Transport et infrastructures

Plan national vélo : les doléances des villes cyclables

« 10 propositions du club des villes et territoires cyclables » figurent à l’ordre du jour de la réunion de travail sur le plan national vélo, ce 19 octobre au ministère des Transports. La gestation du plan se poursuivra d’ici à la fin de l’année sous la forme d’assises nationales.

« Les collectivités ne peuvent pas porter seules les investissements nécessaires au développement du vélo », estime Alain Jund, vice-président du club des villes et territoires cyclables, qui regroupe 214 collectivités couvrant 1186 villes. Cette analyse justifie la première des dix propositions remises le 19 octobre à Thierry Mariani, ministre des Transports : à budget constant, l’affectation au vélo de 10 % des sommes consacrées par l’Etat aux routes nationales et aux autoroutes. « La crédibilité du plan suppose la participation du ministère des Finances », insiste le vice-président, également adjoint à l’urbanisme de la ville de Strasbourg et conseiller communautaire chargé des déplacements cyclables. Les sommes dégagées par l’Etat serviraient prioritairement aux franchissements des infrastructures ferroviaires et routières. Le jalonnement des itinéraires cyclables interrégionaux ou européens devrait également incomber au pouvoir national, estime le club.

 

Des abris vélos pour tous les bâtiments neufs

L’interpellation des villes cyclables couvre aussi le champ de l’urbanisme réglementaire : « Inscrite dans le plan d’occupation des sols de Strasbourg, la systématisation des abris vélos, dans toutes les constructions neuves, qu’il s’agisse d’habitations, de locaux d’activités ou d’équipements publics, devrait faire l’objet d’une réglementation nationale. Laisser ce type de mesure aux seules communes volontaires, c’est manquer l’occasion de débloquer un verrou », argumente l’élu. Outre l’aspect réglementaire, le rôle de l’Etat, dans le domaine du stationnement, consisterait à orchestrer la concertation avec la SNCF, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine et les bailleurs. Associée au développement de vélo-écoles, l’aménagement des itinéraires et des stationnements contribuerait au désenclavement des quartiers d’habitat social et faciliterait l’accès au travail des populations défavorisées, en particulier des femmes issues de l’immigration.

Annoncé le 13 octobre à Strasbourg par le ministre Thierry Mariani aux rencontres nationales du transport public, le plan national vélo constitue « un signe politique fort », aux yeux du vice-président du club. Mais l’élu strasbourgeois regrette les multiples occasions manquées : « Le vélo ne figurait ni dans le Grenelle de l’Environnement, ni dans le plan de relance, ni dans le grand emprunt, alors qu’il contribuerait à alléger la facture énergétique de l’Etat, à soulager le budget des ménages et à améliorer la santé publique », souligne Alain Jund. Le ministère de la Santé évalue à 5 milliards d’euros l’économie générée par les 2 % de part modale détenue en France par le vélo, sur l’ensemble des déplacements. « S’il atteignait un  objectif de raisonnable de 7 à 8 % de part modale, le plan national apporterait 15 milliards d’économie en plus », calcule le vice-président du club des villes cyclables.

 

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