Industrie/Négoce

Produits connectés : Legrand passe la deuxième

Mots clés : Domotique - Immotique - Gestion technique du bâtiment - Industriels du BTP

L’industriel français Legrand let en place une nouvelle stratégie pour accélérer le déploiement de son offre connectée. En plein boom de l’internet des objets, notamment pour le bâtiment, le groupe entend faire jouer ses atouts de spécialiste des infrastructures électriques et numériques pour s’imposer.

Selon la société d’études de marché Memoori, le marché de l’internet des objets (l’extension d’internet aux objets physiques) dans le bâtiment devrait croître de plus de 20% par an d’ici à 2020. Acteur traditionnel de l’infrastructure électrique et numérique, dont le bâtiment connecté est, selon lui, une « extension », le français Legrand met en place une nouvelle stratégie pour ne pas laisser s’échapper cette manne. « Nous faisons depuis longtemps de l’internet des objets en connectant nos systèmes. Ce que nous faisons cette année, c’est accélérer, car une solution non-connectée sera vite déclassée par rapport à une solution connectée », décrivait Gilles Schnepp, P-DG de Legrand, lors du lancement, le 8 juillet, du programme Eliot, un projet transversal à l’entreprise conçu pour « tremper » toutes les gammes de produits de l’industriel dans le bain de la connectivité.

Un quart des familles de produits Legrand sont déjà connectables. « Nous ne débutons pas de rien, nous ajoutons de nouvelles fonctionnalités et de nouveaux services à nos produits », rappelle Patrice Soudan, directeur général adjoint, tacle involontaire aux nouveaux arrivants sur le marché du smart home, des géants de l’électronique grand public aux start-up mono-produits.

 

Croissance à deux chiffres

 

Ce ratio de 20%, Legrand voudrait le doubler d’ici à 2020, en ajoutant des interfaces connectées à des produits déjà existants ou en innovant avec des produits nativement connectés. Legrand espère ainsi démultiplier les 200 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisé en 2014 avec les objets connectés (soit moins de 5% de son chiffre d’affaires global), pour lesquels il anticipe une croissance annuelle moyenne à deux chiffres dans les cinq années à venir.

Pour vendre ses produits « étendus », l’industriel continue de compter sur ses réseaux existants, distribution professionnelle dans une large mesure, et, pour certaines gammes, directement aux particuliers. Il commence aussi à déployer des « project stores » dans plusieurs grandes villes métropolitaines, mêlant démonstrations pour les clients, support technique ou encore formation pour les installateurs et intégrateurs.

« La connectivité va nous servir à rendre notre offre plus attractive, notamment grâce à une exposition plus forte auprès de l’utilisateur final », se convaint Gilles Schnepp. Un label « Eliot » et un logo correspondant seront créés en septembre prochain pour accompagner la commercialisation de nouveaux produits connectés, que Legrand annonce accélérer entre le second semestre et l’année prochaine.

Souvent critiqué pour ses solutions domotiques communiquant grâce à un protocole propriétaire – MyHome -, Legrand a bien compris que, pour augmenter la taille du marché des objets connectés, il est nécessaire de s’ouvrir. « L’évolution technologique est telle que se replier sur soi est une mauvaise stratégie », consent Patrice Soudan. L’industriel affiche donc une quinzaine d’alliances et partenariats (Confluens, KNX, Z Wave, Zigbee, Thread…). Une interopérabilité que Legrand assume aujourd’hui comme « accélérateur d’innovation ».

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Pour les industriels historiques de l’automation, 2015 est l’année de l’accélération. En parallèle du lancement du programme Eliot par Legrand, Somfy a annoncé une réorganisation avec la création d’un pôle dédié aux solutions connectées. « Cette nouvelle entité s’intègrera dans la stratégie du groupe en matière de connectivité, contribuera à faire évoluer les produits domotiques existants (boxes, applications, protocoles, systèmes, etc.) et animera la transformation du groupe et la transition technologique vers des solutions connectées pour l’ensemble des produits », décrit un communiqué. Le groupe savoyard a débauché Marc Westermann, qui dirigeait le département « Home by SFR » chez l’opérateur télécoms, pour piloter ce nouveau pôle.

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