Performance énergétique

Projet Mizu : un bâtiment passif compact

Mots clés : Conception

Thomas Primault, ingénieur, a réalisé près de Rennes le plus petit bâtiment passif du monde, un bureau de 12 m² à la pointe de l’isolation thermique.  

Fin décembre 2014 près de Rennes, les températures extérieures avoisinent les – 7 degrés. Dans le bureau de Thomas Primault, ingénieur thermique, le thermomètre indique 18 degrés…et pourtant, aucun chauffage n’est allumé ! Une petite bouilloire chauffée par une plaque à induction, un ordinateur et une bouche chauffante qui se met en route lorsque la température descend en dessous de 17 degrés, sont les seuls apports de chaleur internes. « Et moi, bien évidemment ! », sourit l’architecte, maître d’œuvre et maître d’ouvrage du projet Mizu, le plus petit bâtiment passif au monde. Accolé à une maison construite en 2007, la pièce d’une superficie de 12 mètres carrés a été inaugurée fin septembre et labellisée Passivhaus (maison passive en allemand) fin novembre.

 

« Plus le bâtiment est petit, plus il est difficile de le rendre performant »

 

Toutes consommations confondues, éclairage, ventilation double flux, alimentation pour la bureautique et la plaque à induction, le bureau ne dépasse pas 81 kWh/m²/an d’énergie primaire, en deçà de 120kWh exigés pour obtenir le label. Les fenêtres triple vitrage, très performantes, sont exposées sud et est. Elles permettent de laisser entrer la chaleur solaire et de la conserver. Pour isoler le bureau, Thomas Primault a posé des panneaux de fibre de bois et des films frein vapeur hygrovariables. Il a également insufflé de l’ouate de cellulose dans les murs.

« Le bureau est totalement étanche à l’air, assure l’ingénieur. Mais il faut savoir que plus un bâtiment est petit, plus il est difficile de le rendre performant. Proportionnellement, les surfaces en contact avec l’extérieur sont beaucoup plus importantes. » Les parois doivent être cinq fois plus performantes qu’un immeuble de 40 logements pour que l’efficacité soit la même. « Le bureau est très nerveux, estime son concepteur. Avec beaucoup de soleil en plein hiver, la température interne peut monter jusqu’à 24 degrés ! » Grâce à son bureau, Thomas Primault peut observer et analyser la performance des matériaux utilisés afin d’améliorer ses prochaines réalisations.

 

Focus

L'habitat passif

 

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