Industrie/Négoce

Polyuréthane : un retour à la normale prévu pour début 2018

Le Syndicat national des polyuréthanes a annoncé vendredi 30 juin lors d’un point presse que la situation « compliquée » que connaît le secteur des panneaux d’isolant PU se résoudrait en fin d’année avant un retour à la normale début 2018.

L’année 2017 s’annonçait florissante pour les producteurs et les vendeurs de panneaux d’isolation thermique en mousse rigide de polyuréthane : après une année 2016 à 25,5 millions de m2 vendus, le redécollage confirmé du secteur de la construction avait fait bondir la demande au 1er trimestre (7 millions de m2) permettant d’envisager des chiffres tournant autour de 28 millions de m2 en fin d’année. Et puis…la tuile. Le MDI, composant essentiel des panneaux d’isolant en polyuréthane vient à manquer suite à des accidents industriels (1). Et tout se bloque : informés les constructeurs commandent par anticipation et en masse pour s’assurer d’être livrés, les délais de livraison s’allongent (3 à 4 mois) et les prix flambent. Les mots « pénurie » et « crise » font leur apparition.

Même si le Syndicat national des polyuréthanes n’aime pas ce dernier mot. « Aujourd’hui, nous avons banni le mot crise », a lancé Hervé Fellmann, président du SNPU lors d’un point presse vendredi 30 juin. « Nous préférons parler de situation compliquée ».

Voire très compliquée. « Concrètement, sauf nouvel incident industriel, on espère une amélioration de la disponibilité après l’été et un retour à la normale progressif pour le dernier trimestre 2017, début 2018 », a ainsi confirmé Hervé Fellmann.

En attendant les entrepreneurs gèrent en mettant les bâtiments hors d’eau avec la pose des parre-vapeur. Voire changent d’isolant, « quelques rares cas à notre connaissance », d’après Hervé Fellmann.

Quant à l’industrie du MDI, elle s’organise pour augmenter la production. Deux nouveaux sites de production devraient ouvrir en 2018. Mais lancer un nouveau site, ce n’est pas simple et cela prend du temps, comme l’a expliqué François Laurent de Covestro France : « Il faut 2 à 3 ans entre le démarrage d’un site industriel et une production à plein régime. Et cela représente des investissements énormes de plusieurs centaines de millions d’euros. Même pour des groupes comme Covestro qui génère près de 12 mds € de chiffre d’affaires par an, c’est compliqué ». Covestro qui devrait d’ailleurs augmenter sa production de 200.000 tonnes supplémentaires au 2e semestre 2018 dans un de ses sites en Allemagne.

Hervé Fellmann qui a comparé la situation à un tunnel, dit « apercevoir la lumière au bout ». Il a une bonne vue.

 

 

 

 

(1) Le manque de capacité actuelle des producteurs de MDI en Europe est estimé à environ 850 000 tonnes pour une capacité annuelle d’environ 2,3 millions de tonnes , soit un manque de 35 à 40%.

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