Transport et infrastructures

Plan Juncker : le BTP n’est pas la priorité d’Emmanuel Macron

Mots clés : Entreprise du BTP - Gouvernement

Selon l’équipe du ministre de l’Économie, le programme d’investissement européen de 315 milliards d’euros doit davantage servir à financer les entreprises innovantes que les infrastructures.   

C’est un discours assez inquiétant pour le BTP français qu’a tenu l’équipe d’Emmanuel Macron, qui rencontrait la presse ce mercredi 11 mars pour évoquer le Plan Juncker. Cette réunion intervenait en préambule à la visite en France, demain et vendredi, du vice-président de la Commission européenne Jyrki Katainen, chargé de « vendre » ce programme d’investissements dans toute l’Europe.
Les conseillers du jeune ministre de l’Économie ont été clairs : priorité est donnée à l’innovation, aux start-up et aux PME dans l’utilisation de ce programme, qui vise à inciter les acteurs du privé (fonds, mutuelles, assurances…)  à investir dans des projets européens risqués, grâce à un outil de garantie de 21 milliards d’euros, le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS).

 

 « Mieux vaut une bonne start-up qu’un mauvais projet d’infrastructure »

 

Ce focus se fera-t-il  au détriment des autres « thématiques » visées par le plan Juncker, en particulier les infrastructures ? Si les conseillers d’Emmanuel Macron ne le disent pas ouvertement, il semble évident que le France veut avant tout faire de ce programme une arme pour aider les entreprises innovantes. Des phrases telles que « Nous ne pensons pas que routes, ponts, voies ferrées, mais aussi numérique et innovation » ou « Il vaut mieux un bon projet de start-up qu’un mauvais projet d’infrastructure » ne laissent que peu place au doute. Il est à noter qu’aucune mention n’a été faite du plan de rénovation énergétique des bâtiments publics, pourtant mis en avant par la France dans sa liste de projets potentiels adressée à l’UE.  
Plus concret et plus grave, les huit milliards d’euros que la France va affecter, via la Banque publique d’investissements (BPI) et la Caisse des Dépôts et consignations, au co-financement des projets hexagonaux labélisés par le plan Juncker seront en priorité consacrés à la création et au développement de start-ups et de PME. Le but est de créer le Google ou l’Apple français de demain.

Le programme concocté par la France pour la visite du Commissaire européen à la croissance s’inscrit dans cette même logique. Après avoir rencontré  l’Association des régions de France, Jyrki Katainen visitera Numa, une pépinière de start-up dans le quartier du Sentier à Paris, ira à la rencontre des dirigeants de Price Minister et, le lendemain, fera une visite en province sur l’enseignement supérieur numérique. Le fonctionnaire européen rencontrera également le Medef, ce qui pourrait être le seul moyen pour les représentants de la FFB et la FNTP de l’approcher. Une mise à l’écart dommageable du BTP, alors que la construction et la rénovation d’infrastructures et d’équipements publics, outre leur utilité, sont fortement et rapidement pourvoyeuses d’emplois en France.

 

CDG Express en pôle


Aucune annonce n’a été faire sur une liste de projets pour l’Hexagone, même si les conseillers du ministre ont reconnu que le projet de liaison ferroviaire CDG Express, entre la gare de l’Est à Paris et l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, rentrait dans le cadre du Plan Juncker. Ils ont également confirmé que le Lyon-Turin Ferroviaire et le Canal Seine-Nord Europe avaient eux aussi vocation à être financés par des subventions européennes, car le plan Juncker, qui doit permettre les premiers financements dès l’automne, vise des projets « démarrables » sur la période 2015-2017.     

Autre enseignement d’importance de cette conférence : la volonté de Bercy de ne pas laisser la Banque européenne d’investissement (BEI) seul décideur sur la sélection des projets pouvant bénéficier du plan Juncker et de leur gestion. Des plateformes nationales, voire réunissant plusieurs pays, vont être créées pour prendre en charge certains projets, en particulier ceux portant sur les start-up et les PME. Mais les projets d’infrastructures, considérés comme plus structurés, remonteraient au niveau de la BEI.

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  • - Le

    start up qui ne peut pas livrer ses produits ?

    c´est exactement ce que le secrétaire américain au transport avait dit, avant de comprendre que les infrastructures permettent d´acheminer les produits : sans elles, pas de livraison possible.
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