Performance énergétique

« Pose de la première botte de paille » pour l’écoquartier Danube de Strasbourg

Mots clés : Aménagement paysager - Bâtiment d’habitation individuel - Efficacité énergétique - Produits et matériaux - Réglementation thermique et énergétique - Urbanisme - aménagement urbain


En mêlant performance énergétique, matériaux bio-sourcés et habitat participatif, le premier bâtiment en construction dans la zone, Ecoterra, se veut exemplaire des 650 logements à construire dans cette ancienne friche industrielle.

Ce samedi 11 octobre, riverains et futurs habitants de l’éco-quartier Danube ont été invités à poser les premiers blocs de paille qui constitueront l’isolation de l’immeuble Ecoterra (livraison automne 2015). Porté par la coopérative HLM Habitat de l’Ill, ce projet de 14 logements en accession sociale ouvre la première phase de réalisation du nouvel éco-quartier (voir repères). Il se veut aussi une parfaite illustration du cahier des charges établi par l’aménageur de la ZAC, la SERS, en étroite collaboration avec la Ville et la communauté urbaine de Strasbourg : un bâtiment performant au plan énergétique, respectueux de la bio-diversité, et favorisant le « vivre-ensemble ».

La proposition d’Habitat de l’Ill a été d’impliquer les futurs habitants dans la phase conception : un groupe de travail réunissant une douzaine de ménages acquéreurs a été constitué en décembre 2012 pour définir avec l’architecte Pierre Albrech (agence DWPA) l’aménagement intérieur de chaque logement et surtout l’emplacement et les fonctions des espaces communs : buanderie, toiture-terrasse utilisé comme jardin partagé, atelier et local vélos. L’une de leurs décisions a par exemple été de créer des coursives collectives pour diminuer les besoins de chauffage dans les espaces de circulation, et donc les charges.

 

« Habitat participatif sécurisé »

« L’objectif était de faire émerger une maîtrise d’usage susceptible de porter la notion d’intérêt général tout au long du projet. Cette dimension ne disparaîtra avec la fin du chantier : nous formons actuellement les futurs résidents à prendre en charge la gestion de la copropriété et des espaces partagés, mais aussi à anticiper d’éventuelles évolutions d’usages »,  indique Laurent Kohler, directeur d’Habitat de l’Ill.  La coopérative HLM a conservé le choix de la maîtrise d’œuvre et la conduite du chantier, dans un schéma défini comme de « l’habitat participatif sécurisé ».

 

Prix de vente inférieur de 25% à la moyenne du marché

 

Le projet Ecoterra se distingue aussi par le recours à un mode constructif original : façades en ossature bois, isolées en bottes de paille et enduites en terre crue, et habillage en bois naturel (mélèze). Le choix de ces matériaux recoupe des préoccupations sanitaires (absence de colles, perspirance des parois) et environnementales (matériaux bio-sourcés et recyclables, origine locale pour la terre et la paille). Selon les calculs du bureau d’études thermique Solares Bauen le bâtiment atteindra des performances supérieures à la RT 2012, avec un gain supérieur de 20% à par rapport au Bbio max et de 10% par rapport au Cep max.
Habitat de l’Ill estime à 300 € / m² le surcoût lié aux matériaux bio-sourcés, pour un prix de vente final avoisinant avec le plafond défini pour l’accession sociale soit 3200 € / m². « Nous restons bien en dessous du prix moyen de 4300 euros / m² constaté dans le secteur », relève Laurent Kohler. Le montant total du projet atteint 2,78 millions d’euros, dont 1,67 millions pour les travaux.


Focus

Le futur écoquartier Danube


Situé sur l’axe des Deux-Rives, destiné à créer un nouveau centre urbain dans les anciennes zones portuaires de Strasbourg, l’écoquartier Danube (5,7 hectares) doit accueillir 650 logements avec une part minoritaire de concession privée : 40% des logements seront proposés en locatifs aidés, 10% en auto-promotion, et 10% en accession sociale. La livraison est échelonnée d’ici à 2020, avec une première phase de 300 logements d’ici à la fin 2016. Près de 18 500 m² de bureaux, commerces et services doivent également voir le jour, ainsi qu’une école maternelle.
L’artère principale du quartier sera traitée en « zone de rencontre » : les automobiles seront autorisées mais pas le stationnement, et la vitesse sera limitée à 20 km/h. La SERS a prévu un quota de 0,5 place de parking par logement, soit 520 places avec les emplacements dédiés au commerce et aux visites. L’aménageur compte sur la mutualisation des capacités pour absorber les besoins : stationnement des salariés en journée, et des résidents les soirs et week-ends. Un Pass Mobilité doit aussi favoriser le recours aux transports en commun, ainsi qu’aux vélos et aux voitures en partage.

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