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Point de vue – Pour des territoires ruraux vivants et attractifs : changer notre modèle d’aménagement

Mots clés : Aménagement paysager - Architecture - Conservation du patrimoine - Réglementation

Alors que la loi «Liberté de création, architecture et patrimoine» arrive bientôt devant la commission mixte paritaire (CMP), Catherine Jacquot, présidente du Conseil national de l’ordre des architectes (Cnoa), plaide pour un aménagement «raisonné et responsable» des territoires, en mobilisant les compétences des architectes et des paysagistes concepteurs…

La médiocrité des entrées de ville, l’abandon des centres-bourgs, le mitage des terres naturelles et agricoles ne sont pas une fatalité. La loi «liberté de création, architecture et patrimoine» est une opportunité pour mettre la qualité architecturale et paysagère au cœur de la construction du quotidien. Sur les territoires ruraux et dans les petites villes, garder un patrimoine vivant et rester attractif est l’enjeu majeur.

Alors que les métropoles se font concurrence pour attirer des financements privés, sur des territoires moins convoités, on peine à réhabiliter un bourg rural et à construire des logements, à garder une école ou des commerces. Une logique de consommation sans limite des terres naturelles a conduit à un modèle d’urbanisation extrêmement dispendieux  sur le plan écologique. Que peut signifier l’implantation de maisons à plusieurs kilomètres du centre pour des habitants qui vont faire les courses au centre commercial et doivent prendre une voiture pour le plus petit déplacement?
Comment dans ces conditions conserver vivant et attractif notre patrimoine, celui qui joue un rôle économique important et fait de la France une destination touristique de premier plan? Dans la continuité de ce que nous ont laissé les générations antérieures, nous construisons et aménageons les paysages et le patrimoine bâti de demain. Dans les sites patrimoniaux protégés, c’est aussi l’architecture ordinaire qui fait toute l’attractivité des villes et des territoires, la façon dont cette architecture s’intègre dans un site et montre le savoir faire des constructeurs.
La désertification des centres-bourgs est la conséquence directe d’un urbanisme résidentiel et commercial qui a éloigné les habitants des centres. Contrairement à certaines idées reçues, valeur patrimoniale, performance environnementale et qualité d’usage lorsqu’elles sont intégrées dans un programme dès sa conception ne coûtent pas plus cher qu’un bâti médiocrement conçu.

 

Le lotissement : un modèle à faire évoluer

 

De nombreux acteurs, élus, aménageurs lotisseurs, constructeurs de maisons individuelles ont la volonté de sortir de la rigidité du modèle monofonctionnel du lotissement tel qu’il a fini par s’imposer partout depuis des dizaines d’années au grand dommage de notre territoire. Recourir à un architecte ou à un paysagiste pour aménager les lotissements, c’est  susciter le désir de réinvestir des lieux parfois en déshérence avec la valorisation d’un mode de vie innovant et écologiquement responsable. C’est transformer une procédure commerciale d’aménagement en un projet urbain et paysager qui créera un lieu de vie, en lien avec le bourg ou la ville auquel il s’agglomère, dans la continuité des tracés historiques du bourg pour créer un ensemble où il fait bon vivre.
La loi a été débattue au parlement deux fois, et  la commission mixte paritaire qui aura lieu le 15 juin déterminera si une politique résolue met fin au carcan d’un aménagement obsolète des territoires. Pour l’excellence de l’architecture du quotidien, pour un aménagement raisonné et responsable des territoires, avec les élus mettons les compétences des architectes et des paysagistes concepteurs au service de tous!

 

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    Petite france et Grand Paris

    Tiens, vl’à l’Ordre qui fait de la politique ?
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    Réflexion un peu hâtive et risquée...

    Il est un peu hâtif et risqué de dire qu’en confiant aux architectes et aux paysagistes les projets urbains la question de la laideur sera résolue. Beaucoup d’architectes et d’urbanistes, même les plus connus, participent aujourd’hui à des projets urbains… qui sont loin d’être convaincants ! Il faudrait au moins un débat à l’intérieur de la profession pour formaliser des propositions. Il y a 6 ans environ nous avions proposé avec un confrère une conférence-débat au CROAIF à son Président et son second, sur le thème des « formes urbaines »; ils nous ont fait la « moue » ! Nous avions beaucoup d’exemples à montrer. Que sont capables de proposer les architectes? Cela mérite débat. Les projets urbains (quartiers ou « lotissements » de maisons) demandent à être réfléchis, dessinés, construits en référence à d’autres projets ou quartiers existants. Il y a toute une histoire à raconter… Laquelle proposez-vous?
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