Bâtiment

Philharmonie de Paris : tout pour la musique

Mots clés : Bruit - Manifestations culturelles - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples

La qualité acoustique a été la première priorité au cours de la conception et de la construction de la salle de concert. Verdict le 14 janvier lors du concert d’inauguration auquel assistera le président François Hollande.

Le mercredi 14 janvier 2015 aura lieu le concert inaugural de la Philharmonie de Paris. « Un équipement exceptionnel, s’enthousiasme Patrice Januel, directeur général de l’association de la Philharmonie de Paris, tant pour les conditions de travail des musiciens en répétition et en concert que pour la qualité d’écoute offerte aux spectateurs ».

 

Une salle enveloppante où flottent les balcons

 

Brigitte Métra, architecte associée aux Ateliers Jean Nouvel pour la création et la réalisation de la salle de 2 400 places, est reconnue pour son expertise en matière de salles de concert et de spectacles. Chef de projet au sein des Ateliers Jean Nouvel sur les salles de concert de Lucerne, en 1998, et de Copenhague, en 2008, elle y a expérimenté les deux formats dits de la « boîte à chaussures » et du « vignoble ». A la Philharmonie de Paris, elle a proposé, avec Jean Nouvel et le soutien de musiciens, compositeurs et chefs d’orchestre, de créer un nouveau concept de salle alliant certaines caractéristiques de ces deux dispositions existantes. « Enveloppante » et au parterre flexible pour accueillir différents types de musiques, la salle philharmonique est conçue comme un volume fluide où le public est suspendu dans la musique et la lumière. Tout semble flotter, depuis les balcons détachés des parois jusqu’aux réflecteurs acoustiques en forme de nuages. Le volume de la salle a été vidé de toute surface inutile, les seules surfaces conservées étant celles qui servent à réfléchir le son ou à porter les spectateurs. L’équipe de Métra et associés, avec Jean Nouvel, a développé la salle en trois dimensions, chaque surface étant calculée et calibrée par les acousticiens Harold Marshall et Nagata Acoustics. « La réalisation des balcons a nécessité une précision horlogère, chaque mètre étant différent du tronçon voisin », observe Brigitte Métra. L’acier se plie à cette géométrie complexe et est assez léger pour permettre des porte-à-faux importants.

 

Structure et fluides au service de l’acoustique

 

Ces balcons de conception totalement inédite, accrochés aux murs périphériques par seulement quelques points, ont été l’un des casse-tête de Pierre Bock, directeur Ouvrages complexes chez Egis Industries. Ces structures élancées ont dû être calculées en tenant compte de leur comportement vibratoire, car l’acoustique est évidemment une donnée essentielle.  Et, comme si ce n’était pas assez, il a fallu intégrer l’aéraulique. « L’innervation des réseaux aérauliques devait s’effectuer dans cette structure complexe, précise Hervé Maurer, directeur technique d’Egis Bâtiment, expert en maîtrise de l’énergie, et les débits devaient être transférés à une vitesse lente pour éviter le bruit, imposant des sections très supérieures aux ratios habituels. » Dès 2007, Egis a mis en œuvre des processus pour l’élaboration des modèles physiques et analytiques nécessaires aux disciplines structure, fluides et acoustique. « Cette maquette numérique a permis de convaincre nos interlocuteurs de la faisabilité du projet », confient les deux ingénieurs.

 

Mesure acoustique à chaque étape de la mise en œuvre

 

Pour atteindre la performance acoustique exigée par les concepteurs de la salle de concert et des salles de répétition, la mise en œuvre des éléments de structure et de revêtement intérieur, mais aussi des équipements techniques tels que les gaines de traitement d’air, a fait l’objet d’une attention minutieuse. De multiples dispositifs antivibratiles ont été intégrés dans la construction pour éviter les transmissions parasites. «  Des mesures acoustiques ont été réalisées à chaque étape pour s’assurer qu’aucun pont phonique ne venait dégrader la qualité de l’ensemble », relate Jean-François Scheidt, directeur de travaux de Bouygues Bâtiment Ile-de-France en charge du chantier. La toiture de la salle, constituée de deux dalles superposées à la géométrie complexe, déconnectées l’une de l’autre par 1 200 boîtes à ressorts, est l’une des multiples prouesses du chantier.

 

 

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