Collectivités territoriales

Qualité de l’air intérieur : le nez est-il un détecteur fiable ?

Mots clés :

Air

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Établissement recevant du public (ERP) ou assimilé

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Etat et collectivités locales

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Réglementation technique

Alors qu’il existe aujourd’hui de sérieux doutes sur le respect au 1er janvier des mesures contre la pollution dans les crèches et les écoles, Jean-Claude Boulard, le maire du Mans et l’un des auteurs du rapport sur l’inflation normative qui juge cette norme inutile, persiste et signe dans une réponse croustillante au préfet de la Sarthe.

En réponse au préfet de la Sarthe, Corine Orzechowski, qui dans un courrier du 11 juin informait les maires du département de l’obligation, à partir de 2015, de surveiller la qualité de l’air intérieur dans certains bâtiments recevant du public (1), notamment les crèches et les écoles, à travers des mesures réalisées tous les 7 ans par des organismes accrédités, Jean-Claude Boulard, maire du Mans, a montré qu’il avait du nez et de l’humour pour marquer sa désapprobation.  

Dans une lettre du 5 septembre, il écrit : « J’ai l’honneur de vous informer que pour apprécier la qualité de l’air, je continuerai, comme les agents de ma collectivité, à user de mon nez pour détecter le besoin d’aérer ». Il va même jusqu’à donner la démarche à suivre : « En cas d’alerte de mon nez ou de celui de mes agents, nous ne manquerons pas de réagir, sans délai, en ouvrant la fenêtre ». En conclusion, il demande à la préfète de bien vouloir lui indiquer « si le recours à un organe de détection reconnu comme le nez et à l’ouverture des fenêtres pour aérer, pratique ayant fait depuis longtemps ses preuves, peuvent être regardées comme satisfaisant aux obligations touchant à la qualité de l’air prévues par les dispositions de la loi du 12 juillet 2010 et du décret du 5 janvier 2012 ».


Un fervent opposant à la norme sur la qualité de l’air intérieur

 

Cette réponse de la part de Jean-Claude Boulard est-elle étonnante ? Pas vraiment, car outre d’être maire du Mans, Jean-Claude Boulard est connu pour avoir rédigé avec Alain Lambert (président de la Commission consultative d’évaluation des normes, président (DVD) du conseil général de l’Orne) le rapport sur l’inflation normative qui pèse sur les collectivités territoriales, remis en mars 2013 au Premier ministre de l’époque (voir notre article).

Tous deux y consignaient les normes absurdes et inutiles et parmi elles justement celle sur la qualité de l’air intérieur, lui décernant même le deuxième prix sur le podium des normes absurdes et la qualifiant de « norme ouvre la fenêtre qu’on respire un peu ».  Ils préconisaient d’abroger les décrets  du 2 décembre 2011 relatif à la surveillance de la qualité de l’air intérieur dans certains établissements recevant du public et les décrets du 5 janvier 2012  relatif à l’évaluation des moyens d’aération et à la mesure des polluants et d’adopter le décret suivant : « Les dispositions de la loi du 12 juillet 2010 portant obligation de surveiller périodiquement la qualité de l’air à l’intérieur des établissements accueillant du public…. sont satisfaites lorsque les personnes morales responsables de ces établissements veillent à ce que les agents affectés à la surveillance desdits établissements les aèrent régulièrement en ouvrant les fenêtres ». Une proposition qui a fait un tollé.

 



(1) Dispositions de la loi du 12 juillet 2010 et du décret du 5 janvier 2012 sur la surveillance de la qualité de l’air intérieur des bâtiments recevant du public.

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  • - Le

    Etudes sur la qualité de l'air intérieur

    Es ce que ce maire a dédaigné étudier la qualité d’air intérieur des classes pour se prononcer ainsi ? Son nez mesure t il si bien le formaldéhyde ? Ce maire a nuit à la qualité de l’air dans les écoles de France. Bravo.
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