintient le cap, reste ancré dans le BTP et se consacre exclusivement aux appels d’offres », la place de marché réajuste en revanche ses recrutements et ses déploiements hors de l’Europe. Bravobuild qui, de son côté, affiche 1,5 millions d’euros de chiffre d’affaires pour son premier exercice, concède réaliser désormais 40% de ce CA hors-BTP « par opportunisme et pour générer rapidement du cash », via les enchères et l’accompagnement des achats dans des secteurs tels que l’industrie… ou l’agroalimentaire.

Actionnariat solide
Pour Bernard Blondeel, les facteurs-clés de la réussite sont au nombre de quatre : « Impliquer la direction générale de l’entreprise, mettre sur pied une équipe solide et performante, accompagner le changement et… ne jamais oublier les règles de la vieille économie » rappelle celui qui a bâti sa carrière dans la Banque. Bref, « une approche non relative à la technologie mais aux hommes » note Bernard Caron (Build2group), une remarque qui doit être bémolisée : cette entité d’à peine quarante personnes bénéficie largement de l’enveloppe de quelques 100 millions d’euros accordée par Saint-Gobain Distribution pour financer, entre autres, les développements technologiques Internet du groupe… Alors? Des raisons d’espérer? « Oui, le marché est désormais plus mûr en 2002 » fait valoir Jean-Yves Le Texier qui n’omet pas de mentionner l’assise financière dont il bénéficie grâce à Italcementi via la holding Newco. Idem pour Answork dont les actionnaires ont voté en décembre une augmentation de capital qui lui assurera une pérennité jusqu’en 2005. Autant dire une éternité en temps Internet!

Vertical vs. horizontal?
Reste enfin à s’étonner de l’irruption d’une place de marché horizontale dans ces débats entre « acteurs du BTP ». Une première moins surprenante lorsqu’on sait que les e-intermédiaires en achats généraux ne sont pas épargnés par la crise : arrêt des appels d’offres chez Marketo, rumeur (démentie) de fermeture de Buying-partner… Et puis, dès lors que Bravobuild lorgne vers d’autres secteurs, pourquoi s’étonner qu’Answork, Hubwoo ou Avisium marchent sur les plates-bandes de leurs homologues du BTP ? « Le débat concurrentiel horizontal/vertical n’est pas à l’ordre du jour tant qu’il s’agit d’évangéliser le marché », proclame Patrice Colomb. La guerre des places de marché n’aura donc pas lieu. En tous cas, pas dans l’immédiat… et pas ouvertement!

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