Paysage

Point de vue – L’Esaj, 50 ans à former des paysagistes

Mots clés : Architecture

Avec la cinquantaine, l’Ecole supérieure d’architecture des jardins et des paysages (Esaj) a traversé une crise d’identité. Major de sa première promotion et fondateur de l’agence Land’Act, Philippe Thébaud lui renouvelle sa confiance et félicite les diplômés de l’année, après avoir présidé le jury de la promotion sortante.

50 ans déjà d’ESAJ. Déjà mille Esajiens dans la nature… Si j’ai accepté d’être le président du jury de la promotion 2016, c’est par respect pour cette école qui avait fait naître sa première promotion en 1966 dont je suis sorti lauréat et qui plus est major.

J’ai essuyé les plâtres de cette école qui à ma connaissance n’avait aucune concurrence tant publique que privée ; souvenons-nous qu’en 1966, l’ENSP n’existait pas encore.

J’ai trouvé dans cette formation l’essentiel : la passion et l’envie. 

 

Test positif

 

Aujourd’hui, il m’est apparu important de participer au jury de la nouvelle promotion, véritable test de ce que l’on peut attendre d’une école, vis-à-vis d’un milieu professionnel en pleine évolution et parfois même en pleine contradiction, où l’on veut tout et son contraire en un minimum de temps.

S’il est normal qu’une école fasse évoluer sa pédagogie dans un monde en mouvement, il est cependant nécessaire qu’elle réponde à l’attente des professionnels qui pourront employer ces jeunes confrères qui devront s’exprimer à leur juste place à travers un panel de missions allant de l’analyse du site, de la définition des enjeux, à l’art du projet conceptuel et du projet d’exécution, allant de leur réalisation à leur gestion.

J’ai toujours défendu l’interprofession et le principe que le « paysagiste », quel que soit son titre officiel (je ne rentre pas dans le débat), soit un élément dynamique et constructif de la filière verte qui regroupe toujours concepteurs, entrepreneurs, producteurs et gestionnaires d’espaces publics comme privés.

En 50 ans, il s’est passé bien des choses avec la Fédération française du paysage (FFP), avec la création de la Commission des métiers du paysage (Comep) dont je fus le premier président, et l’ensemble de la filière verte.

Dans un monde qui change constamment, on est en droit de se poser la question : nos jeunes paysagistes en général et Esajiens en particulier qui sont l’objet de mon attention aujourd’hui, sont-ils bien adaptés à une société où le bleu et le vert deviennent obsessionnels ?

Les résultats de la promotion 2016 prouvent avec brio que l’Esaj évolue.

 

Evolutions nécessaires

 

Bien sûr, il y a beaucoup à faire pour qu’ils sortent de cette école à la fois la tête dans les étoiles mais les pieds bien dans leurs bottes. Pour que les jeunes trouvent leur place dans cette chaîne de production, il faut une solide formation, telle que l’on est en droit d’attendre de ce type d’école ; c’est pourquoi la nouvelle direction consciente de sa spécificité et de sa liberté, entend répondre aux attentes de tous, que ce soit au niveau de l’analyse et du concept paysager, de l’art graphique et de la communication mais aussi au niveau de la connaissance des végétaux, de la technique des travaux, qui doivent être optimales (ce qui n’existe plus aujourd’hui dans les écoles du paysage), et bien sûr, les dernières techniques informatiques (dont le BIM, véritable révolution).

L’école a traversé une crise d’identité et des offensives très destructrices et ambiguës au cours desquelles les élèves ont été pris en otage par certains enseignants et sans aucun partage avec la nouvelle direction.

Bravo à nos diplômés qui ont préparé rapports et panneaux dans cette ambiance délétère, mais je peux témoigner qu’en 1968, il nous avait fallu à nous aussi traverser les barricades pour présenter nos « œuvres » à un jury de professionnels.

Un comité de pilotage fait de spécialistes et de professionnels étudie ce qui doit évoluer ; c’est un gage de réussite pour qu’au bout de 4 années, l’Esaj offre des recrues en bonne adéquation avec les professionnels de la filière verte et de la société d’aujourd’hui.

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