Emploi / Formation

Pour le centre de formation des apprentis en BTP du Limousin «la reprise est là»

Mots clés : Apprentissage - Apprentissages - Entreprise du BTP - ERP sans hébergement

Cette année avec ses 255 inscrits, le CFA de Limoges a vu son flux d’entrée augmenter de 10%. Signe, selon son directeur, que la reprise est là. Mais l’établissement est encore loin de son plein potentiel. Avant la crise de 2008, il accueillait 400 étudiants. Continuer d’œuvrer au maintien des compétences sur le territoire, mais aussi sensibiliser le grand public aux carrières du bâtiment: tels sont les défis de l’établissement au sein de sa nouvelle région de rattachement: la Nouvelle-Aquitaine.

Le CFA BTP de Limoges, qui était l’un des plus important du Limousin, est aujourd’hui parmi les petits poucets de la grande région Nouvelle-Aquitaine. De quoi questionner David Audureau, son directeur, mais pas de quoi l’inquiéter. «Comme beaucoup d’institutions, depuis le passage aux grandes régions, nous sommes en attente d’information et elles arrivent au compte-gouttes. Pour autant, je reste convaincu que notre légitimité n’est pas remise en question.» En effet, le directeur est formel, non seulement «la reprise est là, doublée de nombreux départs en retraite» et surtout un CFA est conçu structurellement pour fonctionner avec sa zone d’attraction, «il est là pour fournir à son bassin d’emploi des jeunes formés aux besoins des entrepreneurs de sa zone d’influence, soit environ 3 000 entreprises en Limousin. Donc il n’y aucune raison de douter de l’avenir.»

 

Anticiper les besoins

 

Depuis 2008, le coup a été rude pour cet établissement qui forme à tous les métiers du bâtiment tout en ayant une spécificité sur le gros œuvre et les finitions. «Notre écosystème est totalement lié à l’état du marché, un entrepreneur dont le nombre de chantier baisse n’est pas enclin à recruter un apprenti» commente David Audureau. Pourtant, reprend son adjoint Éric Faure, «depuis un an, tous les jours, des entreprises appellent ici pour recruter du personnel qualité notamment en gros œuvre et en fluides. Nous avons une quinzaine d’entreprises en recherche active d’apprentis et, à ce rythme-là, ils seront quarante d’ici un an.»

Et de reprendre, «nous menons régulièrement des campagnes auprès de nos partenaires entrepreneurs pour les sensibiliser au fait que former des jeunes compétents prend du temps et qu’il est important d’anticiper la montée en puissance qui s’annonce.»

 

Adaptation et réactivité

 

De sa singularité, une petite école sur un marché de la formation peuplé de superstructures, le CFA de Limoges entend faire une force. «Ici nous avons une mentalité positive, il est inutile de vouloir faire comme les autres avec moins de moyens. En revanche ce que nous pouvons faire, c’est utiliser nos présumées fragilités pour se différencier» commente le directeur. «Nous sommes par exemple capables d’adapter nos formations à la carte, aux besoins des entrepreneurs. Si c’est la demande d’un employeur, nous pouvons prendre le temps de travailler un seul type de soudure en face à face avec un étudiant pendant plusieurs heures» explique encore Eric Faure. Un parcours individualisé qui concerne environ 20% des effectifs limougeauds.

Surtout «nous avons appris à valoriser notre capacité d’adaptation et de réactivité» ajoute le directeur. Ici, l’équipe pédagogique est en lien direct et quotidien avec le monde de l’entreprise. «Nous connaissons leurs difficultés et leurs besoins. Exemple très concret: l’accompagnement dans les démarches administratives.» Un patron qui doit faire face non seulement à ses chantiers, mais en plus à toute la partie administrative et comptable de son métier, se posera la question du rapport temps/investissement en prenant un apprenti avec lui. «C’est pour ça qu’ici nous accompagnons tant l’apprenti que l’employeur dans toutes les formalités. C’est une vraie plus-value pour tout le monde.»

 

Déficit d’image

 

La tension d’hier ayant fait place à la frilosité aujourd’hui, le CFA de Limoges se démène par ailleurs pour augmenter son offre de formation. En plus des niveaux 4 et 5 qui ont pour but de répondre à la demande proximité et qui balayent tous les métiers du fluide (plomberie, chauffage, etc.), du gros œuvre et de la finition, l’école, qui se distingue aussi dans la formation aux métiers du solier-moquetiste, a augmenté son offre d’une formation d’ingénieur et vient d’obtenir l’agrément pour un bac pro «gros œuvre» ainsi que le brevet professionnel métiers du plâtre et de l’isolation.

«Parce que, hélas, même si nous sommes la preuve que l’apprentissage est une filière d’avenir, il y a toujours dans l’esprit des parents un petit déficit d’image autour de ces formations. On leur préfère la filière générale survalorisée dans la mentalité française, parfois au détriment d’un projet professionnel pourtant solide porté par le jeune. Offrir la possibilité de rejoindre le cursus général c’est rassurant les parents» relève David Audureau. Pourtant le CFA de Limoges affiche un taux de placement dans l’emploi de ses CAP de près de 80%.

 

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