Entreprises de BTP

Pour Martin Bouygues, « le développement durable est une opportunité, pas une contrainte »

Mots clés : Démarche environnementale - Entreprise du BTP

Le président du groupe Bouygues, invité à intervenir au «World Efficiency Forum» sur le thème «Comment décarboner le secteur bâtiment en Europe pour atteindre le facteur 4», a livré sa vision du développement durable. Un événement, d’autant que sa parole publique est rare.

Martin Bouygues est un homme discret, qui s’exprime peu sur les plateaux télévisés ou dans les médias. A part sur le dossier de Bouygues Telecom dont il a refusé la vente il y a quelques mois ou encore pour réagir à sa mort annoncée par erreur, ce patron reste peu disert lorsqu’il s’agit de parler Bâtiment. COP 21 oblige, il s’est pourtant frotté à l’exercice lors d’un colloque sur le thème «Comment décarboner le secteur bâtiment en Europe pour atteindre le facteur 4» (objectif de réduction des gaz à effet de serre que s’est fixé la France à l’horizon 2050) organisé le 14 octobre par le think tank « The Shift Project », lors du «World Efficiency Forum», organisé à Paris. Et à voir la salle bondée, on peut même avancer sans beaucoup se tromper que la parole de Martin Bouygues fait recette.

Alors Martin Bouygues, un « écologiste convaincu » ? Peut-être. En tout cas, il semble que la prise de conscience du développement durable soit bien réelle dans son groupe. « Nous considérons le développement durable comme une opportunité et non comme une contrainte. Il est au coeur de notre stratégie. Dans le neuf, mais aussi dans la rénovation énergétique ; activité sur laquelle Bouygues Construction et Bouygues Immobilier sont présents depuis longtemps. Cette prise de conscience date d’une dizaine d’années. Pendant cette période, j’ai observé l’évolution des mentalités. Avant, les connaissances et solutions étaient bien inférieures à ce que nous voyons aujourd’hui. De grands progrès ont été réalisés. C’est pourquoi je suis très optimiste quant à la réduction des consommations énergétiques dans le bâtiment. D’autant que tous les pays se sentent concernés. A Cuba, d’où je reviens et malgré son économie, le sujet est sur la table ; la Suisse et l’Allemagne sont aussi très avancées sur ces thématiques ».

 

Exemplarité : l’Etat peut mieux faire

 

Taclant l’instabilité des politiques publiques menées et prenant en exemple le prix du photovoltaïque, Martin Bouygues a plaidé pour une continuité dans les décisions prises. Comme il a égratigné l’exemplarité de l’Etat sur ses bâtiments publics. « L’Elysée, les ministères, les établissements publics ne projettent pas une image positive tant dans l’efficacité énergétique que dans l’application des autres normes comme le handicap ». Car ce patron en est persuadé : derrière chaque opération de rénovation, il y a l’image qu’elle produit. « Il faut expliquer aux propriétaires qu’ils ont des avantages à verdir leur bâtiment, bien sûr économiques mais aussi en termes d’image ».

Parce que l’efficacité énergétique des seuls bâtiments ne suffira certainement pas, le groupe a déjà pensé aux bâtiments de demain. « Il ne faut pas raisonner à l’échelle d’un bâtiment, mais d’un quartier et même de la cité, explique Martin Bouygues. Les bâtiments vont discuter entre eux, se connecter. On mutualise ainsi les besoins énergétiques ». C’est ainsi que Bouygues Immobilier, avec plusieurs partenaires, a mis au point en 2011 la démarche UrbanEra, dont l’objectif est la création et la gestion de quartiers durables ; concept qui combine la qualité de vie des habitants et la limitation de l’utilisation des ressources. Dans cet esprit de réduction des consommations énergétiques, la filiale immobilière du groupe a récemment lancé Nextdoor, une nouvelle génération d’espaces professionnels collaboratifs et partagés pour les entreprises en milieu urbain.

 

« Je roule en voiture électrique »


Patron écolo converti et convaincu, Martin Bouygues s’est même livré à quelques confidences sur sa contribution personnelle au développement durable. « Je circule en voiture électrique. Et pour le Château Montrose, à Saint-Estèphe (célèbres grands crus du Médoc, ndlr) que nous avons acheté avec mon frère Olivier, nous avons lancé un vaste programme de rénovation du site avec des objectifs environnementaux. Notre volonté étant d’en faire un modèle et une vitrine des nouvelles technologies en matière de développement durable ».

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X