Entreprises de BTP

Pierre Berger, une trajectoire fulgurante

Le groupe Eiffage a annoncé le decès de son P-DG Pierre Berger, le vendredi 23 octobre dans la matinée. Agé de 47 ans, Pierre Berger a été victime d’une crise cardiaque.

Les 67 000 salariés d’Eiffage et le monde de la construction sont en deuil. Et sous le choc. Pierre Berger, le P-DG du groupe de BTP, est décédé à son domicile dans la nuit du 22 au 23 octobre d’une crise cardiaque. La direction du groupe a convoqué un Conseil d’administration extraordinaire le lundi 26 octobre pour prendre les mesures nécessaires à la continuité de la gouvernance de l’entreprise… et trouver un successeur à celui qui avait eu lui-même la lourde tâche de succéder en septembre 2012 au fondateur charismatique d’Eiffage, Jean-François Roverato.

Pierre Berger, marié et père de trois enfants, avait d’ailleurs au moins deux points communs avec Jean-François Roverato : sa formation (X-Ponts) et son esprit d’entreprise. Démarche peu courante, il démissionne en 1991 du brillant corps des Ponts pour créer un bureau d’études géotechnique, Sigmatec Ingénierie. En 1995, il revend celui-ci à Ménard Soltraitement (Freyssinet), et rejoint la filiale Sefi, dont il devient directeur général.

 

Progression fulgurante

 

La progression du jeune dirigeant de 27 ans va alors connaître une accélération fulgurante. En 1999, il est nommé à la tête de Ménard avant de prendre les rênes, cinq ans plus tard, de Vinci Construction Grands Projets (VCGP). Sportif au physique de « gendre idéal », il sait se faire apprécier pour son parler franc, ses compétences techniques et ses qualités de leader. Autant d’atouts qui lui permettent de faire fructifier la filiale la plus prestigieuse du groupe. Là où les grands projets ont longtemps été des gouffres financiers, lui les fait rimer avec rentabilité.

Son ambition est à la mesure de sa passion et de son énorme capacité de travail: pôles travaux publics et Oil and Gaz, filiales d’Europe Centrale, Pierre Berger accumule rapidement les responsabilités au sein de Vinci. Si bien qu’en janvier 2010, il intègre à 41 ans le comité exécutif du n°1 mondial de la construction.

Sans doute promis à un avenir encore plus grand au sein du géant du BTP, il en surprend plus d’un lorsque, moins d’un ans plus tard, il décide de rejoindre le n°3 du BTP français Eiffage. Le goût du défi toujours… Choisi par Jean-François Roverato, qui avait été favorablement impressionné par cet homme du sérail ayant goût de la technique et l’esprit entrepreneurial, il est nommé en juillet 2011, après 6 mois d’observation, directeur général d’Eiffage.

 

Fauché en pleine ascension

 

Pierre Berger imprime rapidement -mais faut-il le préciser ! – sa marque. Avant de prendre définitivement les commandes de l’entreprise en août 2012, il réorganise la direction générale et créé un comité exécutif, constitué de huit personnes, dont deux fidèles de chez VCGP: Christian Cassayre, à la direction financière et Jean-Louis Servrancks, qui prend la tête d’Eiffage Travaux publics. Il impulse une nouvelle stratégie, qu’il synthétise en trois axes principaux, poursuivis jusqu’à aujourd’hui: optimiser le pilotage des grands chantiers, améliorer la productivité du pôle Energie et poursuivre la réorganisation des filiales en Europe.

En se concentrant sur l’amélioration des performances de l’entreprise, et en mettant le cap sur l’export, Pierre Berger aura su traverser la crise du secteur en France. En août dernier, le P-DG annonçait que son groupe s’apprêtait à réaliser en 2015 la meilleure performance de son histoire en termes de résultat net et de résultat opérationnel.

Fauché au milieu d’une ascension dont nul ne sait quel sommet elle aurait encore pu atteindre, Pierre Berger ne sera pas facilement remplacé. Depuis sa nomination il y a trois ans, le cours de l’action en Bourse a été multiplié par près de 2,5. Casque bas.

Focus

Les réactions au décès de Pierre Berger

Dès l’annonce de sa disparition, le monde du BTP a rendu hommage à l’une de ses grandes figures. Xavier Huillard, P-DG du groupe Vinci, a été le premier à réagir publiquement. « Comme il l’a prouvé au cours des années qu’il a passées au sein du groupe Vinci, Pierre était animé par une énergie exceptionnelle et une passion pour nos métiers qui sont la marque des grands dirigeants ».

La ministre du Logement, Sylvia Pinel a exprimé « sa grande  émotion » et salué « les réalisations majeures tant en matière de logements, bureaux et commerces, que sur le plan des infrastructures et de l’aménagement des territoires » engagées par Pïerre Berger.

Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a, lui, fait part de sa « stupeur » et de sa « tristesse » à l’annonce de la mort d’un « grand dirigeant d’entreprise, c’est-à-dire un dirigeant charismatique », qui a laissé « une empreinte forte et modernisatrice » sur sa société.

D’autres responsables économiques et politiques ont réagi sur les réseaux sociaux :

Focus

Pierre Berger en 6 dates clés

1968 : naissance le 9 juillet

1986: entrée à l’Ecole Polytechnique (Ponts et Chaussées en 1992)

1991: création de Sigmatec Ingénierie

1995: entre chez Ménard Soltraitement(Freyssinet)

2004: DG puis P-DG de Vinci Construction Grands Projets

2011: entre chez Eiffage dont il devient P-DG en août 2012

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