Aménagement

Quand Alain Maugard imagine la ville de demain

Mots clés : Démarche environnementale

Dans un ouvrage jamais ennuyeux, à mi-chemin entre urbanisme et sociologie, l’ancien président du CSTB et Tristan Benhaïm, le vice-président de l’Institut Sociovision, lancent des pistes pour adapter nos zones urbaines à une modernité née des nouvelles technologies et des enjeux environnementaux. 

Si la ville est une structure fixe, une « morphologie », elle est aussi semblable à un être vivant qui serait pourvu d’un métabolisme. Et c’est celui-ci qu’il faut changer. Tel est l’un des principaux constats faits par Alain Maugard et Tristan Benhaïm, les auteurs de « Faire société en ville », un ouvrage jamais ennuyeux, à mi-chemin entre urbanisme et sociologie. C’est que l’ancien président du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et le vice-président de l’Institut Sociovision, aidé par le journaliste Michel Levron (ancien rédacteur en chef du Bulletin européen du Moniteur), ont – sans nier la part de rêve – fait le choix de l’humain et de la réalité, plutôt que celui des grandes théories, pour élaborer cette réflexion sur l’urbain.

 

La théorie des cailloux

 

Judicieusement sous-titré « Une utopie réaliste », ce livre dresse dans un premier temps un tableau sans concessions de ce qu’est devenue la ville du 21ème siècle, actant l’échec des Villes nouvelles, les méfaits de l’étalement urbain, les ravages du tout-voiture, la fragmentation en mono-fonctionnalités… Les auteurs glorifient, au contraire, les vertus de la ville ancienne, où tout est proche et qui absorbe plus naturellement les évolutions du monde moderne. Pour autant, il n’est pas souhaitable, selon les auteurs, de transformer radicalement la morphologie de la ville du 20ème siècle, la chose n’étant tout simplement pas possible. Pour Alain Maugard et Tristan Benhaïm, il est suffisant de l’adapter. C’est la « théorie des cailloux » : il faut fragmenter les gros (zones industrielles, commerciales, de bureaux, résidentielles…) en petits tout en ajoutant du sable autour, en créant de nouvelles centralités urbaines où les usages se mixent.

 

Autonomie énergétique 

 

Mais les auteurs vont plus loin et prennent en compte dans leur réflexion l’apport du commerce électronique qui recrée le troc du moyen-âge ou aboutit à « l’ubérisation » de l’économie ; des réseaux sociaux qui nous font passer du
« Moi je » au « Moi nous » ; des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique des bâtiments qui permettent une autonomie énergétique ; des transports doux ou collectifs  et de la voiture électrique, de l’agriculture urbaine et de la nature dans la ville qui contribuent à l’indispensable lutte contre l’effet de serre… C’est tout cela qui servira à refonder la ville et, plus largement, ce que les auteurs appellent la « société des urbains ».

Cet ouvrage court mais riche, illustré de nombreux exemples français et étrangers, intéressera urbanistes, architectes, mais aussi constructeurs et fabricants de matériaux, car il leur donne les pistes pour comprendre ce que seront demain leurs métiers.   

 

« Faire société en ville – Une utopie réaliste »
Alain Maugard et Tristan Benhaïm  (avec la collaboration de Michel Levron)
L’aube, Bibliothèque des territoires
17 euros


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