Logement

Point de vue – Les 215 EPL immobilières se portent bien

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Economie mixte - Etat et collectivités locales - Gestion et opérations immobilières

Frédérique Calandra, maire du XXe arrondissement de Paris et présidente de la commission logement de la Fédération des entreprises publiques locales (EPL), répond à Jean-Louis Dumont, président de l’Union Sociale pour l’Habitat (USH) qui s’inquiétait du mode de fonctionnement des EPL dans une interview accordée au Moniteur.

J’ai pu lire ci et là que certains professionnels, pourtant reconnus, s’inquiétaient de l’état de santé des Entreprises publiques locales (EPL) de logement. Je tenais à les rassurer de ce pas : les 215 EPL immobilières se portent bien. Elles gèrent 534 000 logements en métropole comme dans les Outre-mer, et logent 1,3 million de personnes. Preuve de leur dynamisme, les EPL mettent chaque année en chantier plus de 17 000 logements, soit 16% de la production de tous les organismes de logement social (OLS). 

Leur plus-value qu’apprécient tout particulièrement les élus tient à leur capacité non seulement à se déployer sur toute la gamme du parcours résidentiel, du très social au logement libre, mais aussi sur l’aménagement, l’immobilier d’entreprises, voire des activités complémentaires comme la production d’énergies renouvelables ou le stationnement.

Je le mesure au quotidien à la RIVP (Régie immobilière de la Ville de Paris) que je préside depuis 2 ans, cette polyvalence est précieuse, tant pour produire des réponses globales aux besoins des collectivités que pour dégager des fonds propres, lesquels – autre cercle vertueux des EPL – sont le plus souvent réinvestis dans le financement du logement.

Concernant certaines approximations qui ont pu être récemment formulées, je tiens à apporter les précisions suivantes :

– Depuis 1992, toutes les SEM immobilières construisant et gérant des logements sociaux font chaque année l’objet de la part de leur Fédération d’une analyse financière approfondie labellisée et soutenue par l’Etat sous le nom de dispositif d’autocontrôle ;

– Concernant la CGLLS (Caisse de garantie du logement social), des chiffres extravagants ont été avancés. Je me dois de rétablir la vérité en précisant, sur la base des données du ministère du Logement, que les EPL apportent 6% des cotisations de la CGLLS et mobilisent 7% de ses aides, ce qui signifie que plus de 90% des financements CGLLS bénéficient à des organismes HLM en difficulté.

Quant à l’idée de plafonner les interventions de la CGLLS à hauteur des cotisations des différentes familles d’OLS, elle télescope mes convictions sur la nécessaire solidarité entre les acteurs du logement social pour faire face aux difficultés et relever le défi du plan logement. C’est au nom de cette solidarité qu’il y a 4 ans, 3 EPL de Guyane ont pris le risque de reprendre le parc social d’un organisme HLM de Guyane dont la liquidation judiciaire a couté 80 millions d’euros.

La solidarité dont nos territoires et leurs populations ont tant besoin, c’est de se serrer les coudes et de ne pas dénigrer l’autre. Les EPL immobilières ont toute leur place parmi les acteurs du logement social par leur capacité unique à savoir conjuguer maîtrise politique par les élus locaux, management d’entreprise – en bonnes sociétés anonymes qu’elles sont -, et proximité de gestion.

 

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