Paysage

Présidentielles : les Arbres en congrès interpellent les candidats

Mots clés : Bois

Le deuxième colloque international « Les arbres en congrès » se déroulera les 6 et 7 octobre à Jouy-en-Josas et Bois d’Arcy (Yvelines). Paysage Actualités animera la table ronde de la première journée, consacrée à l’agroforesterie.

A six mois des élections présidentielles, les voix des défenseurs des arbres comptent : cette pensée anime la fédération internationale de l’arbre, créée en octobre 2015 par Matthieu Lemouzy à l’occasion d’un premier colloque à Pantin. Un an plus tard, ce jeune militant, aujourd’hui âgé de 27 ans, passe la vitesse supérieure : « En 2017, j’interpellerai candidats et élus, par le biais du « pacte pour l’arbre en ville et dans nos vies », pour que l’arbre retrouve une place d’honneur : protéger et conserver ce patrimoine commun est vital », déclare le président de la fédération internationale de l’arbre. Ce pacte fera l’objet d’un lancement officiel au matin du second jour du congrès.

 

Pratiques oubliées

 

Le message politique de la fédération s’appuie sur les communications et les échanges d’expérience qui ponctueront ce rendez-vous. La science, la technique et la culture s’y côtoieront, comme le montrera la table ronde animée par Paysage actualités sur les pratiques oubliées de l’agroforesterie : Dominique Mansion, fondateur et vice-président de la maison botanique de  Boursay (Loir-et-Cher) partagera son amour  pour la trogne, cet « arbre paysan aux 1000 visages » auquel il a consacré non seulement un livre publié sous ce titre en 2015 aux éditions Ouest France, mais aussi une partie de sa vie. Face à la disparition d’un mode de taille que pratiquaient ses aïeux paysans en Perche vendômoise, ce dessinateur industriel a réagi d’abord par l’art : un jardin sélectionné en 2000 au festival de Chaumont-sur-Loire a renouvelé l’expression graphique et le savoir-faire enseignés à la maison botanique de Boursay.

 

Stimulants techniques

 

L’évolution des machines facilite la renaissance, y compris dans les villes : « Le défaut de la trogne, c’est sa hauteur. Mais l’apparition des broyeurs et la valorisation des composts lui redonnent une chance. Les cisailles hydrauliques montées sur pelleteuses permettent de reprendre l’entretien des trognes longtemps abandonnées », se réjouit Dominique Mansion.

 

Aux traits d’union avec les pratiques anciennes, Stéphane Person ajoutera les transferts possibles, en France, de pratiques renaissantes en Afrique. « Les forêts rurales abritent des arbres pas forcément plantés, mais entretenus et favorisés pour la cueillette, l’énergie ou le sylvo-pastoralisme. En France, la mécanisation et la spécialisation ont mis fin à ces pratiques, comme en témoigne l’abandon de châtaigneraie corse ou des forêts truffières », constate l’ingénieur agronome. Fondateur du cabinet conseil Forestgoodsgrowing et membre du réseau coopératif Terracoopa, Stéphane Person, fort de ses expériences de valorisation du karité au Bénin, commence à intéresser une clientèle française de maraîchers bio.

 

Niche périurbaine

 

Le rattachement du maraîchage à l’agroforesterie nourrira le témoignage de François Warlop, porteur du projet Smart – acronyme de Systèmes mixtes agroforestiers –, lancé pour 3 ans en 2014 avec 17 partenaires, grâce aux 400 000 euros apportés par le  ministère de l’Agriculture. Une quarantaine de maraîchers, répartis dans le sud-ouest, le sud-est et le nord-est, expérimentent dans 150 parcelles des systèmes de résistances aux maladies reposant sur la biodiversité apportée par les arbres. « Les projets qui remontent à cinq ans n’autorisent pas de bilan définitif. Mais les partenaires de Smart restent convaincus qu’à côté des systèmes céréales-bois d’œuvre et prés-vergers qui domineront l’agroforesterie, une place existe pour l’association verger maraîcher, qui répond à la demande croissante des villes », analyse le membre du groupe de recherche sur l’agriculture biologique.

Comme si, derrière l’association entre arbres et production agricole, se dessinait une nouvelle relation apaisée entre villes et campagnes, avec l’arbre dans le rôle de fil conducteur. Le centre de formation Tecomah, hôte du premier jour du congrès, se tient prêt à accompagner ce processus.

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