Energie

Quand la renaissance du photovoltaïque rencontre la révolution du digital

Mots clés : Conception - Electricité - Energie renouvelable

Un colloque organisé par le bureau d’études Tecsol a ouvert, fin octobre, de nouveaux horizons en matière d’électricité.

Au cœur de tous les bouleversements de société, l’énergie occupe une place de choix, de la domestication du feu à l’invention de la machine à vapeur en passant par l’électricité. L’arrivée d’un monde où l’électron est produit en masse sur nos toits à des coûts en chute libre va changer la donne. Surtout en corrélant cette révolution avec celle du digital. C’est la conviction d’André Joffre, fondateur de Tecsol, bureau d’études solaires, et par ailleurs président de Qualit’EnR. Un colloque organisé le 26 octobre à Paris par Tecsol a donné l’occasion de mesurer l’ampleur des bouleversements à venir.

 

Individualisation

 

La blockchain, sujet majeur encore peu connu du grand public, est au centre de la mutation du modèle. Dit en peu de mots, il s’agit d’une validation décentralisée de l’information qui transformera en profondeur tous les systèmes de certification des données. « Au lieu de regarder de qui vers qui la propriété d’un bien est transférée, la blockchain se contente à un instant donné d’informer sur qui détient la propriété », explique Philippe Dewost, qui suit cette question au sein de la Caisse des dépôts. La blockchain enregistrant l’historique, il est aisé de reconstituer le chemin si on a besoin de savoir qui possédait un bien à une date passée.

Quel rapport avec l’énergie solaire ? Les coûts d’une installation complète devraient être divisés par 7 d’ici à une vingtaine d’années au niveau mondial, sachant que le prix de l’électricité du réseau ne cessera de monter, particulièrement en France. Résultat, il deviendra très intéressant de produire son électricité. Mais si le schéma général est bien celui de l’autoconsommation, se posera la question des pics de production, en pleine journée, quand les occupants du bâtiment sont absents. Ceux-ci chargeront la batterie de leur véhicule électrique dans le parking de leur entreprise, alors que leurs panneaux produiront à plein sur le toit de leur maison.

 

Ubérisation

 

Depuis plusieurs années, André Joffre et ses équipes imaginent une nouvelle architecture. En temps réel, un utilisateur pourrait recharger sa voiture et injecter sur le réseau une quantité exactement équivalente d’énergie sur le réseau, à l’aide d’une commande à distance. La blockchain servirait à valider les données de production et de consommation. Il serait même possible d’imaginer gagner des points, sorte de monnaie virtuelle, en injectant de l’électricité lorsqu’on le peut, et réutiliser cette monnaie pour acquérir des électrons aux heures où on en a besoin.

L’essor des systèmes de stockage favoriserait encore cette individualisation du marché, puisque les utilisateurs emmagasineront de l’électricité aux heures où elle est abondante (en pleine journée l’été), et où donc la demande serait relativement faible.

De multiples producteurs petits, qui utilisent la technologie pour rapprocher offre et demande : le solaire pourrait bien annoncer l’ubérisation du monde de l’électricité !

 

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  • - Le

    intéressant

    Mais comment feront ceux qui ne peuvent pas produire d’électricité. En seront-ils privés ? L’individualisation a peut-être certaines limites à dessiner.
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