Performance énergétique

Photovoltaïque : l’autoconsommation confirme sa percée

Mots clés : Energie renouvelable

Enerplan, syndicat des professionnels du solaire, a organisé le premier colloque dédié à l’autoconsommation en photovoltaïque. Une manifestation qui a rencontré un franc succès et permis de faire le point sur cette voie d’avenir pour la filière.

« Si nous avions organisé le même colloque il y a trois ans, nous n’aurions eu personne », estimait un représentant de l’Ademe assistant à la manifestation d’Enerplan organisée mercredi 25 mai. Le Théâtre du Jardin d’acclimatation et ses 300 places ont à peine suffi à accueillir toutes les personnes intéressées.

 

Résidentiel et tertiaire

 

Car après plusieurs années moroses, depuis le moratoire décidé par le Gouvernement Fillon en 2010 sur les tarifs d’achat (qui étaient alors extrêmement avantageux), la filière n’a jamais retrouvé sa vigueur. Il n’existe plus aujourd’hui de crédit d’impôt sur ces équipements et les ventes restent étales depuis 6 ans.

Mais le bout du tunnel pourrait bien être en vue. L’obligation d’une énergie renouvelable au moins dans les maisons RT 2012 a renouvelé l’intérêt pour le photovoltaïque. L’énergie gaz ayant le vent en poupe sur les projets neufs depuis que le chauffage électrique a été lourdement pénalisé, plusieurs fabricants proposent des kits dits « micro PV », associant une chaudière à condensation à un panneau en toiture. Il ne s’agit plus de revendre au réseau l’énergie produite, mais de la consommer dans le bâtiment.

Et le résidentiel est loin d’être le seul concerné. Plusieurs acteurs ont témoigné de retours d’expériences réussis dasn le tertiaire. Ainsi, le centre commercial Leclerc de Langon (33) s’est équipé de 1 MW de puissance à l’aide d’ombrières sur le parking, produisant 12 % de son électricité. Franck Charton, président de l’association technique du commerce et de la distribution Perifem, a confirmé le vif intérêt des commerçants pour le photovoltaïque. Ces acteurs partagent avec l’ensemble des exploitants de locaux professionnels le souci de répondre aux exigences d’amélioration énergétique du parc tertiaire issues de la loi de transition énergétique. Et ont conscience de la bonne communication qu’ils peuvent tirer de ces installations auprès de leur clientèle.

 

Vente au surplus

 

Mais si l’autoconsommation se développe, elle s’accompagne parfois de réinjection d’électricité sur le réseau, pour la part non consommée. Ces installations mixtes se développent rapidement. Selon les données citées par Virginie Schwarz, directrice générale de l’énergie et du climat au ministère, en ouverture du colloque, 1 630 contrats avec vente au surplus ont été souscrits l’an dernier, en forte hausse par rapport à 2015. Et ce chiffre est d’ores et déjà atteint pour 2016, après seulement cinq mois, ce qui laisse envisager à nouveau un doublement des installations concernées. Tous les acteurs ont souligné les difficultés qu’ils rencontrent avec ErDF pour le raccordement. Ainsi, le directeur général du promoteur Valénergies, Olivier Béchu, a détaillé les modalités d’un projet tertiaire neuf recourant largement à l’autoconsommation, et d’une procédure engagée contre ErDF auprès du Comité de règlement des différends et des sanctions (Cordis) de la Commission de régulation de l’énergie, pour obtenir le droit de réaliser une installation électrique favorisant l’autoconsommation. Le promoteur a gagné en première instance, mais ErDF a fait appel.

Le gestionnaire du réseau électrique, présent lors du colloque, a pu répondre. Et a rappelé les nombreuses décisions prises récemment pour améliorer la situation sur le terrain de l’autoconsommation. Une convention d’autoconsommation sans injection existe depuis fin mars. Et le déploiement accéléré de Linky pour ces installations évitera par ailleurs d’avoir à installer un deuxième compteur, puisque ce nouvel appareil calculera à la fois le courant entrant depuis le réseau public et celui que l’équipement photovoltaïque y injecte. Soit une économie d’environ 600 euros TTC.

 

Confiance

 

Autre facteur décisif pour porter cette nouvelle vague du photovoltaïque, la confiance. Elle a été entamée dans l’esprit du consommateur par les contre-références et les marchands peu scrupuleux, phénomène observé pour la plupart des énergies renouvelables. Teddy Puaud, directeur général adjoint de Qualit’EnR, a fait état des réflexions en cours au sein de l’association pour proposer une marque QualiPV autour de l’autoconsommation. Elle porterait sur le dimensionnement adapté (pour éviter les surfaces trop grandes et donc inutiles), l’intervention du Consuel et la déclaration à ErDF. De quoi assainir le marché, car beaucoup d’intervenants dans ce colloque ont souligné le risque que les installations en autoconsommation dans le secteur résidentiel ne soient pas déclarées. Un phénomène qui se constate déjà, au vu de l’écart entre les ventes enregistrées par les fabricants et le faible nombre de dossiers qui arrivent chez Consuel.

 

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