Entreprises de BTP

Présidence française de l’Union européenne : quel bilan pour le BTP ?

Efficace, pragmatique, positive… L’action de la France à la tête de l’Union européenne a été unanimement saluée par les intervenants au colloque du vendredi 19 décembre dernier (organisé par la FFB, la FNTP et le Bulletin Européen du Moniteur) qui faisait le bilan de six mois de présidence française de l’Union européenne pour le secteur du BTP. A l’actif du bilan de Nicolas Sarkozy : le plan de relance européen et les accords obtenus concernant le plan Energie-Climat. Néanmoins, les nuages s’amoncellent au-dessus du BTP et Emmanuel Moulin, directeur adjoint du cabinet du ministre de l’économie Christine Lagarde, n’a pas cherché à enjoliver le tableau. « Le quatrième trimestre 2008 est très difficile, comme le sera le début de l’année 2009. Les effets du plan de relance ne se feront sentir qu’à partir du second semestre ». Pour autant, va-t-on savoir traduire le plan en chantiers concrets ? C’est la question que se posent Patrick Bernasconi et Didier Ridoret, respectivement président de la FNTP et président de la FFB. « Il faut se réjouir d’un plan de relance par l’investissement et garder à l’esprit que c’est avec les collectivités territoriales que nous répondrons efficacement à la crise. Nous réalisons actuellement le recensement de 10 000 projets prêts à être lancés par les collectivités. Chaque jour gagné permet la sauvegarde de l’emploi et la survie des entreprises ».

« On meurt des effets d’annonce et des prévisions »
Henry Marty-Gauquié, directeur du groupe Banque Européenne d’Investissement à Paris, a d’ailleurs rappelé le renforcement de son soutien aux PME, aux politiques énergétiques et aux infrastructures. « Nous allons refinancer voire « sur-financer » les PPP moyens _de 200 à 500 millions d’euros_ qui ont des difficultés à sortir en raison de l’attrition des crédits bancaires. Il s’agit de faire temporairement du portage de projet ». Faudra-t-il pour autant un deuxième plan de relance ? « On meurt des effets d’annonce et des prévisions en tous sens, assure le député européen Jean-Paul Gauzes, membre de la commission des affaires économiques et monétaires. Montrons que nous sommes capables d’appliquer ce plan de relance avant d’en lancer un autre ! »
Au rang des déceptions des six mois de présidence française de l’Union européenne, des dossiers, certes moins médiatiques, mais non moins essentiels pour le secteur du BTP. Ainsi en est-il de la révision de la directive Eurovignette qui doit permettre aux Etats d’instaurer une redevance à la circulation des poids lourds de plus de 3,5 tonnes, fondée sur les coûts externes du transport routier. Les divergences sont nombreuses, notamment entre pays périphériques et pays de transit. « Le texte Eurovignette est arrivé sur la table plus tardivement que prévu, concède Raymond Cointe, directeur des affaires européennes et internationales du Meeddat. Les ministres des Transports n’ont pas encore réussi à trouver un terrain d’entente ». D’autant que la crise économique est passée par là et que, politiquement parlant, la taxe poids lourds est un sujet à éviter.

Nouvelle bataille pour la TVA en perspective
L’autre sujet cher aux professionnels du bâtiment concerne bien sûr la TVA à taux réduit. « La Commission a réalisé un travail approfondi pour éclaircir le débat, explique Thomas Lambert, directeur adjoint de cabinet de Bruno Le Maire, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes. De nombreuses études ont été menées pour juger de l’efficacité de la baisse des taux de TVA. Mais il est certain que la règle de l’unanimité ne favorise pas la prise de décision. Et l’Allemagne conserve de fortes objections sur le sujet ». Une divergence de vue avec nos voisins d’Outre-Rhin que Sylvie Goulard, présidente du mouvement européen, pense plus profonde qu’elle n’y paraît : « en Allemagne, la France accuse une perte de crédibilité depuis plusieurs années. Nous payons le prix de l’Union pour la Méditerranée, un grand projet dont l’Allemagne digère mal son exclusion ». Quelles que soient ces divergences, Didier Ridoret est catégorique : « Nous sommes complètement dépendants de la TVA à 5,5%. Je n’ose même pas imaginer sa suppression à fin 2010. Et il ne faudra pas attendre cet horizon pour régler le problème. Nous nous retrouverions dans la même pagaille qu’en 2005 avec des entreprises ne sachant pas si elles peuvent continuer à appliquer un taux réduit dans leurs devis ».

Julien Beideler

Retrouvez en vidéo les intervenants du colloque. Ils répondent aux questions d’Hugues Boulet du Bulletin Européen du Moniteur et Adrien Pouthier du Moniteur.fr

Le Paquet Energie-Climat

Le(s) plan(s) de relance

Le rôle de la BEI

La TVA à 5,5%

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