Economie

Plan Juncker : Macron ne dit (finalement) pas non au BTP

Mots clés : Entreprise du BTP - Gouvernement

Lors de la visite d’une pépinière de start-up, le ministre de l’Économie a assuré que le secteur de la construction restait une priorité dans la mise en œuvre du programme d’investissement de 315 milliards d’euros de l’Union européenne.

« Il n’y a pas à choisir, le BTP reste une priorité », a tenu à préciser le ministre de l’Économie et des Finances, le 12 mars, en marge du passage en France du vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, chargé de présenter dans toute l’UE le plan d’investissement de 315 milliards d’euros initié par Jean-Claude Juncker. Une mise au point faite… lors d’une visite de la pépinière de start-up parisienne Numa. Elle intervient après que l’équipe d’Emmanuel Macron, la veille, ait mis particulièrement l’accent lors d’un point presse sur l’utilité du Plan Juncker pour le financement des start-up et des PME. Pour mémoire, ce programme vise à inciter les acteurs du privé (fonds, mutuelles, assurances…)  à investir dans des projets européens risqués grâce à un outil de garantie de 21 milliards d’euros, le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS).

Les résidences étudiantes en ligne de mire

 

« Le propos n’était en aucun cas de dire que la France se désintéresse du sort du secteur de la construction », ajoute Bercy à la suite de son ministre. « À titre d’illustration, sur les 50 milliards d’euros de projets proposés par la France à la Commission européenne et susceptibles d’être financés dans le cadre du Plan, 30 milliards portent sur l’énergie et les infrastructures. »  

Autre précision du ministère : les 8 milliards d’euros qu’a promis d’apporter la France au plan Juncker, s’ils serviront en priorité à financer les entreprises innovantes, pourront également être utilisés pour des projets d’infrastructures et d’équipements publics de taille modeste. Est particulièrement visée la rénovation des bâtiments publics en vue de réussir la transition énergétique. « Dans ce cadre, nous avons un axe de travail autour des résidences étudiantes », précise-t-on à Bercy.

Il est à noter que les 8 milliards d’euros, qui sont fournis par la Banque publique d’investissement (3 milliards) et la Caisse des Dépôts (5 milliards) ne serviront pas à abonder le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), mais à cofinancer des projets dans l’Hexagone. La France sera libre de ses choix. Des plateformes nationales ou binationales, que Bercy présente comme des « guichets », feront par ailleurs un travail de sélection des projets.  En revanche, les grands programmes d’infrastructure « remonteront » à Luxembourg, au niveau de la Banque européenne d’investissement. « Pour un projet comme le CDG Express, qui rentre dans le cadre du Plan Juncker, il est évident qu’une gestion centralisée s’adapte davantage. »

 

« Nous ne sommes pas contre les PPP ! »


Pour rendre possible l’application du Plan Juncker concernant les infrastructures et les équipements publics, il faudra sûrement relancer le modèle du partenariat public-privé (PPP), qui a plutôt mauvaise presse en France. « Il y a eu des inquiétudes à propos de la capacité des acteurs publics locaux à suivre les engagements financiers, mais le ministère de l’Économie n’a pas un discours anti-PPP. Et je pense qu’au niveau européen, le discours sur les PPP progresse également. » 

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