Economie

Premiers nuages dans le ciel bleu pour la construction ?

Malgré des chiffres traduisant un indéniable retour de la croissance pour le secteur de la construction, la Fédération française du bâtiment alerte déjà sur des premiers risques d’enrayement…

Chanut échaudé craint l’eau froide. Alors même que la reprise dans le secteur du bâtiment se confirme de mois en mois depuis le retournement de tendance de 2016, que les embauches reprennent (15900 postes créés, intérim compris, au premier semestre 2017), et que les défaillances d’entreprises reculent (-14,4% en glissement annuel sur les cinq premiers mois de 2017), 8 années de crise ont semble-t-il conduit, de déceptions en faux-espoirs, le président de la Fédération française du bâtiment, Jacques Chanut, à ne jamais relâcher sa vigilance.

La croissance de 4% anticipée pour 2017 (mieux que les 3,7% annoncés fin 2016) tirée par la construction neuve et même une petite hausse de l’entretien-amélioration ? Fragile, pour le président de la FFB.

Pour commencer, « la croissance mérite d’être nuancée selon les métiers et les territoires », a ainsi pointé Jacques Chanut lors de son point de conjoncture mercredi 13 septembre.

De plus, les premiers signes d’un « retournement » dans la construction neuve sont là, selon le président de la FFB : les ventes s’érodent déjà (-9,4% sur un an dans le collectif) et le nombre et la production de crédits immobiliers baissent aussi. « Il semble que la hausse des prix de vente relevée depuis 2016 commence à désolvabiliser certains ménages », craint Jacques Chanut. Enfin, toujours pas de relais de croissance pour les entreprises du bâtiment avec les travaux de rénovation énergétique : « On peut raconter tout ce qu’on veut, c’est un secteur qui n’a jamais décollé malgré les promesses du Grenelle de l’environnement et de ses suites ».

 

« Attaque généralisée »

 

Or, voilà que se profile à l’horizon une réforme de la politique du logement qui s’avère menaçante pour le président de la FFB. Alors que le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard doit présenter le 22 septembre sa tratégie, « plusieurs prises de parole officielles » qui « dénotent un véritable changement de ton à l’égard de l’immobilier au sens large », inquiètent Jacques Chanut. C’est une « attaque généralisée » estime-t-il.

Et la dernière déclaration en date, le matin-même de son intervention, celle du secrétaire d’Etat Julien Denormandie sur RTL, n’a rien fait pour le rassurer. L’annonce de la reconduction d’un PTZ recalibré et centré sur les zones tendues, a sensiblement agacé Jacques Chanut. « 50% des PTZ sont distribués dans les zones B2 et C, ces zones moyennement ou peu tendues. A l’heure où l’on s’inquiète de la fracture territoriale, supprimer le PTZ dans ces zones reviendrait à empêcher des ménages primo-accédant, souvent jeunes, de se solvabiliser pour acheter un logement dans les villes moyennes ou les centre-bourgs. Ca n’a pas de sens. » Quant à l’argument budgétaire, le président de la FFB le balaye : « C’est un point fondamental de notre économie : l’importance des dispositifs de soutien au logement procède avant tout d’une fiscalité trop pesante. L’arbitrage ne pourra être que politique. »

Jacques Chanut tient à consolider la croissance au moins jusqu’à 2021, année estimée d’un fléchissement cyclique pour le secteur. D’ici là, il presse le gouvernement « de ne pas jouer les apprentis sorciers ».

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