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Qualité de l’air intérieur : Ethera simplifie la mesure de la concentration en formaldéhyde

Mots clés : Enfance et famille - ERP sans hébergement - Innovations - Lieux de travail

La start-up, qui valorise des travaux menés au CEA, propose une solution qui pourrait diminuer le coût de la surveillance périodique de la qualité de l’air intérieur bientôt obligatoire pour les crèches, les écoles et autres centres de loisirs. Une innovation testée et approuvée par la Ville de Grenoble.

Créée en 2010 par Yves Bigay et Sylvain Colomb sur la base de travaux scientifiques menés au CEA, la société Ethera, basée à Grenoble (38) et Saclay (91), développe des kits de mesure qui visent à simplifier le diagnostic et la surveillance de la pollution chimique de l’air intérieur des bâtiments.

Une surveillance que la loi Grenelle 2 rend obligatoire à partir de 2015 pour les établissements recevant un public sensible (crèches, haltes garderies, jardins d’enfants, centres de loisirs, écoles…). « Le contexte réglementaire nous est très favorable à ceci près que les textes font référence à une méthode de prélèvement d’échantillons puis d’analyse par chromatographie en laboratoire différente et en fait beaucoup plus complexe et coûteuse que notre solution », expose Yves Bigay.

Le procédé Ethera repose en effet sur une mesure colorimétrique relativement simple et réalisable au moyen d’un appareil portable. « L’innovation réside dans le capteur jetable que nous avons mis au point à partir d’une sorte d’éponge de silice nanoporeuse fonctionnalisée avec des molécules de fluoral-P.  Ces dernières ont la particularité de se combiner avec le formaldéhyde et il se forme alors de nouvelles molécules qui colorent le capteur, au départ transparent, en jaune, avec une teinte qui évolue linéairement en fonction de la concentration. »

 

Possibilités de dépollution

 

Selon Yves Bigay, le procédé Ethera, s’il était validé pour les futures analyses obligatoires de la qualité de l’air, pourrait réduire de près de 75% le budget que les collectivités devront consacrer à ces opérations. Pour qu’une telle validation soit possible, reste toutefois à démontrer l’équivalence des résultats obtenus par cette méthode et par celle citée en référence dans les textes, tâche confiée au LNE, et ensuite à obtenir des pouvoirs publics une clarification sur la possibilité qu’auraient les laboratoires accrédités de faire appel à une autre méthode d’analyse que la chromatographie.

Ethera se dit très confiante, d’autant qu’une expérience grandeur nature menée en 2012 sur 43 écoles de la ville de Grenoble va dans ce sens. « Les résultats de ce pré-diagnostic effectué d’une part avec la méthode de référence et d’autre part avec la solution Ethera indiquent une qualité de l’air intérieur satisfaisante pour les établissements concernés : aucune valeur n’est supérieure aux limites et les deux-tiers se révèlent inférieures aux valeurs guides, indique Hugues Fradet, Chargé de mission Risques Sanitaires.

Cette campagne de mesure montre aussi que les résultats obtenus avec l’une ou l’autre méthode sont très proches, d’où l’intérêt du système à lecture directe Ethera, plus facile à mettre en œuvre et moins cher. » Au-delà du formaldéhyde, Ethera prévoit d’étendre prochainement la gamme de polluants détectables aux BTEX (benzène, toluène, éthylbenzène, xylène) et de mettre à profit les capacités de piégeage de son « éponge » au fluoral-P pour commercialiser des produits de dépollution.

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