Culture

Pour les architectes, la sortie de crise est en vue

Mots clés : Architecte

Le Conseil national de l’ordre des architectes publie le 2 novembre la deuxième édition de l’étude « Archigraphie », une compilation de données qui permet de dresser le portrait de la profession en 2016. Tout en soulignant les effets de la récession de la période 2008-2015, le document table sur des perspectives plus réjouissantes pour la période à venir.

En 2015, en France, les architectes étaient 29 689. Ce chiffre, qui correspond précisément au nombre des inscrits à l’Ordre – condition sine qua non pour pouvoir exercer la profession – est une des premières données livrées par l’étude sur l’état de la profession, publiée le 2 novembre 2016, par le Conseil national de l’ordre des architectes (CNOA). Réalisée par le Crédoc, l’étude « Archigraphie 2 » qui compile des statistiques émanant évidemment de l’Ordre, mais aussi – en vrac – de la Mutuelle architectes français (MAF), de l’Insee, de la Fédération française du bâtiment (FFB), du ministère de la Culture ou de l’Observatoire des métiers des professions libérales (OMPL) est une véritable bible. Ces quelque 120 pages, téléchargeables sur le site de l’Ordre, dressent le profil personnel de l’architecte français en 2016. Elles permettent aussi de se faire une idée de son activité alors qu’il a subi la récession de la période 2008-2015 et que la sortie de crise s’annonce.

 

 

Malgré la difficile conjoncture des années passées, les effectifs n’ont finalement que peu décliné passant de 30 118 architectes en 2009 aux quelque 29 700 de l’an passé. La population des architectes demeure donc stable. Plus notable est l’évolution de la répartition hommes-femmes. En effet, les femmes architectes représentent plus du quart (27 %) de la profession en 2015. Leur poids n’était que de 16,6 % en 2000. L’étude souligne cependant que ce phénomène de féminisation se manifeste dans l’ensemble des professions libérales.

 

 

On ironise parfois sur le cas de l’architecte parisien, plus médiatisé que ses confrères. De fait, c’est là que les professionnels sont les plus nombreux : un tiers d’entre eux est installé en Ile-de-France. Sinon, on les retrouve plutôt dans le quart Sud-Est du pays… En comparaison, la Bourgogne, la Franche-Comté, le Centre ou l’Outre-mer paraissent franchement démunis. Ce déséquilibre géographique est également flagrant quand on observe, par région, le nombre d’architectes pour 100 000 habitants. Alors que l’on dénombre 155 architectes pour 100 000 Franciliens, ils ne sont que 39 pour 100 000 habitants du Centre. « Archigraphie 2 » rappelle au passage « que la France compte 45,2 architectes pour 100 000 habitants  (…) A titre de comparaison, l’Allemagne en compte 132,7. »

 

 

L’étude esquisse aussi l’état d’une pratique en évolution où le poids des architectes libéraux tend à baisser lentement mais sûrement, notamment en raison de la difficulté d’exercer sous ce statut. Ainsi les jeunes professionnels notamment favorisent le statut d’associé au sein de sociétés d’architecture. Le document souligne également la forte poussée des auto-entrepreneurs depuis la création de ce régime en 2009. En 2014, ils étaient 5 821, contre 20 945 libéraux. Surtout, 65 % des architectes de moins de 35 ans ont choisi ce statut d’auto-entrepreneur. Il sera intéressant d’observer si cette tendance persiste au-delà de la période de crise ou s’il s’est davantage agi d’une stratégie d’adaptation par vents mauvais.

Les effets de cette période de crise peuvent en tout cas se lire dans l’évolution des revenus des architectes. En effet, si ceux-ci sont très disparates en fonction des classes d’âge ou de la répartition hommes-femmes, ils ont en moyenne fortement chuté depuis 2008.

 

 

Mais « Archigraphie 2 » tend, en conclusion, à l’optimisme. En dépit de la crise, « les architectes ont su maintenir leur part de marché qui s’établit à 42 % de l’activité du bâtiment », est-il indiqué. Le document se fie ainsi à l’Insee selon lequel, « les perspectives de l’année 2016 sont bonnes ». L’étude met notamment en avant l’amélioration attendue dans le secteur du logement neuf. Or, comme le souligne son chapitre sur « Évolution de la demande sur le marché de la construction et son impact sur l’activité des architectes », ces derniers sont particulièrement présents sur ce secteur. Ainsi, trois-quarts des travaux réalisés par les architectes portent ces dernières années sur la conception de bâtiments neufs et par ailleurs, « les logements individuels ou collectifs représentent plus de la moitié des travaux engagés par les architectes en 2014 (55,8 %). Viennent ensuite les bureaux et commerces (12,9 %) ».

A l’examen de cette somme de chiffres, le vice-président du CNOA, François Rouanet, fait cette analyse : « la profession n’a pas fait que résister, tant bien que mal, à la conjoncture : elle a poursuivi son évolution rapide ». Le document liste toutefois quelques efforts que les architectes devront encore consentir, notamment en matière de formation ou de communication. Côté organisation, il leur est ainsi conseillé de continuer à miser sur les structures collaboratives ou associatives, et ce afin d’atteindre la taille critique indispensable pour pouvoir s’attaquer à des projets d’envergure.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
  • - Le

    Réaction ARCHIGRAPHIE

    LA CONSTRUCTION Il n’est pas bon de dissocier Construction et Architecture L’Ordre ne doit pas entretenir cette opposition absurde LES B.E.T Depuis la première loi sur l’ingénierie de 1973 les BET contrôlent le marché LES ENTREPRISES Nos véritables alliés sont les entreprises de bâtiment Les ouvriers sont le sel et la vie du chantier LES ECOLES La délivrance annuelle de 1500 diplômes entretient artificiellement le vivier d’une profession exsangue DEMATERIALISATION Notre activité est assimilée à une prestation abstraite La Directive Service de 1992 a tué notre profession HONORAIRES La globalisation économique nous pousse sous le seuil des 3% D’autres ordres professionnels (Espagne, Grande-Bretagne, Allemagne, Belgique) défendent l’architecte LE MARCHE DE LA CONSTRUCTION La part du marché national contrôlé par les architectes est de 40% L’Ordre doit exiger que les architectes (comme les avocats les médecins les notaires) exercent de façon monopolistique
    Signaler un abus
  • Commenter cet article
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X