Réalisations

Potsdam : l’Antivilla, contre l’obsession de la réhabilitation avec isolation renforcée

Mots clés : Démarche environnementale - Isolation thermique - Produits et matériaux - Rénovation d'ouvrage

L’architecte berlinois Arno Brandlhuber s’intéresse au changement d’utilisation des constructions en luttant contre l’obsession de l’assainissement énergétique et en intégrant leur existence sociale. Avec l’Antivilla près de Potsdam, il a transformé une ancienne fabrique textile en créant un noyau chaud au centre et une exposition climatique graduée vers les murs extérieurs.

L’Antivilla a été conçue par Arno Brandlhuber, son associé Markus Emde et le bureau d’ingénierie Pichler Ingenieure. Elle accueille au rez-de-chaussée des ateliers d’artistes et à l’étage un appartement au design très épuré ou règne le béton brut. Ignorant les couches isolantes habituelles et les cloisons, qui impliquent un espace intérieur standard et une utilisation uniforme, Arno Brandlhuber a choisi de mettre en place de longs rideaux de PVC. L’hiver, ils subdivisent la grande pièce d’habitation en des zones individuelles qui sont tempérées de façons différentes. Seul le noyau chaud est habité et, lorsque le réchauffement de l’environnement s’intensifie, la surface habitable s’étend jusque dans la zone extérieure. Ainsi, le bâtiment et l’environnement entrent dans une relation différenciée où les utilisateurs adaptent leur comportement à la situation climatique. L’Antivilla a été à l’origine planifiée pour ne contenir aucun chauffage central. Un sauna et une cheminée dans le cœur fournissent la seule source de chaleur pour l’étage supérieur. Mais un système de chauffage sous le plancher supplémentaire a dû être installé comme complément si nécessaire. A l’étage, où se situe l’appartement d’Arno Brandlhuber, les murs extérieurs d’origine en briques ont été cassés irrégulièrement pour ouvrir deux larges baies vitrées au contour irrégulier. Elles offrent une vue scénarisée sur le voisinage. Est ainsi conservée une part de l’histoire sociale du lieu, cette maçonnerie de briques ayant été mise en place à l’origine par des apprentis venus du Mozambique et du Vietnam à l’époque de la RDA. La toiture en pente de fibrociment a été remplacée par une toiture-terrasse équipée à un angle d’un imposant récupérateur d’eau de pluie en surplomb. Les systèmes de communication de l’Antivilla ont été fournis et développés par l’entreprise Siedle, ils allient ici haute technicité et respect du patrimoine. Arno Brandlhuber propose dans cette réalisation une interprétation culturelle personnelle et provocatrice de la durabilité du bâti de l’ex Allemagne de l’Est qui s’exprime jusque dans le crépi extérieur typé historiquement et localement.

Sources : « Antivilla Arno Brandlhuber’s provocative new home » – Uncubemagazine – 25/02/2015 – Article en anglais

              « Brandlhuber+ Emde, Schneider Antivilla . POTSDAM » – Afasiarq – 4/02/2015 – Article en anglais

 

« Cet insolite a été sélectionné par le service documentation du Moniteur. Extrait de la presse internationale, il est restitué en l’état. »

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